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Façade Réparation par voie sèche d’un immeuble IGH

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Façade Réparation par voie sèche d’un immeuble IGH

un treillis soudé, renforcé dans les angles par des micro-raidisseurs, sert de support de projection.

© (Doc. D. R.)

Cette solution de confortement, par voile mince réalisé en béton projeté par voie sèche, a permis de respecter l’esthétique et la géométrie initiale de la construction.

L’immeuble le Triangle, situé en plein centre de Montpellier – entre la place de la Comédie et le centre commercial Polygone – est une réalisation complexe achevée en 1976, lors de la naissance du quartier Antigone. L’ouvrage en R   21, qui atteint 65 m dans sa partie la plus haute, est un bâtiment classé immeuble de grande hauteur (IGH) « qui présente, en effet, une architecture peu commune » explique Jacky Lebœuf, responsable du projet de Freyssinet « avec des façades décalées en plan, des trames de hauteurs variables, ainsi que des terrasses en escalier créant des parties surplombantes ».

L’immeuble, qui domine le mail piétonnier côté sud, abrite différentes activités – dont un hôtel Ibis sur les cinq premiers étages, des bureaux et des appartements – avec, en partie basse, une galerie marchande et deux niveaux de parking. La façade nord se distingue par l’inclusion de trumeaux pleins verticaux, situés au centre de chaque trame. « Ces éléments en briques rouges maçonnées n’ayant aucune fonction porteuse, mais uniquement une vocation d’habillage, présentaient de nombreux désordres liés à un défaut de conception initial » précise Jacky Lebœuf.

Ces trumeaux, encastrés entre chaque étage, ont subi une compression progressive suite à l’apparition d’un phénomène de flexion différentielle au niveau des planchers béton. Avec pour conséquence l’apparition de problèmes de dilatation provoquant l’apparition de fissures.

Les désordres initiaux n’ont fait qu’empirer au fil du temps, les travaux de renforcement atteignant un caractère d’urgence lorsque le risque de voir choir des pans de briques fut mise en évidence par différentes missions d’expertise. Le projet de base prévoyait la mise en œuvre d’un habillage de verre venant reposer sur une ossature métallique, fixée au droit de chacun des planchers. Inconvénients de cette solution : un changement d’aspect radical et, sur le plan pratique, d’importantes difficultés d’approvisionnement et de manutention sur le chantier.

Variante en béton projeté

« Sans parler de risques à long terme, les fixations de montage pouvant s’oxyder au cours du temps sans possibilité de contrôle » ajoute Jacky Lebœuf. « Nous nous sommes donc rapidement penchés sur d’autres techniques, l’option matériaux composite étant écartée pour des raisons de coûts et de non-respect de l’esthétique voulue par les concepteurs ». La solution retenue, proposée en variante par l’entreprise, a consisté à conforter les trumeaux au moyen d’un voile mince de 35 mm d’épaisseur, réalisé en béton fibré (à base de fibres polypropylène) projeté par voie sèche (environ 2 100 m2 de surface) sur un treillis soudé fixé sur la maçonnerie, sans aucune préparation spécifique du support. Cette coque, rigidifiée aux angles par l’intermédiaire de microraidisseurs, est ensuite habillée d’un RPE (Revêtement plastique épais) de 5 mm, conforme au visuel initial, l’ensemble présentant ainsi une géométrie et une apparence parfaitement conformes à l’aspect originel. « Cette solution nous a également permis de résoudre une grande partie des difficultés d’accessibilité et d’emprise limitée du chantier » l’approvisionnement s’effectuant de nuit, en « big-bags ».

Le mélange sec a pu ainsi être stocké et chargé dans des trémies spécifiques installées en partie basse de l’immeuble, dans les seules zones disponibles sur ce site.

Des conditions de surcharge moindres

Cette implantation du matériel a nécessité l’emploi de 140 m de conduite souple, courant sur la façade, avec un dénivelé maximum de 70 m pour atteindre la zone la plus lointaine à traiter.

Le confinement de l’installation de projection, rendue nécessaire du fait de la proximité de zones piétonnes et commerciales, a par ailleurs permis de limiter les nuisances sonores.

Autres arguments techniques ayant probablement fait pencher la balance en faveur de cette variante élégante : des conditions de surcharge moindres au niveau de la structure existante et une solution d’échafaudage (200 t) parfaitement étudiée en amont des travaux. « Ce dispositif nous a permis de décomposer l’intervention en 3 phases – avec montage/démontage en temps masqué – et, surtout, de garantir des conditions de sécurité maximale tant pour le personnel que pour les nombreuses personnes circulant dans cette zone particulièrement fréquentée du centre ville ». Les travaux de réhabilitation qui ont duré 9 mois sont estimés globalement à 1,8 ME HT.

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