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Façade Parement de briques monolithes hauteur d’étage

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Façade Parement de briques monolithes hauteur d’étage

Apparues il y a une vingtaine d’années, les briques hauteur d’étage apportent une solution technique pertinente aux problèmes de structure, d’isolation et de parement des locaux.

Au cœur du vignoble de Gaillac (Tarn), les nouveaux bâtiments de la cave de Tecou, coopérative qui regroupe plus de 150 viticulteurs, rassemblent chai à barriques, magasin de vente, bureaux, salles de réunion et stockage des bouteilles. Une construction sur deux niveaux, de 1500 m2 chacun. Le premier niveau, à demi enterré, regroupe l’espace vente, dégustation et le chai à barriques dans une structure béton ; au-dessus, sur le socle béton, le second niveau, à structure porteuse métallique, rassemble les bureaux et les entrepôts de stockage. Une couverture bac acier assure le couvert.

Cette réalisation se caractérise par l’utilisation détournée des briques monolithes isolées hauteur d’étage (BMI), développées par Terreal. Habituellement destinées aux murs de construction en structure, elles ont été utilisées en « parement de façade », accrochées à la structure métallique du second niveau sur deux rangs superposés. Elles n’ont donc aucune fonction porteuse.

Pour l’architecte du projet, Vincent Defos du Rau, cette ­solution présente l’avantage, outre un coût moindre, « de résoudre en un seul produit plusieurs problématiques : isolation thermique par l’extérieur sans pont thermique, avec un système qui présente une bonne inertie thermique, finition intérieure et extérieure ». De plus, la brique, traditionnelle dans cette région, « donne une image valorisante au bâtiment. Son aspect noble permet à la construction de se distinguer d’un entrepôt ordinaire, via l’utilisation d’un produit de terroir pour un bâtiment de terroir ».

Élément monolithe

Concrètement, les briques de terre cuite monolithes isolées (h : 2,80 m ; L : 0,60 m) sont constituées, de l’extérieur vers l’intérieur : d’une brique de 10 cm d’épaisseur à deux rangées d’alvéoles (poids 85 kg/m2) ; d’une plaque d’isolant en mousse de polystyrène extrudé de 5 cm d’épaisseur, avec ou sans peau de surface, qualifiée Acermi ; d’une brique intérieure porteuse de 15 cm d’épaisseur de trois rangées verticales d’alvéoles (poids 115 kg/m2).

Les deux panneaux de briques sont reliés au panneau isolant au moyen d’une colle polyuréthanne. Ainsi associés de part et d’autre de l’isolant, ils forment un élément monolithe autorisant le dressage en une seule opération d’un mur porteur ou, comme ici, de la peau. Lorsqu’il est utilisé en mur porteur, l’isolant passe devant les poteaux et les tranches de planchers, supprimant ainsi les ponts thermiques. Il en est de même ici, l’élément porteur des briques repose au niveau du plancher d’étage, à la jonction du socle béton du premier niveau et de la structure métallique du second, sur un becquet extérieur en béton armé. Le becquet, qui réceptionne les deux rangs de briques superposées, est protégé par un coffrage en tôle galvanisée. L’ensemble du second niveau est ainsi isolé d’un seul tenant, sans aucun pont thermique, et bénéficie, en été, de l’inertie thermique du matériau. Un aspect essentiel pour stocker le vin.

Déposées sur le becquet béton, les briques sont emboîtées jointives sur toute leur hauteur, grâce à un triple emboîtement mâle femelle : briques extérieures, panneaux isolants et briques intérieures. Le premier rang est réglé en tête. Au besoin, les briques, susceptibles de subir des variations dimensionnelles, sont calées en pied. Ce système a permis à l’entreprise de pose de garantir l’alignement du premier et du second rang.

120 euros HT le mètre carré

Le premier rang est tenu en tête par une lisse de métal fixée à la structure métallique sur tout le pourtour. Chaque brique est boulonnée à la lisse verticale, via une platine métallique spécialement fabriquée pour le chantier. Toujours en tête, un clavetage des joints verticaux intérieurs entre les briques est réalisé à l’aide d’un mortier plastique. Celui-ci est obligatoire pour assurer l’étanchéité à l’air de la paroi.

Pour assurer le scellement en pied, un mortier souple est coulé dans les tubulures de la partie porteuse et dans la tubulure située contre l’isolant. Le mortier, en s’écrasant au sol sur une hauteur de 3 cm environ, bloque les éléments en pied. Avant la pose du deuxième rang, la mise en œuvre d’un chaînage horizontal sur toute la périphérie bloque en tête les briques monolithes. Les platines métalliques de fixation, déjà boulonnées à la structure, sont noyées dans le béton. Les briques du second rang sont déposées de manière identique et boulonnées en pied à la même platine métallique que celles du premier rang. Elles reposent sur le premier rang et sont maintenues en tête, via une lisse métallique, platine et boulonnage, scellement en pied et chaînage en tête. Un bandeau en polycarbonate ferme les briques de second rang en tête. La difficulté principale tenait à la mise en place des briques. D’un poids de 300 kg, elles sont manipulées à la grue et déposées à l’avancement sur le béquet, ­selon le plan de calepinage réalisé avec l’aide du fabricant. Pendant l’opération, ce dernier a aussi assuré une assistance technique. Opération simplifiée dans la mesure où le bâtiment est relativement simple. Les pièces d’angle, rentrants et saillants, ont été fournies par le fabricant. L’entreprise de pose annonce, après un ­« rodage » d’une semaine, la mise en œuvre de 800 m2 de briques en cinq semaines. Pour un coût fourni posé de 120 euros HT le mètre carré.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°239

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