Façade Médiathèque de Troyes : une vague d’or dans un cocon vitré

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Façade Médiathèque de Troyes : une vague d’or dans un cocon vitré

L’auvent de la façade principale sud présente des consoles et des pannes en applique supportant du polycarbonate transparent.

© (Doc. Philippe Ruault.)

Cette bibliothèque municipale à vocation régionale, récompensée par l’Équerre d’argent, offre des façades à pans de verre transparents et colorés d’où jaillissent des images irréelles. À l’intérieur, une étonnante résille ondulante en lames d’aluminium anodisé doré anime les 4 000 m2 de la salle de consultation.

Implanté en lisière de la ville, à l’intérieur d’un îlot destructuré et en retrait d’un boulevard à forte circulation, l’édifice public est accolé, côté cour, au mur d’un collège du XIXe siècle, conservé et rénové. De taille imposante, le volume parallélépipédique mesure 95 m de long, 45 m de large et 13 m de hauteur. Sa surface totale hors œuvre couvre 10 600 m2, pour un coût d’investissement de 11,81 millions d’euros HT (hors mobilier). Selon les architectes, « avec sa géométrie qui reste incertaine et fuyante, la bibliothèque n’offre pas, à proprement parlé, de façades ». Et comme « la présence du bâtiment se dessine par la juxtaposition de très grands éléments disposés en bandes ou en nappes filantes », il en résulte une organisation intérieure des espaces qui se décompose en deux vastes plateaux. Le plateau bas, au rez-de-chaussée, s’ouvre sur le hall d’entrée. Il dessert, d’un côté, les espaces en longueur, tels le fonds patrimonial, les réserves et une salle d’exposition permanente. De l’autre côté, il permet l’accès à l’escalier, en position centrale, à une salle d’expositions temporaires et à la bibliothèque des enfants, surnommée « le paquebot » et pourvue d’une mezzanine. Le plateau haut, à l’étage, volume unique et cloisonné de façon légère, est occupé par la salle de lecture. Le terrain, à fort dénivelé dans le sens longitudinal, a conduit à créer deux niveaux de bureaux en décaissé, côté façade nord. Ce lieu de vie, ouvert quotidiennement, peut accueillir jusqu’à 2 500 personnes dont 580 en places assises.

Ossature porteuse maillée en béton

Le principe constructif s’avère simple et non systématique. Une dalle sur pieux en béton de 20 à 27 cm sur terre-plein forme l’assise du bâtiment, la forte pente existante entraînant une différence de niveau, sur l’extrémité nord, de 5,90 m. Une structure porteuse coulée en place maintient l’ensemble. Elle est constituée de poteaux ronds en béton de 30 ou 40 cm, en fonction des reprises de charges variables. Suivant un pas de 9,24 m sur la façade principale et de 9 m environ sur les deux autres, la trame subit des variations. Des poutres en béton de 40 x 70 cm en moyenne ceinturent partiellement l’édifice et liaisonnent transversalement les poteaux intérieurs, supports des planchers. Une dalle intermédiaire d’une épaisseur de 25 cm et coulée en place se développe à 7,30 m de haut. À l’étage, les poteaux ronds en métal de 22 cm de diamètre, situés en péri­phérie, sont remplis de béton par souci d’homogénéité des matériaux et de protection incendie. Cette réduction de dimensions étant due à la charge moindre de la charpente. Si les portées en façade sont de 9 m en moyenne, elles doublent transversalement et passent à 18 m pour libérer au maximum le volume. Des tubes posés obliquement font office de contreventement et se raccordent sur la partie basse des poteaux par une gueule de loup soudée et, en partie haute, sur la charpente, par un gousset soudé. La salle de lecture est divisée en cinq espaces matérialisés par des cloisons vitrées sur allèges implantées derrière les poteaux. Si elles suivent les ondulations du faux-plafond en les bordant, ­elles se poursuivent verticalement par des plaques de plâtre fixées à la charpente métallique. Celle-ci est constituée de poutres treillis transversales de 45 m de portée et de 2 m de haut, disposées tous les 9,24 m. Longitudinalement, deux poutres treillis les liaisonnent. Sur ce dispositif reposent des pannes métalliques en profilés préfabriqués. Et sur ces pannes viennent s’appliquer des plaques de plâtre BA 13, un isolant en laine de roche et des bacs acier 10/10e. Ces derniers supportent des plaques alu nervurées de chez Kalzip, faisant office de couverture. En outre, trois bandes de six verrières, de 2,90 x 4,85 m de dimensions, apportent un éclairage zénithal dont les rayons lumineux transpercent le velum doré du plafond.

Variété d’expressions pour les façades vitrées

La façade sud sur l’entrée est chapeautée et marquée d’un auvent ondulant de 10 m de porte-à-faux. Il se compose de poutres-consoles métalliques triangulées à profilés préfabriqués reliées par des pannes tous les 1,54 m. Ces dernières, posées au-dessus et en-dessous des poutres, servent de support à la couverture en plaques de polycarbonate double peau (de 16 mm), de marque Polyu, fixées à l’aide de clips. La façade nord, en ossature aluminium, présente des pans courbes à facettes habillés de tubes en alu thermo laqués jaune et boulonnés sur les traverses des châssis. Effet brillant à vues fuyantes assuré qui rompt avec la monotonie du bâtiment mitoyen en meulière arrière.

Un mur rideau doublé d’un écran bleu facteur d’animation

Le pan de verre de la façade latérale a été réalisé par l’entreprise Laubeuf. Il se compose d’une ossature en alu anodisé naturel à montants implantés tous les 1,54 m. Ces derniers s’accrochent à trois niveaux différents de la paroi, à l’aide de platines métalliques de 10 mm fixées par des chevilles. En partie basse, l’accroche a lieu sur le plancher ; en partie haute, sur la panne faîtière ; et au niveau intermédiaire, sur la poutre. Le vitrage isolant est constitué d’un verre clair, d’un vide et d’un verre feuilleté. Au niveau bas, des châssis en alu pour les portes extérieures s’adaptent à la modénature. Sur la façade avant, la paroi suit une inclinaison, à partir de l’étage, pour mieux intégrer l’auvent en porte-à-faux. Un écran brise-­soleil est positionné à 1 m du pan de verre pour laisser le passage à une nacelle de nettoyage. Les profilés de cette autre ossature font partie d’une grande grille. Celle-ci, suspendue, se fixe au niveau 7,30 m par des doubles butons en acier et par quatre autres, plus fins, à des niveaux différents. Les cadres VEC en acier thermo laqué noir s’assemblent aux cadres inox par des clips inox. La façade non plane présente des ruptures d’angle de quelques degrés. Une fente, non orthogonale, de 1,80 m de hauteur en moyenne, serpente le long de la paroi, à 2,38 m du sol. À bord libre, le verre est alors maintenu sur trois côtés. Au milieu du vitrage feuilleté de 12 mm, un film polyester y est inséré. Il détient la particularité d’être résistant aux absorptions de température. De couleur bleue, il a été conçu par ordinateur à partir de fichiers traçant des motifs de pixels, en coopération avec la société Formaglass. L’impression sur le film, réalisée avec des encres transparentes, a permis d’affiner les points. Il a fait l’objet de 4 000 heures d’essais au Cstb (Centre scientifique et technique du bâtiment) afin de valider la résistance du produit en extérieur, par une Atex.

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