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Façade Double peau bioclimatique pour un hall d’exposition

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Façade Double peau bioclimatique pour un hall d’exposition

L’espace de la serre, situé entre les deux parois,est équipé d’un platelage en caillebotis qui accueille les plantations. Elles devraient grimper sur 3 ou 4 m de hauteur, à l’aide de tuteurs en câbles horizontaux tendus.(Doc. Lacaton - Vassal)

Pour rompre avec le traitement fermé propre à ce type d’équipement et afin de le faire communiquer avec l’extérieur en le rendant translucide, les architectes ont créé des serres en polycarbonate, appliquées sur l’ensemble des façades.

En continuité des sept halls existants est venu se greffer le hall 7, au sein du Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis). Réalisé par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, il a pour vocation d’agrandir la zone d’exposition en accueillant notamment le salon Maison et objet. L’édifice, qui mesure 189 m de longueur par 78 m de largeur, couvre une surface hors œuvre nette de 16 500 m2, pour un coût d’investissement de 15 Me HT.

Outre cette fonction de base : « Ce qui nous intéressait était de donner au bâtiment une fonctionnalité et une capacité supplémentaires, avec notamment des configurations variables d’auditorium », explique Jean-Philippe Vassal. D’où la conception d’un vaste volume découpé en deux parties égales.

L’une, située au nord et dévolue à l’auditorium (spectacles), s’élève sur une hauteur sous fermes de 12 m, et l’autre, implantée au sud et réservée aux espaces d’exposition, présente une hauteur de 9 m. La structure porteuse entièrement en acier se compose de files de poteaux PRS de 1,20 m de largeur disposés en péri­phérie des quatre côtés, selon une trame de 18 m : ils supportent des poutres-treillis transversales de 3 m de hauteur. Sachant que tous les éléments employés pour les poteaux et la charpente sont des profilés standard préfabriqués : ce système simple rendant facile et économique la mise en œuvre. « Pour la zone utilisable pour l’auditorium démontable, libérée de tout point porteur intermédiaire, elle porte sur une longueur de 78 m, grâce à une épaisse poutre de 6 m de hauteur qui récupère les pannes de la charpente », précise le concepteur. Alors que pour la partie d’accueil des stands, la portée des poutres, reprise par des ­poteaux, est de 39 m, soit la moitié de la largeur du bâtiment.

Des serres équipées de systèmes d’arrosage

Quant aux façades des espaces d’exposition, les architectes ont imaginé un hall d’exposition qui puisse être éclairé naturellement, à l’inverse du traitement opaque qui leur est en général réservé. Le bâtiment est donc ceinturé par un principe de serres transparentes. Ainsi, « la façade orientée à l’est en est totalement pourvue, pour des raisons d’exposition, avec le soleil qui se lève le matin et une mise en chauffe possible de l’édifice », précise Jean-Philippe Vassal. La façade nord, qui accueille les invités et les exposants, en est équipée sur une moitié, comme la façade sud. Les serres de 9 m de hauteur reposent chacune sur un soubassement vitré de 3 m de hauteur, insérant des menuiseries en aluminium qui sont munies d’une succession de portes d’accès. Chaque serre de 40 m de longueur comporte une double peau de 2,20 m de profondeur, constituée de panneaux ondulés de polycarbonate tramés selon un pas de 1 m de hauteur. Ils sont appliqués en face extérieure sur des potelets en acier galvanisé disposés tous les 6 m. L’espace ménagé entre les deux parois est équipé d’une coursive en caillebotis d’entretien, sur laquelle est posée une série de bacs plantés de végétaux tropicaux ou méditerranéens, répartis suivant certaines ambiances recherchées. Les plantes ornementales à floraisons choisies sont des bougainvillées, des passiflores ou des convolvulacées (liserons provenant de la forêt équatoriale). Elles devraient grimper sur 3 ou 4 m de hauteur, à l’aide de tuteurs en câbles horizontaux tendus, pour réaliser des « jardins verticaux ».

De plus, un ensemble d’équipements automatisés, ­issus des technologies horticoles professionnelles, est installé afin d’assurer le contrôle du climat intérieur et le développement des plantes.

Conception bioclimatique pointue

Pour chaque serre, sont mis en place, sur toute la longueur, trois batteries de volets de ventilation de 1,40 m de hauteur, ainsi que des dispositifs d’arrosage par goutte à goutte, de distribution d’engrais et de brumisation.

En complément, des rideaux d’ombrage et un système de chauffage – constitué de trois tubes remplis d’eau chaude – sont posés. À partir de sondes et d’anémomètres, ces équipements automatisés sont gérés par informatique, avec une ­maintenance réduite garantie par un jardinier. Concernant l’ombrage, les ­rideaux à face extérieure aluminisée servent d’écrans thermiques régulables et protègent la totalité des ­façades des serres, à l’exception des volets de ventilation. Car selon les concepteurs, « en fonction des saisons, de l’orientation et de l’occupation, il s’agit de créer des relations ­entre l’intérieur et l’extérieur, avec des serres comme espaces tampons. »

Ainsi, l’hiver, les ouvrants de ­ventilation étant clos et les ­rideaux remontés, la serre se réchauffe, à cause de la pénétration des rayons solaires. L’air chaud peut alors passer dans le bâtiment, afin de contribuer à son chauffage, ce qui génère une diminution appréciable des consommations énergétiques. En été, ce sont au contraire la ventilation et l’occultation de la serre qui priment, sous-tendues par l’ouverture des volets et le déploiement des rideaux. Par ailleurs, les façades opaques nord et ouest des locaux annexes sont habillées d’un bardage en aluminium à petites ondes.

Ces locaux, qui se développent sur 6 m de profondeur par 3 m de hauteur (et ponctuellement 6 m), abritent des sanitaires, des espaces de stockage et de sprincklage, etc. D’autre part, au centre du volume, une ­galerie technique longitudinale enterrée, de 2,50 m de section, a été créée pour le passage des principaux réseaux : chemins de câbles, ­courants faibles et forts, téléphone, RIA (1), évacuation des eaux usées et arrivée d’eau froide, etc. Cette galerie visitable irrigue des chambres de tirage, également souterraines, qui alimentent chacune un ou ­plusieurs stands. Chaque ­exposant peut se ­brancher sur une fosse de 1 m2, le nombre total de trappes s’élevant à 432. Ce principe astucieux a l’avantage de faciliter l’exploitation et de supprimer toute gaine apparente.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°274

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