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FACADE Double peau active cintrée en partie haute

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FACADE Double peau active cintrée en partie haute

Comment répondre à la fois à des contraintes d’ordre acoustique, thermique et esthétique ? Pour cet immeuble de bureaux, l’équation a été résolue par la mise en œuvre d’une façade double peau active d’aspect bombé.

Futur siège social d’Ipsos, l’immeuble de bureaux le Mazagran (réalisation de l’architecte Henri Gaudin) est constitué de deux volumes distincts de 7 et 4 niveaux, soit au total 17 000 m2 de surface SHON. L’édifice, qui longe le périphérique en bordure sud-est de Paris, est doté d’une façade qui marie plusieurs technologies et matériaux : pierre mince agrafée, bardage en zinc et grande quantité de verre.

Pour Yannick Lecomte, le technicien du bureau d’études OTH bâtiment qui a suivi le chantier de la conception à la réalisation : « La transparence est fortement privilégiée dans cet immeuble. Cela impliquait une gestion parfaite des contraintes, environnementales, techniques et économiques, dans un souci de confort des utilisateurs et d’adéquation scrupuleuse au parti architectural. Ainsi, bien que non soumis à la RT 2000 (dépôt du permis en juillet 2001), l’accent a été porté sur le confort thermique des occupants. Une parfaite maîtrise des déperditions et des apports solaires s’imposait, été comme hiver.»

Une gangue de verre bombé

De fait, un minimum de onze technologies verrières ont été utilisées. Des plus classiques – VEA (vitrage extérieur attaché) double et simple vitrages – aux plus sophistiquées comme la double peau. Avec, à chaque fois, le souci de la thermique mais aussi de l’acoustique, en raison de la proximité du périphérique. Les zones les plus sollicitées, façades nord, s’exposent, en effet, à un affaiblissement DnT,A,tr de 39 dB, les moins sollicitées, façade intérieure sur jardin, s’exposant elles à un affaiblissement DnT,A,tr de 30 dB.

Autres contraintes liées à cette voie de circulation : l’entretien des matériaux des façades, ­fortement exposées à la pollution automobile, notamment la pierre agrafée.

C’est la façade nord, le long du périphérique, qui a fait l’objet de toutes les attentions. Élément phare du programme, elle se présente comme « une gangue de verre bombé intégrant des vitrages de grandes dimensions (5,2 m x 1,4 m), à l’image d’une voile de bateau ». C’est la plus exposée aux sollicitations acoustiques et thermiques. Pour Yannick Lecomte : « La difficulté résidait dans l’obtention d’une façade esthétique et fidèle à la définition architecturale telle que déposée au PC, tout en répondant au niveau d’exigences requis des performances. » Pour y parvenir, la solution double peau active dite « ventilée naturellement » s’est imposée. À noter, cette façade a fait l’objet d’un dépôt d’Appréciation technique d’expérimentation (Atex) auprès du Cstb, pour son caractère non traditionnel. Pour Yannick Lecomte, « cette technologie permet de scinder les deux grands axes problématiques : respect de l’architecture et de la volumétrie et respect des niveaux de performances et de sécurité . Une façade traditionnelle avec une technologie quelconque aurait pu être envisagée si l’assemblage de vitrages de grandes dimensions, bombés et feuilletés acoustiques, ne relevait pas d’une véritable prouesse technique. Mais des recoupements, traverses et montants intermédiaires, auraient été nécessaires.

Un VEA non traversant

De plus, compte tenu du poids des vitrages et des impératifs de sécurité liés aux risques de chutes (personnel d’entretien), l’ossature devenait extrêmement pénalisante d’un point de vue esthétique, en raison de masses vues et de sections importantes. De fait, l’architecture originelle n’aurait pas été conservée au profit de simplifications techniques .» La double peau a permis de régler, dans le même temps, l’ensemble des contraintes liées au projet : « Par la mise en œuvre d’un grand voile de verre légèrement en saillie, l’esthétique n’est pas interrompue par de lourdes menuiseries. Les simples vitrages des voiles de verre, peau extérieure de la façade, sont maintenus sur leurs rives hautes et basses par de fines pattes ponctuelles en acier inoxydable. » L’ensemble procure une grande légèreté. En fait, il s’agit « tout simplement » d’un VEA non traversant. Le vitrage étant pincé dans ses parties haute et basse par lesdites pattes ponctuelles.

Une technique qui permet de reprendre en pression et en dépression les efforts climatiques mais aussi la reprise du poids propre : cela évite l’utilisation du verre trempé au profit d’un feuilleté clair recuit. En fait, c’est la dimension des pattes qui a permis de s’affranchir d’une trempe pour les vitrages, car les contraintes locales, au bord des pattes, étaient admissibles. Les contraintes économiques ont également joué. Il a fallu faire un arbitrage entre verre plus fin (moins de matière) et trempé (plus cher) ou verre plus épais mais feuilleté (moins cher que la trempe).

Ventilée naturellement par tirage thermique

La peau intérieure se présente sous la forme habituelle de châssis aluminium verticaux (96 châssis de 2,70 x 1,35 m) en bande toute hauteur, comprenant les doubles vitrages. Feuilletés et acoustiques – double vitrage 10 (Low E)/12/8) –, les vitrages assurent un affaiblissement acoustique de RA,tr de 33dB.

Entre les deux peaux, la lame d’air d’épaisseur (variant de 30 à 80 cm) est ventilée naturellement par tirage thermique. Pour y parvenir, une entrée d’air munie d’un piège à son – de type chicane – est ménagée en partie basse pour le renouvellement. En partie haute, une vantelle assure l’extraction de l’air « chauffé ». Une solution qui permet de réguler naturellement la température au sein de la lame d’air en évitant les surchauffes en été et la sensation de paroi froide à l’intérieur des locaux en hiver. Il en découle une sensation de confort bien plus grande pour les occupants. Cette solution a également permis d’obtenir des affaiblissements acoustiques et des performances thermiques supérieures à ceux des techniques traditionnelles : facteur solaire g de 32 %, une transmission énergétique de 21 %, une transmission lumineuse de 57 % et un U de 1,1 W/m2.C sans protection solaire. Cela étant, les performances acoustiques ont encore été améliorées par la mise en place de pièges à son en pied de façade, et d’un absorbant habillé d’une tôle aluminium laquée perforée, mis en œuvre sur l’ensemble des parties opaques (nez de dalle, joué…). Le but : ne pas dégrader l’affaiblissement acoustique naturel de la double peau par des temps de réverbération trop longs au sein de la lame d’air.

L’accès aux ouvrants pompiers s’effectue par des failles verticales qui accèdent à des ouvrants insérés dans la peau intérieure. Ouvrants qui ont exigé, comme pour le désenfumage, un traitement acoustique particulier. Du fait de leur poids et de la dimension des vantaux (composition produit verrier plus importante et contraignante), les châssis sont en acier.

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