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Façade Complexes vitrés acoustiques et respirants en tertiaire

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Façade Complexes vitrés acoustiques et respirants en tertiaire

1. Des ventelles placées tous les deux niveaux permettent la ventilation de l’espace compris entre les deux peaux de la façade.

Façades double peau, respirantes ou habillées de ventelles : ces trois solutions différentes se combinent sur cet immeuble tertiaire, récemment construit en bord de Seine. Après audit, le bâtiment a été certifié NF Bâtiment tertiaire – démarche HQE.

«La démarche HQE utilisée lors des études pour l’immeuble de bureaux Le Partitio a imposé de viser plusieurs cibles en même temps. Il s’agissait de ne pas privilégier un procédé ou un matériau,à sans penser à l’équilibrage général des choix. Le surcoût est difficile à estimer, mais le retour d’investissement est relativement rapide, grâce aux économies d’énergie prévues, d’une part, et à la qualité du bâti, d’autre part », explique Eric Janssen, directeur des programmes pour le groupe Brémond, maître d’ouvrage. En effet, voici quelques mois, cet immeuble, siège social d’une des grandes enseignes de la distribution, s’est ouvert sur le quai d’Ivry, au sud-est de Paris. Ce bâtiment joue de ses façades largement vitrées pour limiter ses besoins en chauffage, climatisation et éclairage.

Une qualité qui se retrouve en façade dans le choix de privilégier la lumière naturelle, dans l’emploi de vitrages ouvrants et dans l’acoustique, avec un indice d’affaiblissement qui va de 38 à 32 dB(A) suivant la localisation. Surélevé par rapport au fleuve, cet immeuble comprend six niveaux sur rez-de-chaussée et des parkings.

De l’opacité vers la transparence

Il est accessible aux piétons par des escaliers reliant les quais de Seine à un parvis autour duquel s’organisent les bureaux. Cette forme en U, compacte, améliore son inertie thermique. Ses deux ailes du bâtiment encadrent l’entrée principale et orientent le visiteur vers la rue intérieure qui traverse l’immeuble, parallèlement au fleuve. La rue permet l’accès aux zones d’exposition d’une part, et aux bureaux, d’autre part. Ces derniers sont installés dans les ailes implantées perpendiculairement au fleuve et au-dessus des espaces d’exposition, qui sont dédiés à la présentation de produits. À partir du troisième étage, les bureaux situés dans la partie centrale de l’immeuble bénéficient d’un éclairage naturel, grâce à deux patios végétalisés et à ciel ouvert. L’ensemble développe ainsi 20 000 m2 de façades très lumineuses côté Seine, presque opaques en façade arrière. L’agence d’architecture Wilmotte a également souhaité une variation « de l’opacité vers la transparence », en montant dans les étages. Plusieurs choix de façades ont ainsi été retenus, selon la situation, l’orientation et l’utilisation des locaux. La façade arrière est habillée sur toute la hauteur par de petites ventelles en acier galvanisé, supportées par des cadres hauts de 14 m. Les trois premiers niveaux de la partie centrale du bâtiment sont éclairés par des menuiseries traditionnelles et des châssis en bande, avec ouvrants oscillo-battants. Les parties opaques sont couvertes par des plaques en aluminium et protégées par des groupes de brise-soleil inclinés en acier laqué. Deux brise-soleil plus larges abritent également les parties vitrées.

Sur les quatre derniers niveaux (de R   3 à R   6) du bâtiment, la façade se transforme en double peau respirante. Ce système continu se présente sous la forme d’un mur-rideau tramé sur 1,35 m de largeur. Il se compose, à l’extérieur, d’un vitrage simple recuit de 6 mm, d’une lame d’air de 45 mm ventilée, et d’un double vitrage isolant à basse émissivité. Dans la lame d’air, un store vénitien aux lames de 25 mm et orientable par l’utilisateur, vient compléter l’ensemble. Les stores sont inclus dans la double façade sur toute sa hauteur, y compris devant les parties opaques masquant les nez de dalles et les allèges. Cette lame d’air est ouverte sur l’extérieur grâce à la présence d’orifices équipés de filtres et disposés en traverse basse des cadres. Cela équilibre les pressions avec l’extérieur et amortit ainsi les chocs thermiques en façade.

Les verres sont collés sur leur cadre aluminium par la technique du verre extérieur collé (VEC), sans joint classique. Dans les parties vision, les châssis sont alternativement fixes et ouvrants à l’italienne : c’est l’ensemble de la double façade qui s’ouvre pour aérer le local.

Ce système de façade a fait l’objet d’une appréciation technique expérimentale (Atex) qui porte sur :

– l’application du principe de respiration aux éléments de remplissage,

– le principe de collage des ­vitrages sur leurs cadres,

– la réalisation des ruptures de pont thermique.

Façades double peau respirante

À proximité des quais de la Seine, deux corps de bâtiment abritent des bureaux pour lesquels une grande luminosité et une bonne isolation acoustique sont nécessaires. Leur façade en double peau possède un indice d’affaiblissement acoustique de 38 dB(A). Cette double peau est constituée de deux parois vitrées séparées par un espace de 70 cm. Le vitrage intérieur est un châssis parclosé, composé d’un double vitrage à faible émissivité, avec un verre feuilleté 4.4.2 côté intérieur, et un verre simple de 6 mm, posés de manière traditionnelle et maintenus par des parcloses extérieures. À l’extérieur, le vitrage de la deuxième peau est un vitrage trempé et feuilleté (10.10.4 dans les étages et 12.10.4 au rez-de-chaussée), tenu par un système de verre attaché. La fermeture en partie haute est assurée par un verre attaché, placé avec une légère pente au-dessus de l’espace séparant les deux peaux. Cet espace assure la circulation d’une lame d’air de bas en haut de la paroi qui est ventilée par deux ouvertures, situées en partie haute et en partie basse de la lame. Les ouvertures sont en forme de rainures abritées par des ventelles horizontales et situées au niveau du nez de plancher tous les deux niveaux. Un store en toile à enroulement est intégré entre les deux peaux, et permet de limiter la luminosité et l’apport calorifique dans les bureaux.

Dès sa conception, le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage ont choisi différentes options :

– la prise en compte du contexte urbain (et de ses pollutions),

– la réduction des consommations d’énergies et la diminution des émissions de CO2,

– l’apport d’un bon niveau de confort pour les occupants,

– l’optimisation des coûts de gestion.

La certification NF bâtiments tertiaires – démarche Haute Qualité Environnementale a été obtenue pour les deux premières phases de l’opération, après un audit du programme et un audit de la conception. Un troisième audit est intervenu au final pour contrôler la réalisation.

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