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Extension aérienne pour la Cité de la musique à Paris

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Extension aérienne pour la Cité de la musique à Paris

© (1. Doc. Thierry Ardouin.)

Quatre niveaux de bureaux et une médiathèque viennent d’être insérés dans la superstructure du bâtiment existant. La mise en œuvre de ces nouveaux locaux a nécessité le renforcement partiel de l’ossature du bâtiment et la construction de liaisons verticales.

Inaugurée en 1995, la Cité de la musique vient de réaliser d’importants travaux pour agrandir ses bureaux, et pour proposer au public un lieu de consultation pour ses documents. Au total, 1 300 m2 utiles ont été créés, dont 600 m2 de bureaux et 700 m2 pour la médiathèque.

La Cité complète ainsi son offre de culture musicale au public, en plus des concerts et du musée de la Musique. « La médiathèque regroupe l’ensemble des services des trois centres de documentation qui existaient pour les professionnels, les enseignants ou le grand public », précise Luc Tessier, directeur général de l’Emoc, et maître d’ouvrage délégué. Mais elle va également utiliser les nouvelles technologies pour un accès facilité aux œuvres.

Passerelle métallique inclinée

Traversant le bâtiment de part en part, une longue passerelle d’environ 140 m avait été laissée vide d’aménagement depuis sa construction, en dehors de sa partie centrale intégrée au musée de la Musique. C’est dans cet espace, de hauteur variable, que viennent d’être construits les nouveaux locaux, après un chantier très délicat sur l’existant. Située à plus de 10 m de hauteur, son ossature métallique est celle d’une poutre en treillis, triangulée sur une trame de 8,13 m et large de 8 m. Elle est inclinée longitudinalement selon deux pentes différentes : le plancher est en faible pente de 6,1 %, et la toiture de 13,5 %. La hauteur de la poutre varie de moins de 1 m de hauteur à l’ouest, jusqu’à quatre niveaux de bureaux à l’est, côté périphérique.

La structure de la passerelle a été calculée dès le départ pour porter un plancher recevant du public, à 750 daN/m2. Sa nouvelle destination a imposé une reprise des calculs pour intégrer le poids des aménagements supplémentaires, des planchers rajoutés, y compris une mezzanine à l’intérieur de la médiathèque, c’est-à-dire 1 400 à 2 800 daN/m2. Certaines diagonales de la structure métallique ont dû être renforcées par des plats soudés, mais ce sont surtout les ouvrages supportant la poutre qui ont été consolidés : portiques, corbeaux… (voir encadré). Les planchers rajoutés sont accrochés entre les doubles montants verticaux de la passerelle : un sabot soudé permet de prendre appui sur la structure, et de passer des poutres longitudinalement à la passerelle. Ces dernières reprennent les charges des poutres secondaires qui portent ces planchers, ainsi que les façades. Les planchers ont ensuite été coulés sur des bacs acier collaborants.

Afin de modifier au minimum l’aspect extérieur de la Cité et laisser la structure originale visible, les façades mur-rideau ont été posées à l’intérieur de l’ossature de la passerelle. La trame des façades alterne panneaux opaques et vitrages transparents, en fonction des vues choisies par l’architecte et des aménagements intérieurs prévus. Les parois opaques cachent également les meneaux nécessaires pour la protection incendie.

1 400 m2 de façades ont ainsi été installées, dont un tiers est pare-flamme 1 h. Le long de la médiathèque, la passerelle est bordée par la circulation intérieure de la Cité, située 10 m en contrebas, au rez-de-chaussée, et qui prenait le jour à travers elle par des vitrages. Pour des raisons de sécurité incendie, ces vitrages ont dû être changés (voir encadré). En toiture, le bac sec existant a été complété par deux couches de laine de roche et une étanchéité bitumineuse monocouche.

Des bureaux lumineux et insonorisés

Pour relier le rez-de-chaussée de la Cité aux nouveaux locaux, trois blocs d’escaliers et trois ascenseurs assurent les liaisons verticales. L’architecte Christian de Portzamparc – qui les voulait légers et translucides – a choisi un système d’éclairage original pour les transformer en luminaires le soir (voir encadré).

« La médiathèque est un volume unique, très en longueur », explique Bertrand Beau, architecte pour l’agence Portzamparc. Elle se situe à l’ouest de la Cité et mesure 80 m de long. Son accès se fait par la partie la plus haute du local. Elle comprend une succession d’espaces spécifiques, selon les pôles d’intérêt des visiteurs (actualités, métiers de la musique, musique en ligne, partitions…). Ces espaces sont séparés par des différences de niveaux et du mobilier bas. Les visiteurs longent la médiathèque par un long escalier doux, qui borde les plateaux organisés par thèmes et descend vers les espaces moins hauts sous plafond. L’espace le plus bas est dédié aux enfants, qui peuvent ainsi utiliser le sol pour écouter de la musique. Cette salle tout en longueur a imposé des études acoustiques précises pour la cohabitation entre les différents visiteurs (voir encadré).

À l’est de la Cité, les bureaux qui surplombent le boulevard périphérique bénéficient d’une isolation acoustique de 43 dB (A) obtenue par la présence de vitrages composés de deux verres feuilletés Stadip 66.2 et 55.2, séparés par une lame d’air de 16 mm. Accessibles à partir du rez-de-chaussée, ils sont répartis sur quatre niveaux autour d’un patio central et séparés par des cloisons transparentes.

Ce patio comporte en partie haute un dispositif de désenfumage, dont la ventilation est protégée par un piège à son comprenant un silencieux à baffles composées de laine de roche. Au dernier niveau, une issue de secours donne sur les toits de la Cité, situés en contrebas.

Durant presque toute la durée des travaux, le bâtiment est resté en activité et ouvert au public. Le chantier a donc été organisé par phases et par « petits chantiers » séparés, pour des questions de sécurité et d’accessibilité du ­public.

Dès le début, la passerelle a été emballée dans un filet de sécurité doublé d’un pare-gravats, et des sorties de secours potentielles par tunnels d’accès ont été maintenues pour le public. Les coffrages pour les renforts de structure ont été suspendus aux ouvrages existants, pour ne pas perturber les accès.

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