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Étanchéité liquide : des systèmes multi-usages

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Étanchéité liquide : des systèmes multi-usages

Les systèmes SEL sont fondés sur la mise en œuvre de produits d’étanchéité liquide, dont le liant est constitué par une résine en solution ou en dispersion, de type polyuréthanne, acrylique, polyester, ou autre. (Doc. La Seigneurie.)

Les systèmes d’étanchéité liquide (SEL) n’ont d’autre but que de protéger le revêtement contre les infiltrations d’eau. Ces procédés (circulables ou non) possèdent des caractéristiques particulières de résistance à la fissuration et d’« élasticité ».

Par définition, les systèmes d’étanchéité liquide (SEL) ont pour objectif de rendre une paroi étanche à l’eau. Contrairement aux étanchéités à base d’asphalte ou de bitume, ces produits se présentent sous une forme liquide ou pâteuse, appliquée sur le support. Ils sont mis en œuvre à froid, sans développement de flamme ou de chaleur. C’est donc un mode d’exécution particulier, par application de résines liquides formant, après polymérisation, un revêtement adhérant au support et résistant à la fissuration. Complémentaires des procédés habituels, ces techniques s’appliquent là où les autres ne peuvent l’être ou sont mal adaptées, ou lors d’opérations spécifiques de réfection.

Ces revêtements étanches mais perméables à la vapeur d’eau sont réalisés soit à partir de résines (pour les parties horizontales, accessibles ou non), de liant hydraulique (par exemple, sous protection d’un carrelage), ou d’acrylique (couvertures inclinées).

Utilisés en neuf comme en rénovation dans un large domaine d’application, ces systèmes possèdent des caractéristiques de résistance souvent liées à leur capacité à supporter une circulation piétonnière, voire de véhicules, plus ou moins sévère. Leur tenue à la fissuration, due à l’élasticité élevée des systèmes, est remarquable.

Les balcons, en encorbellement de façades, ou les loggias en retrait, sont leur domaine de prédilection. Comme les coursives qui dominent des volumes non-clos accessibles à la circulation et au stationnement piétonnier, ils requièrent un SEL de moyenne sévérité mais résistant au trafic piétonnier. Idem pour les terrasses qui recouvrent des volumes clos et habitables, accessibles à la circulation et au stationnement piétonnier. En revanche, les tribunes et gradins des installations sportives de plein air qui recouvrent des locaux de fonction, comme les vestiaires, nécessitent une étanchéité accessible à la circulation et au stationnement piétonnier sévère à usage public.

Incorporation d’un textile manufacturé

Toutefois, ces procédés représentent moins de 3 à 4 % des systèmes mis en œuvre, en raison d’un coût élevé. Deux cas : les toitures inaccessibles non-circulables, qui regroupent les toitures de toute forme ou pente (toitures plates de pente comprise entre 1 % et 5 %, dômes ou berceaux, auvents…), accessibles uniquement pour la maintenance, ou les toitures techniques ou à zones techniques – chemins de nacelles. Puis, les toitures circulables comme les terrasses-parkings dominant des volumes clos, éventuellement habitables (parking d’un centre commercial au-dessus de galeries marchandes), qui nécessitent une étanchéité accessible à la circulation des véhicules et des piétons.

En couverture et plus rarement en balcon et loggia, ces ­systèmes possèdent un principe d’application à froid d’une résine liquide armée en plein de textile manufacturé. Le but : renforcer la pérennité des systèmes et rendre le revêtement d’étanchéité accessible au trafic piétonnier, avec ou sans protection. Dans tous les cas, la mise en œuvre d’un textile manufacturé est fortement recommandée en toiture. Ce dernier est jugé indispensable pour répartir, à l’intérieur du matériau résineux, les déformations et les tensions inévitables du support.

Les systèmes d’étanchéité sous carrelage sont constitués de résines (polyuréthanne, polyester, acrylique…) coulées ou appliquées comme une peinture, au rouleau ou au pistolet. Ils forment, après séchage, un revêtement élastique et imperméable à l’eau.

Étanches, ils peuvent recevoir un carrelage collé ou scellé. Ils trouvent leur application à ­l’intérieur, dans tous les locaux humides (douches, sanitaires et cuisines collectives, locaux techniques…). Très employés dans la mise en œuvre de cabines de douches cuvelées, ils sont également utilisés sans protection en revêtement intérieur d’étanchéité non-circulable de tous les ouvrages d’eau, en particulier dans les bassins destinés à recevoir de l’eau non potable.

Outre la mise en œuvre à froid, les raisons d’utiliser un SEL se ressemblent :

* Souplesse à la forme : la plupart du temps autonivelants, les SEL épousent la configuration de l’ouvrage. Le revêtement formé est continu et d’épaisseur significative. Lorsqu’ils se destinent aux toitures, ils sont, pour la plupart, applicables sur toute pente sans risque de reptation, ni de fluage, que ce soit sur toiture inclinée, dômes ou berceaux.

* Adhérence : tous les systèmes adhèrent en plein au support sans qu’il soit nécessaire d’y adjoindre une des fixations mécaniques supplémentaires.

* Nombreux supports admissibles : supports à base de ciment, hydrocarbonés – feuille ou chape bitumée, asphalte – certains isolants thermiques, bois, métal, mais aussi carrelage ancien, plâtre – y compris carreaux ou plaques de plâtre en relevés dans des utilisations en étanchéité de locaux humides.

* Faible épaisseur et légèreté :en loggia ou en balcon, leur faible épaisseur (entre 2 et 5 mm, selon les versions choisies) permet d’accepter sans modification les hauteurs de seuil ou de garde-corps existant. De même, leur poids propre, de 2,5 à 10 kg/m2 selon les procédés, ne surcharge pas les structures.

* Qualité et variété d’aspects : teinté uni, marbré ou pailleté, sablé avec éventuellement un système d’antidérapance associé. Ils peuvent être utilisés comme revêtements décoratifs et possèdent une bonne tenue aux UV.

* Accessibilité directe possible : la membrane d’étanchéité forme en même temps un revêtement de circulation.

* Application et délai de remise en service rapide : dans la plupart des cas, l’application des produits peut être réalisée en une journée. Circulable entre vingt-quatre et soixante-douze heures.

* Aptitude à recevoir un carrelage collé si nécessaire. Les plus résistants bénéficient d’un bon comportement au poinçonnement qui autorise le lestage de gravillonnage.

* Résistance à la fissuration : qu’ils soient armés ou non, tous se doivent d’absorber la fissuration normale du support, existante ou future, et assurent durablement la continuité de l’étanchéité par autopontage.

En rénovation, y compris sur des étanchéités anciennes de type asphalte ou multicouche en couverture, leur principal atout consiste à pouvoir restaurer l’étanchéité sans déplacement de l’existant. En neuf, les SEL autorisent la réduction des hauteurs nécessaires à l’exécution de l’étanchéité en supprimant les protections, comme les dalles à plots par exemple. Ils peuvent également trouver leur place dans les systèmes de toiture végétalisée pour gagner du poids.

Côté produit, mono ou bicomposant, la tendance est aujourd’hui à des systèmes (comme pour les peintures) contenant moins de solvants, réduction des COV oblige. Mais dans ce domaine, les contraintes techniques sont telles que le passage aux produits 100 % sans solvants s’avère difficile. Par exemple, les produits acryliques ne peuvent pas être mis en œuvre en zone de rétention d’eau. Néanmoins, des produits de remplacement qui en sont exempts apparaissent sur le marché, y compris pour des étanchéités de toiture.

Mais la réussite de la mise en œuvre dépend essentiellement de la préparation du support qui doit être sec, stable, propre et … compatible avec le système. Il peut aussi être nécessaire d’appliquer un primaire, avant la mise en place du revêtement d’étanchéité.

Des règles professionnelles récentes

L’ensemble des opérations de mise en œuvre pour les produits dédiés aux planchers extérieurs et à l’étanchéité sur planchers intermédiaires intérieurs est désormais visé par des règles professionnelles. Les premières – « Règles professionnelles SEL concernant les travaux d’étanchéité réalisés par application de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers extérieurs en maçonnerie dominant des parties non-closes du bâtiment » – s’appliquent depuis septembre 1999. Les secondes – « Règles professionnelles SEL concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par application de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers intermédiaires intérieurs » – depuis octobre 2002. Ces règles classent également les produits en fonction de leur objet (travaux curatifs, neufs ou de rénovation), de leur destination ou du climat (plaine ou montagne). Les planchers intermédiaires sont classés en cinq catégories : SE1 pour les travaux curatifs sur ouvrages de plus de dix ans, et SE2 à SE5 pour les travaux neufs ou sur ouvrages anciens. De plus, tous les produits doivent bénéficier d’un cahier des clauses techniques établi par un organisme indépendant.

Il n’existe pas encore de règles professionnelles pour les produits dédiés à la couverture. En revanche, ces derniers doivent, depuis le premier janvier 2005, bénéficier d’un Agrément technique européen (ATE) selon ETAg n°5, couplé à un marquage CE. L’ATE est une évaluation qui s’applique aux produits de construction innovants non visés par une norme européenne, ce qui est le cas des produits d’étanchéité liquide de toiture. C’est pour les industriels un passage obligé pour obtenir le marquage CE, indispensable à la commercialisation du produit en Europe. Le marquage s’applique à un produit pour un usage déterminé, pour un site de fabrication et pour une durée de cinq ans. Il est délivré, à la demande et aux frais de l’industriel, par un organisme désigné par l’Etat, sur des critères de compétence et d’indépendance. En France, c’est le Cstb qui assure ce rôle pour les produits destinés au bâtiment. Cependant, l’industriel a la liberté de s’adresser à l’organisme de son choix au sein de l’Union européenne, à condition que celui-ci bénéficie d’un agrément et réponde à certains critères en matière d’essais.

À l’heure où sont écrites ces lignes (mai 2005), seuls trois fabricants bénéficient d’un ATE et donc d’un marquage CE pour leurs produits (voir tableau). Théoriquement, les autres ne devraient pas avoir l’autorisation de commercialiser leur système dédié aux toitures sans l’ATE. Les procédures auraient pris beaucoup de retard et les ATE et le marquage CE paraîtraient tout au long de l’année 2005.

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