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Et l’ascenseur domestique devint conforme...

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Et l’ascenseur domestique devint conforme...

Rénover un ascenseur en conformité avec la loi, c’est bien. En profiter pour améliorer son confort d’usage et l’accessibilité, tout en réduisant les coûts d’entretien, c’est mieux. Surtout lorsque l’ascensoriste choisi par la copropriété n’est pas un des quatre grands opérateurs du secteur.

Contexte Un bilan technique et une mise aux normes

Les travaux sur les équipements à usage domestique ou professionnels visent à garantir la sécurité du personnel d’entretien et celle des utilisateurs. Ainsi, la mise en conformité des ascenseurs a été rendue obligatoire par la loi Urbanisme et habitat du 2 juillet 2003 dans un texte baptisé « loi SAE » (Sécurité des ascenseurs existants). Il se décompose en trois obligations.
D’abord, l’installation de dispositifs de sécurité sur les ascenseurs existants, avant décembre 2010, juillet 2013 et juillet 2018. Il s’agit de prévenir 17 risques majeurs : chutes, chocs à la fermeture des portes, déverrouillage des portes palières.... Après un bilan technique, tout équipement doit, si besoin, bénéficier d’une mise aux normes telles que listées dans les textes. Ensuite, la signature de nouveaux contrats d’entretien, précisant et améliorant le niveau des prestations, l’engagement de résultat, les délais d’intervention, la communication vis-à-vis des utilisateurs. Enfin, la réalisation d’un contrôle technique opéré tous les cinq ans par un organisme indépendant, pour vérifier la conformité de l’installation et son fonctionnement sécurisé.
Plusieurs échéances ont déjà été repoussées. Les obligations du 3 juillet 2013 sont reportées à juillet 2014 (décret n° 2013-664) pour les ascenseurs installés avant le 1 er janvier 1983. Il s’agit d’intervenir sur la précision d’arrêt, la téléalarme, les éclairages, le vitrage des portes palières, la prévention des risques de chute des ascenseurs hydrauliques, l’électrocution ou le happement du personnel. Dans quatre ans, au 3 juillet 2018, tous les ascenseurs devraient être conformes, avec, pour les appareils de plus de 320 kilos (4 personnes), la pose d’un système spécifique évitant les montées trop rapides. Tous les autres travaux de modernisation sur le confort, l’accessibilité, le design ou la recherche d’économie ne sont pas obligatoires. De nombreux propriétaires s’en préoccupent toutefois, comme dans cet immeuble parisien du 17, rue Lemercier.

Exploitation Une panne par semaine en moyenne

Cet immeuble parisien en pierre de taille date des années 1900. Il est doté de deux ascenseurs dont l’un subit des pannes à répétition qui l’immobilisent une fois par semaine en moyenne. Fin 2012, la copropriété mandate la société AEC (Ascenseurs études conseils), afin d’analyser ces dysfonctionnements et en comprendre l’origine. Jacques Rigaud, son directeur, réalise alors un audit complet et mène une étude de sécurité de l’installation dans le but de la rendre conforme au décret n° 1995-826 (repris dans le décret 2008-1325 du 15/12/2008). La procédure qu’il a mise au point comporte près de 200 points de vérification (escalier, accès, moteur, frein, plain-pied, trappes, revêtement…).
Les conclusions sont abruptes : les pannes sont dues à des interventions mal maîtrisées sur un équipement devenu obsolète. AEC liste les travaux à effectuer pour une mise en conformité avec la loi SAE, préconise de nouvelles procédures d’entretien, établit un CCTP (Cahier des clauses techniques particulières) détaillé, lance une procédure de mise en concurrence entre quatre ascensoristes artisans et analyse leurs devis. Les quatre grands opérateurs du secteur (Otis, Koné, Schindler et ThyssenKrupp qui se partagent 85 % du marché) ne sont volontairement pas sollicités.
En avril 2013, lors de l’assemblée générale des copropriétaires, Samelia emporte le marché, grâce à plusieurs bonus : équipements complémentaires gratuits, pose d’une rambarde en sous-sol, peinture de la machinerie, éclairage de secours, un an d’entretien inclus. À prestation égale, les autres soumissionnaires sont plus onéreux. Les travaux sont effectués sur trois semaines, en septembre 2013. Deux techniciens sont intervenus pour déposer et installer les équipements lourds, puis une personne à temps plein a effectué le montage de l’équipement en machinerie, en cabine et dans la trémie. L’immobilisation est de cinq à six semaines pour un ascenseur de 425 à 630 kg.

Résultat Une économie d’énergie de 10 %

Les travaux portent d’abord sur la remise en état de base, obligatoire selon la loi SAE. Il s’agit du remplacement de l’armoire de manœuvre, l’installation de trois téléphones mains-libres (en cabine, en toit de cabine, en plancher de trémie), de la pose d’un oculus en verre feuilleté avec film plastique Stradip (4/4/2) sur les portes palières, la protection des points rentrants et tournants, la signalétique, d’un éclairage double fluorescent de 200 lux en machinerie, et de l’installation d’un DTU conforme.
Appelé généralement « coffret DTU », ce tableau électrique est composé de différents disjoncteurs (force triphasé, éclairage et prises cabine, éclairage machinerie, prises électriques de la machinerie, télérupteur de l’éclairage gaine et de la machinerie) et permet d’isoler les circuits de l’ascenseur.
Plusieurs options sont aussi traitées : changement du motoréducteur, des câbles de traction et des protections, habillage cabine avec éclairage à Led, main courante, remplacement des boutons cabine et paliers, indicateur de direction et de position, signal sonore. Des systèmes de caoutchouc (silentbloc) équipent les portiques de maintien de la machinerie, afin de réduire les vibrations et assurer un fonctionnement fluide et silencieux.
Résultat : la vitesse de croisière de la cabine est identique, sans à-coups. Avec le variateur de fréquence, elle accélère doucement et ralentit progressivement au démarrage et à l’arrêt pour se positionner précisément au seuil d’étage (+/- 1 cm), quelle que soit la charge de la cabine. Le nouveau motoréducteur assure une économie d’énergie évaluée à 10 %, selon les usages, soit 500 €/an. Le retour sur investissement de cet équipement est de l’ordre de 4 ans par rapport à un système à vitesse fixe. Et, avec un entretien complet réduit à 1 700 €/mois, l’ensemble des travaux devrait être amorti en 10 à 12 ans.

N°330

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