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Ergonomie et design à portée de main

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Ergonomie et design à portée de main

L’architecte David Chipperfield a signé la gamme 1004 pour FSB. Outre la béquille disponible avec palier AGL® pour bâtiments à usage collectif, ainsi qu’en version coupe-feu et palier standard, la gamme comprend des béquilles pour portes-châssis avec et sans déport, des modèles à retour, ainsi qu’une poignée de fenêtre. (Docs. FSB.) Parmi les grands noms du design, Philippe Starck a dessiné cette poignée (modèle 1191) pour le fabricant FSB. Géode est une gamme de béquilles, rosaces et poignées de fenêtre créée par March Gut pour Olivari. Elles sont en laiton, finition chrome et incrustation de cristal Swarovski. (Doc. Olivari.)

Basique ou signée des plus grands créateurs, la poignée de porte prend des formes variées, se déclinant en un large panel de matériaux. Elle peut être ludique, de style, créer des ambiances, voire contribuer à l’amélioration des conditions d’hygiène.

La poignée de porte est certes un objet fonctionnel qui permet d’ouvrir et de fermer une porte, mais elle constitue aussi un objet de décoration à part entière qui contribue à mettre en valeur les portes, extérieures ou intérieures. Par sa couleur et sa forme, elle caractérise un espace, ou au contraire, permet d’harmoniser la décoration intérieure de plusieurs locaux, leur donnant la même identité.

C’est le choix de la forme qui entre en ligne de compte en premier lieu : béquille ou bouton ? La première est de forme allongée et bouge de haut en bas, suivant la pression de la main et associée, le plus souvent, à une serrure encastrée. Le second, plus petit, s’oriente sur le côté pour l’ouverture et la fermeture, et la serrure est le plus souvent en applique.
Les poignées de portes d’entrée disposent généralement d’une serrure permettant de les verrouiller, tandis que les portes d’intérieur n’en ont pas, ou alors elles sont équipées d’un simple loquet. Dans le cas des Établissements recevant du public, le choix de la poignée doit être conforme aux normes applicables en matière de sécurité, d’accessibilité et d’hygiène (voir encadrés).
Si la serrure et la porte relèvent des responsabilités sécuritaires, la poignée reste l’élément qui laisse libre cours à l’imagination. Cependant, il est préférable de procéder à un état des lieux pour bien analyser les besoins. Une porte intérieure n’aura, par exemple, aucune contrainte climatique contrairement à une poignée de porte extérieure. Il est donc primordial d’opter pour des poignées adaptées : celles à béquille sont plutôt destinées à un environnement extérieur, tandis que pour l’intérieur, les deux formes sont possibles, avec si nécessaire, un bouton de condamnation.

Matériaux : de l’esthétique à la protection de la santé

Les poignées de porte sont le plus souvent vendues par paire avec deux plaques de propreté, qui protègent la porte et constituent un « ensemble ». Un « demi-ensemble » ne comporte qu’une seule poignée avec une seule plaque, ce qui permet de poser deux poignées de deux styles différents sur la même porte et d’adapter chaque côté à l’ambiance du local (côté couloir et côté bureau).
Pour les portes-fenêtres, il est conseillé de s’orienter vers les modèles qui faciliteront l’utilisation et le fonctionnement de la porte et d’opter pour une poignée béquille plutôt courte sur une plaque étroite. Quant aux portes à moulures, elles réclameront des poignées à col long plus maniables.
Les poignées les plus classiques sont généralement fabriquées en aluminium, plastique, alliage léger de zinc, ou encore céramique pour des boutons. Pour des effets plus recherchés, avec des finitions polies, chromées, brossées, brillantes ou mates, les fabricants proposent un large choix de matériaux : inox, ivoire, laiton, bronze, porcelaine ou encore bimatière aluminium brossé et verre. Il y a quelques années, l’architecte japonais Hideyuki Nakayama a conçu une version bouton en verre (fabriqué par le spécialiste nippon Union) qui avait la capacité de refléter l’intérieur de la salle située… de l’autre côté de la porte !
Plus sérieusement, les poignées en cuivre se déploient en milieu hospitalier (voir encadré). Bronze Inox du groupe Le Bronze Industrie a développé une gamme de produits antibactéries « Steriall » composés de 90 % de cuivre. Selon le fabricant, qui s’appuie sur une étude américaine, les ions cuivre pourraient, à haute dose causer une série de dommages au niveau des cellules des bactéries par, entre autres, la fuite du potassium à travers la membrane cellulaire, le stress oxydant par génération du peroxyde d’hydrogène… L’utilisation de surfaces en cuivre, dont les poignées de porte, permettrait de réduire de 40 % le taux d’infections dans les hôpitaux.
Au-delà des matières, les poignées se déclinent sous toutes les formes : longues, ovales, rondes, fuselées et font même l’objet de concours design, et sont parfois signées des plus grands noms de l’architecture.

L’objet de tous les designs

Les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour donner du caractère aux poignées. Ainsi, depuis 2009, Vachette (Groupe Assa Abloy) organise chaque année un concours sur la conception d’une gamme d’ensembles de portes innovantes en termes de design et de matière à destination des bâtiments tertiaires. Vachette souhaite donner un souffle nouveau à la marque en laissant de jeunes designers s’exprimer.
Cette année, une trentaine d’étudiants en design de trois écoles parisiennes (Esag Penninghen, IUP d’Évry, Ensaama Olivier de Serres) ont accepté de se prêter au jeu. Le concours (Concours créatif école de Design 2012) s’est déroulé du 15 septembre 2011 au 30 mai 2012. Un jury, composé de représentants de la marque et d’architectes, a retenu 12 dossiers et récompensé Hugues de Blignières, étudiant en licence Architecte d’intérieur à l’Esag Penninghen, pour son projet « Tree ». Le concept : réutiliser le dessin de base de l’emblématique poignée de porte tubulaire Vachette. Son écriture et son design lui permettent de s’intégrer dans tous les milieux sur une longue durée. Sa ligne élancée par rapport au point de pivot confère élégance et dynamisme à une forme initialement destructurée.
Le jury a aussi eu un Coup de cœur pour le projet Igiene de Gaëtan Veye, étudiant en M1 GSI Design à l’université d’Évry (91). La cible de ce projet concerne les bâtiments tertiaires : établissements scolaires, sportifs et hospitaliers où les poignées de porte sont sollicitées par un grand nombre d’utilisateurs.
Les poignées de porte font partie de ces objets du quotidien sur lesquels s’accumulent des microbes en tous genres. Virus, bactéries, et autres microbes se propagent ainsi très facilement dans les lieux publics. Igiene contribue à éliminer ces micro-organismes en intégrant une fonction aseptisante pour les mains. Pour cela, elle se compose en son centre d’un système mécanique simple, similaire à un emballage de type « spray » et contenant un produit hydro-alcoolique. L’utilisateur appuie avec son pouce sur l’extrémité de la poignée, ce qui active la pompe et délivre une dose de produit hydro-alcoolique sur les doigts et le creux de la main. Sa forme évoque en position verticale la goutte d’eau et s’inspire également du style rustique des poignées en porcelaine de Limoges (87).
Issu du recyclage, le matériau en plastique de couleur bleue laisse entrevoir par transparence le liquide nettoyant à son extrémité. La partie blanc brillant évoque la propreté.

Des poignées entre des mains illustres

Priorité au design également pour la société Valli&Valli, qui a misé sur les grands noms de l’architecture avec sa collection Fusital. Depuis plus de trente ans, le fabricant allie technique et esthétique en s’adressant aux plus grands noms de l’architecture et du design avec notamment, Odile Decq, Norman Foster, Jean Nouvel... La marque compte aussi les signatures de designers de renom comme Ron Arad, Andrée Putman, Gae Aulenti ou d’architectes Zaha Hadid et Franck O. Gehry. H344 de Jean Nouvel est un ensemble de poignées de porte et garnitures. Il déclarait : « C’est ce que j’appelle un objet basique, élémentaire, le degré zéro du design. Une solution minimale pour donner de la personnalité à une porte, à une fenêtre. Ses formes élémentaires ont une logique naturelle à mon approche de l’architecture ». Quant à John Pawson, créateur de la poignée H343, il explique : « Ce type d’architecture qui offre une vision totale où rien ne détonne, m’intéresse. Tout doit être pris en compte, car tout ce qu’on place dans un espace a un impact, même une chose apparemment insignifiante, comme un simple interrupteur. Le design pour moi est un processus d’affinage et de réduction pour atteindre le point de transparence parfait, où la forme et la fonction se rejoignent ».
Chez FSB, même souci du détail qui lie ergonomie, technologie et design : pour le fabricant, force est de constater que l’on tient un objet en main qui ne mérite pas moins d’attention qu’une chaise confortable, une table non- bancale ou une lampe de bureau tant rationnelle que subtile. Ainsi, est la philosophie de l’industriel qui est parti de la compréhension de la préhension pour en tirer quatre règles :
1. Freinage du pouce : le pouce est toujours en quête d’orientation. D’ailleurs, cette recherche directionnelle est déjà visible sur les premiers coins de poing. Nombreux sont les objets possédant une orientation prononcée du pouce.
2. Creusement de l’index : il en est de même pour l’index. Lui aussi est toujours en quête d’orientation. Il s’oriente au toucher et fait suivre le reste des doigts.
3. Appui de la paume : la main requiert « un appui ». Le pouce et l’index tâtent le terrain. Puis la main entière saisit. Ce faisant, l’éminence de l’hypothénar (ensemble des muscles de la paume de la main qui contrôle le mouvement de l’auriculaire) cherche à prendre appui. C’est alors que se dégage l’effort.
4. Volume de saisie : la main n’apprécie pas la saisie dans le vide. Elle requiert le service de l’éminence thénar. Il est donc fait appel au volume de saisie. C’est en jouant indifféremment avec des objets cajoleurs pour la main, pour la plupart des petits cailloux multicolores de forme ovale, que l’être humain décèle inconsciemment ce besoin primaire.
Pour FSB, « la béquille de porte est ni plus, ni moins une forme architecturale miniaturisée. Par ailleurs, elle ouvre la voie, à l’instar d’un ouvre-porte, vers l’espace architectural dans lequel elle est ou devrait être harmonieusement intégrée ». C’est donc naturellement que de nombreuses créations sont signées de noms illustres tels que Nicholas Grimshaw ou Philippe Stark.

Tableau des fabricants

N°320

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