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ENVIRONNEMENT Premier bâtiment tertiaire certifié HQE

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ENVIRONNEMENT Premier bâtiment tertiaire certifié HQE

Outre les bureaux, le nouveau bâtiment comprend trois patios avec jardin, dont deux intérieurs, et deux toitures-terrasses végétalisées, un parking de trente places et un garage à vélos réservés au personnel de la mairie. Ci-dessous, les volets persiennés coulissant sur un métallique fixé à la façade, pour limiter les apports solaires. (Doc. EDF.)

Eau chaude sanitaire solaire, pompe à chaleur eau/eau sur nappe phréatique, récupération des eaux pluviales, rupteurs thermiques, VIR, occultation solaire, GTC… Cette combinaison d’équipements a permis à ce bâtiment d’obtenir la première certification « NF bâtiments tertiaires démarche HQE ».

Fruit d’un travail étroit des différents intervenants et pilotée par le Cstb sous le contrôle de l’Ademe, la mairie des Mureaux -(Yvelines) est le premier bâtiment de France à obtenir la certification «NF bâtiments tertiaires démarches HQE». Une certification qui porte à la fois sur le Système de management de l’opération (SMO) et sur la Qualité environnementale du bâtiment (QEB). Pour François Garay, maire de la commune et moteur du projet, «Cette réalisation s’inscrit dans une politique globale de réaménagement et de requalification du centre-ville et de rénovation de tous les quartiers.» Ainsi, l’un des objectifs était de regrouper dans un lieu unique l’ensemble des services administratifs auparavant dispersés, afin de faciliter les démarches des citoyens. La volonté de l’équipe municipale de conserver l’ancienne mairie en pierre, ainsi que sa forte sensibilité aux questions environnementales, a considérablement influencé les choix architecturaux. D’où deux nouvelles entités de petite taille (R 2) qui encadrent l’ancien bâtiment en pierre, entièrement réhabilité. Ce dernier conserve à l’étage la grande salle du conseil et des mariages et a subi d’importantes modifications telles qu’un abaissement des planchers et la réalisation de puits de lumière pour augmenter les apports naturels.

Une démarche globale d’économies

Cet ensemble architectural se caractérise, en premier lieu, par la démarche suivie en matière d’équipements thermiques et d’économies d’énergie puisque sa consommation affichée est inférieure à 90 kWh/m2 à -l’année (performance du bâti Ubât réf - 11% et un coefficient C réf -15%). Cette performance est obtenue par un travail important sur l’enveloppe et la mise en place d’équipements techniques concurrentiels. Aidés par S’pace Environnement et EDF, les concepteurs ont donc préconisé une solution globale qui tenait compte des notions de confort et de performances énergétiques, en restant dans le cadre de techniques existantes pour la plupart éprouvées.

Ainsi, les nez-de-dalle béton des planchers sont désolidarisés thermiquement des voiles de façades par des rupteurs de ponts thermiques qui assurent une continuité de l’isolation intérieure (complexe isolant polystyrène expansé et plaque de plâtre tout-à-fait classique). Les façades vitrées, sur châssis aluminium à rupteur thermique, sont dotées de double vitrage à isolation renforcée qui combinent confort et lumière (4/16/4, U =1,4 W/m2.K). Les façades exposées au soleil disposent de volets persiennés coulissant sur un métallique fixé à la façade afin de limiter les apports solaires en été. Dans les patios, les murs-rideaux sont protégés par des brise-soleil.

Côté confort thermique, le choix s’est porté vers un procédé de chauffage rafraîchissement par le sol avec, comme générateur, une pompe à chaleur eau/eau. Une option retenue après une étude comparative en coût global et environnemental. Ainsi selon EDF et le BET Alto -Ingénierie, elle assure une réduction de 40 tonnes de rejet C02 par rapport à une solution classique gaz, le rafraîchissement en plus.

Production d’ECS solaire

La pompe à chaleur installée en sous-sol (300 kW de puissance calorifique) utilise l’eau d’une nappe phréatique située à -30 m, afin d’alimenter les planchers. L’eau est soit à basse température, soit à celle de la nappe (15°C). Des études de faisabilité ont démontré que les besoins en eau (débit de 7 à 32m3/h au maximum) étaient sans incidence sur le niveau de la nappe. Le système est scincé en sept zones selon le type d’exposition et les horaires de présence. Chacune est dotée d’une sonde d’ambiance couplée avec quatre sondes extérieures (une par façade).

Le renouvellement d’air est confié à différentes centrales de traitement de l’air (CTA): une à récupérateur de chaleur dans la salle des mariages (débit 3000m3/h, batterie chaude 28 kW), une double flux pour le service d’état civil (débit 1300m3/h, batterie chaude 12 kW) et une simple flux (débit de 8000m3/h) pour les bureaux. Cette dernière est raccordée à des entrées d’air autoréglables en partie haute. L’extraction est réalisée dans les circulations En matière d’écogestion, le maître d’ouvrage a retenu une production d’eau chaude sanitaire solaire et la récupération des eaux de pluie pour alimenter les toilettes. L’ECS (besoins estimés à 170m3 par an) est produite à l’aide de 10m2 de capteurs à tubes sous vide à circulation directe. Installés en toiture, ils -devraient couvrir 60% des besoins. L’eau chaude préchauffée avec un échangeur est stockée dans un ballon de 500 litres. En cas de manque de soleil, une résistance électrique d’une puissance de 3 kW prend le relais.

L’eau destinée aux toilettes est récupérée sur une surface de toiture de 500m2, puis dirigée vers un ballon de stockage de 20000 litres. Située en local technique, la cuve devrait récupérer entre 600 et 800m3 d’eau par an, soit une économie de 2000 e/an. Le retour sur investissement pour cet équipement est d’environ dix-sept ans!

Les équipements sont asservis à un système de gestion technique centralisée (GTC). En effet, l’équipe municipale souhaitait surveiller les consommations. 120 points de contrôle et des compteurs surveillent ainsi les consommations électriques (éclairage), de chauffage et les panneaux solaires. Il s’agit, par exemple, de coordonner les appels de puissance électrique ou de personnaliser chaque zone du bâtiment en fonction du taux d’occupation et des horaires. L’objectif est d’assurer avec la GTC l’ensemble des fluides du patrimoine communal par système de télégestion. L’opération fait l’objet d’un suivi énergétique sur une durée de deux ans, afin de mesurer les consommations générées par les installations et d’en vérifier la pertinence.

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