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ENVELOPPE Une couverture ondoyante de 400 m en inox recuit

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ENVELOPPE Une couverture ondoyante de 400 m en inox recuit

Ouvrage majeur du projet de réaménagement de la mine à ciel ouvert de Carmaux, la couverture serpentée sert d’élément fédérateur à six bâtiments, répartis le long des 400 m de cheminement. Une réalisation qui a exigé une conception élaborée.

Sur le site de la Découverte, ancienne mine à ciel ouvert au cœur du bassin houiller tarnais (81), s’élève aujourd’hui un parc, Cap’Découverte, dédié aux sports de glisse. Dessinés par le cabinet parisien Chaix et Morel, les bâtiments, reliés entre eux par une couverture métallique de 400 m de longueur, se jouent de la topographie accidentée des lieux en suivant, à l’image d’un serpentin, la ligne sinueuse du terrain. Élément fédérateur du projet, la couverture s’affirme ici comme un grand abri linéaire, qui enfle et réduit en fonction de la taille des éléments du programme.

Les architectes définissent ainsi l’expression architecturale du projet : «Les six bâtiments, vus en coupe, reprennent le modèle traditionnel des fermes de la région dans leurs proportions, dans le rythme des poteaux, la pente des toitures débordantes… ».

Une structure en portiques métalliques

Toutefois, les couvertures se ­dilatent, en hauteur et en ­largeur, pour abriter des espaces de grandes dimensions (gymnase, Maison de la découverte) et accueillir dans un même mouvement, et sans rupture, des bâtiments de petite taille.

Le bois et le métal de la couverture sont mis en œuvre suivant des techniques qui optimisent coûts et délais. Ainsi, loin des assemblages sophistiqués, l’ensemble est ici classiquement boulonné. Pour Philippe Cœur, ingénieur responsable du bureau d’études AR-C qui a traduit techniquement le projet : « Élément majeur du projet, la couverture ne nécessitait pas de prouesse technique mais devait unifier les bâtiments, en toute homogénéité .» Concrètement, les toitures sont portées par une structure en portiques métalliques (H 400 ou 600, selon la portée), réalisés sur une trame de 8 m, perpendiculairement à l’axe de symétrie du bâtiment. Les pannes en bois, disposées parallèlement à la rive, sont espacées de 2,50 m. Dans les parties couvertes non-habitées, la structure primaire et les pannes sont apparentes. La couverture est constituée par une surface métallique en inox recuit, mise en œuvre à joints debout sur un platelage bois de type kerto. Ce dernier forme la sous-face apparente de la toiture. L’absence de patine de l’inox crée des reflets argentés.

La couverture est construite autour de l’axe de symétrie des bâtiments. Dans cette logique constructive, les poteaux sont parallèles aux rives ainsi que les murs des bâtiments. La jonction de l’ensemble des éléments de couverture est réalisée au faîtage, axe de la couverture. C’est donc l’axe qui oriente les pannes de couverture. Les chevrons, perpendiculaires à la rive, lui donnent son rythme.

La trame des portiques est toujours sur l’axe, les plus petits en ligne rentrante et les plus larges en ouverture. Les pannes, en ­lamellé collé, sont mises en œuvre dans la hauteur du fer, poutre et panne formant l’ensemble de la structure. Les chevrons et la volige suivent la couverture. Cette dernière suit la rive et s’interrompt sur l’axe central. Problème principal : la jonction des rives sur le faîtage, la forme générale de la couverture n’ayant pas facilité la mise en œuvre. L’objectif : éviter de nombreuses découpes. Les ­concepteurs ont donc prévu des éléments parallèles, en forme de trapèze, toutes les trames de 6 m. C’est l’élément essentiel qui harmonise la forme de l’ouvrage. Toujours pour des raisons esthétiques, il n’existe aucune gouttière, l’eau tombant ­directement sur le sol.

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