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ENVELOPPE Motifs losangés pour habiller le collège de Laval

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ENVELOPPE Motifs losangés pour habiller le collège de Laval

Réalisée dans le cadre d’une extension de collège, cette façade en losanges de métal et de verre a nécessité la réalisation d’un prototype, suivi d’un important travail de calepinage.

L’extension de ce collège de Laval a pour but d’accueillir des enfants handicapés au sein d’une structure classique d’enseignement. Cette unité nouvelle, d’un montant total de 3,2 millions d’euros, est conçue à partir de trois espaces : un préau commun de 240 m2 ponctué d’un escalier, un étage de 710 m2, qui comporte des classes de physique, de sciences de la vie et de la terre, de musique et d’arts plastiques. Quant aux 635 m2 du rez-de-chaussée, ils sont dédiés à la section d’éducation motrice (SEM), plus particulièrement destinée aux jeunes handicapés.

Réalisée en L dans le prolongement des bâtiments existants, cette extension sur deux niveaux est en rupture totale avec l’architecture (très années 60) de la partie existante. Le rez-de-chaussée, constitué d’une structure en béton banché, matricé et laissé brut, accueille les circulations, les sanitaires et les salles de cours de la SEM. L’étage, construit autour d’une ossature métallique boulonnée sur la structure béton du rez-de-chaussée, abrite des salles de cours destinées aux autres ­élèves du collège.

Inox, aluminium, acier galvanisé…

Au rez-de-chaussée comme au premier niveau, les matériaux ont été choisis dans un souci de pérennité et d’entretien limité. Un béton matricé et laissé apparent, réalisé à partir d’une matrice élastomère gamme AGP de Pieri, participe à cette démarche en partie basse. Au-dessus, inox, aluminium, acier galvanisé, panneaux fibres ciment… ne devraient pas non plus nécessiter d’intervention lourde avant de nombreuses années. Quant à la toiture-terrasse, son étanchéité classique (membrane PVC ­Alkorplan F de Alkor Draka) est protégée par une couverture végétalisée (Graviland S de Siplast). Celle-ci se compose d’une couche drainante, d’une couche filtrante et d’un mince substrat de végétation. Légère, esthétique, et d’un entretien minimum, ce type de couverture a, de plus, une action retardatrice d’écoulement des eaux d’orages.

La structure lourde du rez-de-chaussée supporte un premier niveau en rupture avec les aménagements scolaires habituels. Il est composé d’une structure métallique en acier galvanisé, boulonnée sur la dalle du plancher haut du rez-de-chaussée. Ce premier niveau est habillé d’une peau extérieure constituée de motifs losangés faits d’omégas en inox brossé, d’acier galvanisé, métallisé ou vernis, de miroirs (Stopsol Silver de chez Pilkington), et remplis en alternance de panneaux en fibres-ciment poncés. À intervalles réguliers, des ouvrants s’intercalent dans cette combinaison de ­losanges. Un dessin que l’on retrouve également au plafond du préau du rez-de-chaussée alternant des panneaux de fibres-ciment (Minéralis) et des éléments inox. Une telle façade nécessite un travail précis de conception. Après la réalisation d’un premier prototype, un calepinage, basé sur les cotes relevées sur la charpente métallique une fois posée, a limité au maximum les aléas de chantier. Les fenêtres en ­forme de losanges, fabriquées sur mesure par MAP, sur les conseils de l’entreprise Lucas, ont ainsi pu être montées sans difficultés notables.

Une découpe au millimètre

Sur le chantier, les responsables de l’entreprise insistent sur la nécessité de pouvoir maîtriser l’ensemble des composants, sous peine de désordres importants. Le calepinage, qui impose une découpe au millimètre près, doit être particulièrement respecté au droit des portes extérieures. ­Celles-ci ne peuvent qu’être rectangulaires, et imposent une grande précision de découpe pour assurer la continuité du dessin de la façade. Tous les éléments composant les façades sont fabriqués dans les ateliers de l’entreprise Lucas. La charpente métallique supporte un bardage métallique ventilé par l’intermédiaire de platines, puis les menuiseries losangées, équipées, côté intérieur, de leurs tableaux d’une largeur de 15 cm correspondant à l’épaisseur de la cloison. Toujours à l’intérieur, une ossature secondaire, constituée de profilés galvanisés, soutient un doublage en plaques de plâtre (système Plascostyl de BPB Placo), tandis qu’une isolation en laine minérale (­Rockwool), d’une épaisseur de 150 mm en deux couches croisées, ainsi qu’un écran pare-­vapeur HPV (Spirtech) complètent le ­bardage sur l’extérieur.

Fenêtres et doublages intérieurs mis en place, il reste à assembler la trame des profilés inox, des panneaux fibres-­ciment et des remplissages miroir ou acier. Une seconde ossature, constituée d’une succession verticale de profilés en acier galvanisé et de losanges de taille identique à celle des fenêtres, est fixée à l’ossature principale. Ces profilés servent de support aux différents éléments de la peau extérieure rivetée. L’assemblage judicieux des différents matériaux (miroirs, acier galvanisé, laqué gris ou gaufré) donne à la façade l’aspect final de ­losanges enchevêtrés, inspiré d’un motif très ancien des murs du vieux Laval.

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