Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Enveloppe Bardage en bois reconstitué à résistance mécanique élevé

Sujets relatifs :

Enveloppe Bardage en bois reconstitué à résistance mécanique élevé

Trois jours ont suffi à quatre personnes pour poser les 172 m2 de bardage sur les quatre façades, avec un taux de chute inférieur à 10 %.

À base de bois d’eucalyptus reconstitué, le bardage Otawa vient d’être installé sur une maison du pays basque. Sa densité de 990 kg/m3 limite l’épaisseur de ses lames à 9 mm et facilite sa mise en œuvre.

Cest l’esthétique et la stabilité du matériau qui ont convaincu Christian Ocafrain, gérant de l’entreprise de charpente et de menuiserie Zurgintza (Pyrénées-Atlantiques) d’utiliser le bardage Otawa pour sa maison à ossature bois. Fabriqué par l’entreprise australienne Weathertex, le bardage est commercialisé en France par FP Bois (gamme Verniland). Composés à 95 % de fibres de bois d’eucalyptus d’Australie, les clins sont imprégnés de 4 % de cire naturelle et recouverts d’une teinte primaire (1 %). La stabilité est obtenue grâce à un traitement spécifique des grumes. Une fois broyées, elles sont transformées en copeaux calibrés de 19 mm. Les chips obtenus sont ensuite intégrés dans un canon Masson, qui les transforme en fibre de bois dont l’apparence évoque la ouate brune. Appliquées sur une presse qui reproduit le dessin du veinage du bois, les fibres sont soumises à une température et à une pression élevées qui confèrent aux clins une densité de 990 kg/m3. Les panneaux sont ensuite délignés dans la longueur pour former des lames de 3,66 m de longueur, de 30 cm de largeur, dont 28 cm utiles, et de 9,5 mm d’épaisseur. Cette densité donne un panneau très fin avec une bonne résistance mécanique. Afin d’éviter la reprise d’humidité, les lames sont recouvertes d’une couche primaire en acrylique micro­poreuse sans solvant, puis séchées dans un four infrarouge à 70 °C. Le processus de finition s’achève en France, où FP Bois applique un vernis avec un grammage de 100 g/m2, là aussi en acrylique microporeuse afin de laisser respirer le bois. Les finitions sont garanties 10 ans et le support 25 ans.

Calepinage réalisé à partir du toit

Pour sa maison à un étage située à Saint-Etienne de Baigorry, C. Ocafrain avait besoin de 172 m2 de bardage de couleur blanche pour l’habillage des quatre façades. Ici, la structure poteau-poutre de la construction repose sur une dalle béton. Ce sol plan a ensuite facilité la réalisation de l’ensemble. Une fois la structure ­établie, des panneaux de contreventement MFP (Multi Functions Panels ou panneaux de particules à orientation aléatoire) assurent le remplissage. L’ensemble est isolé par 120 mm de laine de verre et un pare-vapeur. Une ossature métallique permet ensuite de ­venir fixer les panneaux de plaque de plâtre BA 13 à l’intérieur. À l’extérieur, un pare-pluie qui assure également la fonction de réflecteur a été mis en place. Il est fixé par des liteaux disposés tous les 40 cm qui vont servir ensuite à la pose du bardage. Première étape : la pose de la grille antirongeur sur le pourtour de la construction. Une fois fixé, le profil de départ en acier galvanisé s’installe à une distance comprise entre 15 et 20 cm du sol. Pour éviter de réduire la largeur des lames au niveau du chevron, C. Ocafrain a d’abord calculé les distances en partant du toit. La première lame du bardage se trouve ainsi à 20 cm du sol. Le soubassement en béton sera recouvert par un panneau associant copeaux de bois et ciment, lui-même peint en blanc.

Lorsque le profil de départ est fixé aux liteaux, il est nécessaire de fixer les angles, tous sortants ici, du sol à la toiture. L’enjeu consiste ensuite à aligner les lames dans une parfaite horizontalité. Elles s’emboîtent dans le profil de départ et l’angle de chaque façade. La première lame est utilisée dans toute sa longueur, soit 3,66 m. Les chutes produites ensuite serviront à la réalisation du calepinage. Au total, la fourniture et la pose du bardage avec les accessoires adaptés ont couté 78 E HT/m2.

Des absorbeurs de dilatation

Élément indispensable, le joint en PVC de couleur coordonnée a été conçu pour ce bardage. Équipé d’absorbeurs de dilatation, il sert au recouvrement des extrémités de deux lames et permet une pose en joint perdu. Ces joints facilitent le calepinage du mur, au fur et à mesure de la pose. Afin de faciliter l’engagement des lames dans le joint, le charpentier a biseauté leurs extrémités et ajouté de la paraffine dans le champ du bardage. Une fois correctement emboîtées, les lames sont clouées sur les tasseaux par une pointeuse (profondeur de perçage : 22 mm). En cas d’épaufrure, FP Bois fournit des peintures de retouche couleur coordonnées.

Les points singuliers ont été prévus dès la conception des huisseries. Les cadres des fenêtres et portes-fenêtres en bois d’Iroko comportent une feuillure sur les montants et la traverse basse pour accueillir et dissimuler les extrémités des lames. Un dispositif qui renforce l’étanchéité du bardage. La traverse haute comporte une légère pente qui fait office de larmier. Enfin, le remplissage entre les chevrons a été effectué avec les chutes de lames. Le bardage de la gamme Otawa se décline en six teintes, blanc, blanc cassé, nuage avec des nuances grises, vert pâle, bleu pâle et brun. Ici, les huisseries ont été peintes en rouge Baigorry du nom de la région, une couleur qui évoque le rouge basque.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°282

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2008 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

IGH (2/6) - L'heure des restructurations

Dossier

IGH (2/6) - L'heure des restructurations

Des programmes d'envergure apportent un nouveau souffle à des IGH vieillissants tout en les adaptant à l'évolution des exigences et des usages. Façades mal isolées, parfois en simple vitrage,[…]

14/03/2019 | Chantier
L'immeuble qui Pulse le BIM

L'immeuble qui Pulse le BIM

Nouveau tournant pour la soufflerie du CSTB

Nouveau tournant pour la soufflerie du CSTB

Socateb Étanchéité fête ses trois ans avec trois chantiers

Socateb Étanchéité fête ses trois ans avec trois chantiers

Plus d'articles