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Entretien et vérification sont gages de l’efficacité

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Foule dense, volume sonore élevé et substances psychoactives variées : voici un cocktail qui accentue dramatiquement le risque en cas d’incendie. La mise en place et l’entretien des dispositifs de sécurité sont donc incontournables dans la conception des boîtes de nuit.

L’incendie est la hantise de tout patron de boîte de nuit. Les drames sont trop fréquents, en France comme à l’étranger. Le dernier date du 30 octobre dernier, à Bucarest, où plus de 50 personnes ont péri. Les causes de ces sinistres sont multiples. L’incendie, s’il peut être criminel, peut aussi être accidentel : problèmes électriques bien sûr, mais aussi spectacles pyrotechniques mal maîtrisés par exemple. L’enjeu est alors que l’alarme fonctionne, que les issues de secours soient en nombre suffisant, clairement indiquées, ouvertes. L’entretien et la vérification du bon fonctionnement des équipements sont essentiels.

La discothèque est un ERP de type P (salles de danse et salles de jeux), avec une réglementation incendie précise, en fonction du classement de l’établissement par rapport à sa fréquentation maximale. Il existe cinq catégories, dont quatre grandes, catégorie 1 pour plus de 1 500 personnes, 2 plus de 700, 3 plus de 300 et 4 moins de 300. Selon la catégorie, le système de sécurité incendie (SSI) est centralisé ou non, à déclenchement automatique ou uniquement manuel.
Pour les établissements de catégorie 1, la centrale est au cœur de l’intelligence du SSI et envoie des ordres de commandes aux autres organes comme les volets et relais (lot CVC), les clapets coupe-feu des gaines de ventilation (CVC), etc. « Ce centralisateur assure différentes fonctions alertes et évacuation avec des messages sonores et lumineux ; compartimentage avec fermeture de porte coupe-feu ou encore désenfumage mécanique ou naturel », précise Roberto Noriega, responsable marketing, Aviss, fabricant de produits de sécurité incendie. Pour chaque projet, une commission de sécurité est créée, avec un coordinateur SSI, et un bureau de contrôle à partir de la catégorie 4. Siemens, Chubb et DEF, les trois leaders de la sécurité, partagent le marché avec Tyco, Finsecur, DPS, Esser, Aviss… En France, la qualité des systèmes est attestée par la certification Apsad, une marque du Centre national de prévention et de protection (CNPP).

Mettre en place des scénarios

L’installation doit suivre la norme NFS 61-970, qui spécifie le nombre de détecteurs en fonction de la surface de couverture, avec un compartimentage de l’ensemble et des désenfumages spécifiques à certains locaux à risque. « Les détecteurs de fumée peuvent être optiques, mais dans les discothèques la présence de fumigènes est possible, aussi on peut préférer de la détection de chaleur, précise Vincent Mallasen, gérant d’AMS Atlantique (installation, maintenance). En revanche, dans les annexes, réserves ou sanitaires, la détection est optique. » Les câbles d’alimentation des détecteurs sont coaxiaux (alimentation et communication) et anti-feu CR1 C1, de même que ceux alimentant tous les dispositifs de sécurité (issues de secours, porte coupe-feu, ascenseurs). Une fois alertée, la centrale déclenche un certain nombre d’actions : informer le personnel, couper la sonorisation, mettre en lumière de sécurité la salle et les circulations, émettre un message pré-enregistré d’évacuation suivant la norme 31-9001, couper la ventilation et déclencher le désenfumage, déverrouiller les issues de secours, etc.
Le nombre de sorties est fonction de la fréquentation, et la distance à parcourir est limitée (inférieure à 30 mètres). Bien entendu, les équipements doivent être établis aux normes et correctement maintenus. La maintenance et les équipements dépendent de la série de normes NF S61.
« Il est nécessaire de procéder annuellement à un test du SSI, et, en cas de scénario d’asservissement comme un désenfumage mécanique ou une porte coupe-feu, la visite doit être effectuée deux fois par an », précise Vincent Mallasen. Enfin, la réglementation de mise aux normes d’accessibilité pour les handicapés concerne les discothèques comme les autres commerces : non seulement l’accès aux sanitaires et à la piste de danse pour les PMR (personnes à mobilité réduite), mais aussi pour les non-voyants, avec codes d’aspérité au sol et les mal-entendants, en évitant par exemple la réverbération des matériaux pour l’intelligibilité des messages d’alertes.

N°348

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