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ENTRETIEN Balayeuses de voirie : bien cerner les besoins

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Ces engins, dont le coût varie de 90 000 à 180 000 E TTC, représentent un investissement important qui nécessite de trouver la bonne adéquation entre budgets, besoins et conditions d'utilisation.

«Le premier critère sur lequel est jugé un maire concerne la propreté de sa ville. Il s'agit donc d'un argument clef du programme électoral ». Cette boutade d'un fabricant de balayeuses de voirie résume l'importance de ces matériels qui abritent une sophistication croissante et une technicité développée.

Conséquence : des coûts qui oscillent entre 90 000 et 180 000 e TTC. « Les conducteurs se retrouvent donc au volant d'engins plus chers qu'une voiture de luxe », commente Eric Saquet, directeur du Centre technique municipal de Millau ! La première condition pour ne pas faire d'erreurs lors de l'achat d'un équipement est donc de bien cerner les besoins et leurs évolutions car « la machine type couteau suisse n'existe pas », ajoute Max Desavisse, chef de la section des moyens mécaniques à la Ville de Paris. Une petite balayeuse de 1,5 m3 est, bien entendu, incapable d'effectuer le travail d'un modèle de 6 m3 ce dernier étant, à l'inverse, interdit de séjour dans les venelles étroites d'un centre-ville historique, souvent plus exigu. « Cependant, le marché a évolué », souligne Dominique Declercq, PDG de 3D (Groupe Fayat), « l'avènement des communautés de commune permettant désormais d'investir dans des équipements adaptés, là où une petite collectivité ne pouvait qu'en rêver une dizaine d'années auparavant ».

Quatre grandes catégories

Dans la pratique, le marché français est segmenté (exception faite des balayeuses de chantier) en quatre grandes catégories : les microbalayeuses, avec une capacité qui n'excède pas 1 m3, les compactes (jusqu'à 2 m3), les modèles de voirie moyens (de 4 à 4,5 m3) et, au-delà, les grosses machines dont la capacité peut atteindre 9 à 10 m3. Une douzaine de sociétés sont capables de répondre sur ces différents créneaux avec, comme principale difficulté et de l'aveu même d'un constructeur, « une fâcheuse tendance à tricher sur la capacité réelle ». Mais « il s'agit d'un marché mature relativement captif qui se resserre de plus en plus et, qu'une grosse demi-douzaine d'entreprises devrait se partager », commente Max Desavisse. Premier élément à prendre en compte pour une ville qui ­souhaite­rait investir ? Bien cerner ses besoins pour répondre aux contraintes urbaines. Une ville comme Paris ayant, par exemple, à faire face à pratiquement tous les types de problématiques : des ruelles étroites de l'Île-Saint-Louis au gigantisme du périphérique, en passant par les larges avenues (ex. Champs-Elysées). « Nous avons dû, par exemple, redimensionner une partie de notre parc en accroissant la part des petites balayeuses, avec le développement récent des pistes cyclables qu'a connues la ville », révèle Max Desavisse.

Entretien programmé et régulier

Pour des villes de tailles plus modestes, le dimensionnement des moyens de nettoyage s'effectue de manière assez similaire, au facteur d'échelle près ! « Il faut tout d'abord chercher à équilibrer le fonctionnement avant de passer à l'investissement », explique Eric Saquet, « puis optimiser le rendement aux moyens donnés afin de ne pas entrer dans une course permanente aux matériels, course toujours possible mais, bien entendu, onéreuse ».

Il faut donc mettre en place une véritable base de données, un relevé par rues, afin d'être dans le concret et non pas le subjectif. « L'indicateur objectif est la couverture réalisée, certains événements saisonniers, notamment en période touristique, nécessitant d'adapter les plannings », poursuit Eric Saquet. La propreté est une notion assez difficile à définir selon que l'on se place du point de vue des agents municipaux, des riverains ou des élus. Même constat sur la Ville de Paris dans laquelle un plan de propreté a été développé. « Chaque arrondissement est divisé en fonction d'un taux de souillure et du renouvellement des déchets », commente Max Desavisse, « la capitale étant ainsi divisée en secteurs sur lesquels sont mis les moyens adaptés ». Lors de l'achat, il faut être très vigilant sur la qualité du SAV proposé par le constructeur car les balayeuses sont des engins sophistiqués fortement sollicités. « Les petites machines, plus compactes sont souvent beaucoup plus fragiles », commente David Besombes, responsable du service Ville propre de Millau. D'où, autre point à soigner, l'importance de l'entretien et de la maintenance. « La cuve ainsi que les organes de nettoyage doivent être nettoyés quotidiennement, et tous les axes mécaniques graissés chaque semaine ». Sur Paris, deux ateliers assurent la maintenance du parc matériel, « les mécaniciens possédant une véritable expertise qui leur permet d'avoir un recul suffisant pour jauger les évolutions des matériels ». Autre spécificité parisienne : un outil informatique, baptisé SIGEP (Système informatique de gestion des engins de propreté) et commercialisé par Infoparc, mis en place afin d'optimiser la maintenance, les heures de fonctionnement étant comptabilisées véhicule par véhicule. Dans la pratique, « il faut essayer de rationaliser le planning d'entretien », explique Max Desavisse, « en essayant par exemple, pour les gros parcs, de ne pas se disperser au niveau des marques », ou en faisant des achats groupés (voir encadré). La présence, dans un parc, de plusieurs machines de même génération permet en effet d'être plus logique et plus rationnel sur la maintenance ». « Mais les matériels sont plus fiables et, parallèlement, les écarts plus longs entre les interventions ». Cela devrait permettre d'accroître d'environ 20 % leur durée de vie. Quant aux évolutions, le développement de l'électronique renvoie aux mêmes problématiques que celles que l'on rencontre sur le secteur automobile, « plus de technologie embarquée étant synonyme de besoins de remise à niveau permanente pour les techniciens ».

Des moteurs moins bruyants

Concernant la motorisation, tous les ­constructeurs se sont mis aux normes Euro V et les engins sont de moins en moins bruyants. Sur les matériels poids lourd, « on se dirige vers des offres insonorisées », commente Max Desavisse, un constructeur comme Mathieu ayant déjà, par le passé, obtenu un Décibel d'or, « les progrès sur l'aspect bruit étant essentiellement à réaliser au démarrage et sur le poste de conduite ». La solution électrique se heurte encore au problème du stockage et de l'autonomie. Quant au GNV (gaz naturel pour véhicule), technologie qui permet de diminuer le bruit émis et les rejets de particules toxiques, « elle peut être envisagée sur des bennes ou des laveuses mais demeure, même si l'offre existe, encore trop sophistiquée sur des balayeuses », juge Max Desavisse. « Un moteur GNV implique encore plus d'électronique, sans parler des problèmes d'approvisionnement. En fait, nous attendons toujours, depuis Pollutec 2008, la technologie hybride pour les matériels poids lourd ». La motorisation classique permettrait, en effet, d'assurer les déplacements de l'entrepôt aux lieux de travail, la partie hybride prenant ensuite le relais une fois sur site.

Pour les très petites venelles des centres anciens, il peut être intéressant d'investir dans des aspiratrices de voirie, « ce type d'équipement pédestre pouvant éviter l'achat coûteux d'une machine monoplace de 1 à 1,5 m3 », explique David Besombes. Ces équipements permettent, par ailleurs, de revaloriser le métier de balayeur, l'opérateur se voyant confier un outil moderne. Principale différence avec les balayeuses :

un fonctionnement à sec, sans humectage, les déchets étant aspirés directement dans un bac poubelle. Une pelle et un balai classique viennent compléter la panoplie pour les cas d'accessibilité difficiles.

Ces équipements, d'une capacité de 200 à 250 litres, sont proposés en version thermique ou électrique(environ une douzaine d'heures pour recharger les batteries) pour une autonomie de travail allant de 4 à 8 h.

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