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Effets spéciaux, gestion dynamique et sécurité

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Dans les boîtes de nuit, les jeux de lumière aux chorégraphies de couleurs recherchées participent à l’ambiance de fête. Il reste que là aussi cet élément obéit à des règles précises et à une mise en œuvre étudiée.

Les solutions d’éclairage pour discothèques mettent en œuvre des lumières puissantes, aux couleurs intenses et changeantes, réalisées à partir de dispositifs compacts, de faibles dimensions, qui supportent des gobos, offrent des ouvertures de faisceaux différentes, et proposent de multiples effets spéciaux.

Afin d’orchestrer ces jeux de lumière, comme pour la musique avec des disc-jockeys (DJ), il est indispensable de faire appel à un spécialiste, « un metteur en lumière », le light jockey (éclairagiste), titre donné à celui qui s’occupe du système d’éclairage, qui « jongle » avec les lumières. Son rôle est très important dans une boîte de nuit, car, en plus de gérer les effets de lumière durant la soirée, il s’occupe de l’ensemble de la technique, soit l’entretien des systèmes de sonorisation et d’éclairage. Il doit avoir une bonne connaissance des musiques qui seront passées par le DJ au cours de la soirée afin d’ajuster les couleurs et les mouvements de son système d’éclairage. Il doit également bien connaître le protocole DMX, le paramétrage des projecteurs grâce aux switchs en binaire et les consoles associées, les contrôleurs DMX informatisés et les produits avec lesquels il travaille.

Projecteurs de forte puissance

Les matériels utilisés relèvent des produits spécifiques dédiés à l’éclairage de spectacle : on y trouve principalement des projecteurs de forte puissance (de 1 à 2 kW) à miroir parabolique, de poursuite, blinders (lumière intense sur larges surfaces), sunstrips (rampes), lasers, shooters, mais aussi lyres, scans.
Les lyres proposent plusieurs faisceaux :
- « spot » : faisceau aux bords nets permettant l’utilisation de gobos, filtres métalliques qui se placent devant le faisceau pour lui donner une forme. En plus de l’effet sur le sol, il est possible de jouer sur le volume du faisceau lorsque celui-ci agit dans un brouillard ;
- « wash » : faisceau aux bords flous, concentrant sa puissance au centre. Cet effet est obtenu grâce à une lentille de Fresnel, ou grâce à la lumière non orientée des leds ;
- « beam » : faisceau très fin, aux bords parallèles.
Le scan (ou « moving light ») dispose d’un miroir orientable et se contrôle également grâce au DMX. Les scans se distinguent des lyres par leur mouvement plus rapide. En effet, seul le miroir est déplacé, contrairement aux lyres où toute la tête du projecteur est en mouvement (connu aussi sous le nom de « moving head »). Cependant, les scans ont un degré d’action plus limité que les lyres.
Les projecteurs sont généralement installés sur le « grill d’éclairage », structure métallique suspendue au-dessus de la piste de danse, où passent les câbles.

Couleurs et programmation

Même si la réglementation thermique ne concerne pas les discothèques (pas d’exigences de niveaux d’éclairement ni d’efficacité énergétique), les propriétaires de boîtes de nuit et les bureaux d’études spécialisés restent sensibles aux consommations et font de plus en plus appel aux sources led qui équipent des projecteurs automatisés.
« La technologie led a ouvert de nouveaux horizons pour les effets spéciaux, explique Christophe Luzège, gérant de IBS son & lumière, spécialisée dans l’étude, la conception et la commercialisation de solutions dédiées à la sonorisation, l’éclairage et la vidéo, elle nous a permis de nous affranchir des filtres et des gélatines utilisés sur les sources traditionnelles et surtout de composer des scénarios de couleurs à l’infini. » Mais il ne faut pas s’imaginer pour autant que la conception en est plus simple. Si l’on peut tout commander, encore faut-il bien connaître la programmation afin que le light jockey puisse piloter les effets lumineux le plus rapidement et facilement possible. Pour ce faire, les bureaux d’études font appel au protocole DM-512.
Créé en 1986 et régulièrement mis à jour, le protocole DMX (Digital MultipleXing) a été conçu par l’United States Institute for Theatre Technology (USITT) pour normaliser les communications entre une console et les différents éléments qu’elle est susceptible de piloter. Le DMX 512 est à ce jour le protocole le plus répandu et le plus universel et peut transmettre des données (des nombres compris entre 0 et 255) à plusieurs destinataires simultanément (512 au maximum). Il permet notamment le réglage de l’intensité lumineuse d’un projecteur, de la position d’une lyre (orientation du projecteur), le choix de la couleur d’un faisceau.

Éclairage fonctionnel et de sécurité

Tous ces effets dynamiques ne doivent pas faire oublier l’éclairage de l’espace bar, où les clients et les serveurs bénéficient d’ambiances lumineuses plus statiques, mais néanmoins colorées. Rares ici sont les luminaires traditionnels : pas d’encastrés en plafond ni en saillie, mais plutôt des rubans lumineux, des éclairages intégrés dans les parois ou des suspensions décoratives.
Pour l’éclairage « de ménage », c’est le plus souvent l’installation scénique qui est utilisée en couleur blanche et en pleine puissance.
Enfin, rappelons que la réglementation du 14 décembre 2011 fixe les règles de conception, de mise en œuvre et de maintenance de l’éclairage de sécurité à l’intérieur de tous les établissements recevant du public (ERP). Il a deux fonctions : l’éclairage d’évacuation, qui assure l’éclairage des cheminements, des sorties, des obstacles et des indications de balisage et de changement de direction ; et l’éclairage d’ambiance ou d’anti-panique, qui, allumé en cas de disparition de l’éclairage normal, réduit les risques de panique.
L’éclairage de sécurité est assuré soit par une source centralisée équipée d’une batterie d’accumulateurs alimentant des luminaires, soit par des blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES). La marque de qualité NF AEAS (Appareils Électriques Autonomes de Sécurité) donne l’assurance d’utiliser des produits sûrs et fiables et atteste leur conformité aux exigences des normes et de la réglementation françaises.

N°348

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