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Eclairage Onde lumineuse à vocation acoustique

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Eclairage Onde lumineuse à vocation acoustique

Les ondulations de métal et de bois tranchent avec la façade vitrée équipée de stores et de pare-soleil extérieurs servant à casser l’éclairage naturel.

© (Doc. Gilles Coulon.)

Le volume de la future salle de contrôle de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle sera équipé d’une nappe de 230 ­modules en forme d’ondes. Ces derniers font office de pièges à sons et ­contribuent à la sérénité de l’espace.

La politique d’extension de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, menée par ADP (Aéroports de Paris), va de pair avec l’évolution des techniques de contrôle aérien. Celles-ci nécessitent de nouveaux matériels et des équipements complémentaires. D’où la conception de cette future réalisation de 7 000 m2, intitulée « Canacube », qui sera construite devant l’ancien « Cana » ou ­Centre aéroportuaire de navigation aérienne. Le bâtiment, qui regroupe les activités de ­contrôle aérien, se compose de deux volumes ­distincts, ­reliés par une passerelle à une nouvelle tour de contrôle et séparés par un atrium central. Le sous-sol ­accueille des locaux techniques. Le rez-de-chaussée, avec ses 900 m2 d’équipements, possède une salle d’expérimentation et d’essais, et une salle de supervision. À l’étage, la salle de contrôle aérien ou IFR, d’une surface de 750 m2, est destinée au contrôle d’approche, accompagnée de locaux de détente. Fort de ses quarante postes équipés d’écrans de consoles radar, le volume de la salle haute de 5 m est libre de tout porteur. Il repose sur un plénum technique de 60 cm d’épaisseur, permettant le branchement d’une multitude d’appareils en courant fort ou faible, et l’intégration des gaines de climatisation. En résumé, cet espace à l’équipement complexe soumis, du fait de sa fonction, à de fortes contraintes d’éclairage et d’acoustique, a fait l’objet d’un soin particulier de la part de son concepteur, l’architecte Jean Luc Chassais. Les ­contraintes d’éclairage proviennent des écrans radar dont la vision ne doit pas être perturbée par des reflets parasites. D’où la généralisation d’un éclairage indirect, contrôlable et uniforme. et la création de deux éclairages artificiels. Le premier, faible, de l’ordre de 200 Lux, est individualisé et localisé ponctuellement sur chaque console de travail. Le second, général et d’ambiance, d’environ 100 à 120 Lux, doit être homogène. Le traitement acoustique de la salle nécessitait de casser la réverbération des sons en supprimant l’orthogonalité des parois et en utilisant des matériaux absorbants. D’où l’idée d’associer dans un même module de plafond les réponses à ces différents besoins.

Une source de lumière cachée

Ce plafond se développe en une succession de coques modulaires de 89,5 cm de large, 45 cm de hauteur et 245,4 cm de profondeur. Le prototype est constitué de cinq nervures en fers plats à profils prélaqués, découpées dans de la tôle d’aluminium de 10 mm d’épaisseur. ­Elles sont reliées entre elles, à leurs deux extrémités, par des cornières boulonnées qui permettent de rigidifier l’ensemble. Des fers plats cintrés de 20 x 5mm sont soudés le long des nervures et servent de guide à la pose de la tôle d’habillage aluminium 20/10e partiellement perforée (à 40 %) de type R2T3, prélaquée, en sous face intérieure visible. Sur cette tôle sont collés 5 mm d’isolant Illteck FM de chez ­Illbruck. En partie supérieure, les nervures sont munies de deux pattes soudées (de 160 mm de long). Elles sont fixées de part et d’autre par des boulons sur le caisson réflecteur, à courbe asymétrique et à tôle d’aluminium 20/10e. Y sont incorporées, sur un côté, deux réglettes de tubes fluorescents T5 16 mm de 2 x 28 W et, au centre, une grille de très basse luminance en aluminium de 150 mm de large. Le faisceau lumineux se réfléchit sur la tôle aluminium courbe et traverse la grille. Le calcul d’un angle maximal de 100° a permis de diriger les flux lumineux verticalement. La source lumineuse, qui ne doit rencontrer aucun obstacle, tombe jusqu’au sol couvert de moquette noire qui absorbe la lumière et n’occasionne pas de réflexion. Ce système permet de cacher la source de lumière afin de propager un éclairage non éblouissant. La profondeur des ondes et l’ajout de trois nervures intérieures, espacées de 60 cm, renforcent cette volonté.

Une intervention acoustique sur plusieurs niveaux

Pour l’éclairage naturel, la salle s’ouvre sur une façade à vitrages réfléchissants munis de stores motorisés, filtrant les rayons solaires et commandés par le chef de poste. Devant celle-ci, une seconde façade à clins de bois, traitée comme un paravent non étanche, se plaque et fait office de brise-soleil. Le niveau d’éclairement de la salle peut être régulé et modifié à tout moment par le chef de poste.

Les équipes d’aiguilleurs du ciel qui se relaient 24 h/24 dans cet espace sont soumis à un haut degré de concentration qui réclame un calme absolu. Pour insonoriser l’intégralité du volume, l’intervention acoustique est située à plusieurs niveaux. Verticalement, les deux murs latéraux, hyper absorbants, sont revêtus de 10 cm de laine de roche et d’un tissu acoustique Texaa. Longitudinalement, le mur du fond incliné est tapissé de cinq ondes non lumineuses qui servent de « baffles acoustiques ». Horizontalement, le plafond doit pouvoir absorber au maximum les sons. Ainsi, chaque onde présente une tôle pliée perforée sur laquelle est collée une couche de mousse de mélamine. Entre chaque module, 80 mm de laine ­minérale semi-rigide. La double trame d’ondes est alternée par une travée de bois acoustique clair. De 17 mm d’épaisseur, ce produit appelé Topakustik est un matériau industriel, à finition de placage en bouleau 6/10e. Ce faux plafond étant doublé de 80 mm de laine minérale. Ce dispositif global est complété par l’implantation d’un sas d’entrée constitué de deux doubles portes automatiques non synchronisées,qui évitent toute communication d’un espace à l’autre.

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