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Éclairage Notre-Dame : fibre optique et iodure métallique révèlent la statuaire

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Éclairage Notre-Dame : fibre optique et iodure métallique révèlent la statuaire

Chaque statue de la galerie des Rois est éclairée par quatre sorties optiques placées sur des perches en saillie, avec un réglage spécifique, puisqu’il n’y a pas deux statues identiques. (Doc. Thorn/ J.M. Charles.)

Depuis quelques mois, la célèbre ­cathédrale parisienne bénéficie d’une nouvelle illumination composée d’un ­système mixte d’éclairement, mettant en relief son décor dans une ­discrétion de bon ton. À la clé, des économies d’énergie.

En 1989, la Commission nationale des Monuments historiques demande à la Ville de Paris de rénover l’éclairage extérieur de la cathédrale Notre-Dame. Deux ans après, les projets de Roger Narboni, Louis Clair et d’Italo Rota sont retenus. On décide alors de restaurer le monument, la pierre étant sale et abîmée. Il s’avère indispensable de la nettoyer avant de penser à l’éclairer. Ce n’est qu’en 2001 que les projets de mise en lumière sont repris : dans un premier temps, pour la façade ouest soit l’entrée principale de la cathédrale. À souligner : pour le passage à l’an 2000, l’éclairage existant de la façade, c’est-à-dire l’éclairage de fond, a été modernisé : les lampes incandescentes ont été remplacées par des lampes aux iodures métalliques, plus économes, offrant une meilleure efficacité lumineuse et une température de couleur de 3 000 K.

Un éclairage de fond par projecteurs

Les projecteurs intensifs, équipés de iodures métalliques 150 W, sont disposés sur la toiture de l’Hôtel-Dieu et viennent frapper latéralement la façade ouest de la cathédrale en éclairage général. Pour limiter les ombres portées qui sont créées par cet ­éclairage, deux projecteurs, installés le long de la statue équestre de Charlemagne sur un ­candélabre, compensent l’éclairage de fond en atténuant le relief.

Au niveau du parvis, les différentes entrées ont été éclairées par des projecteurs encastrés dans des fosses devant l’édifice. Un éclairage par fibre optique aurait été préférable mais impossible à réaliser, faute de place pour les générateurs. « Ici, explique Michel Péret de la Mission doctrine et contrôle technique, nous aurions dû installer, pour des raisons de maintenance, des projecteurs équipés de lampes à induction (durée de vie importante), comme pour tous les encastrés utilisés en illumination à Paris. Pour des questions de photométrie, nous avons choisi des lampes aux iodures métalliques 150 W qui offrent de plus grandes possibilités de contrôle du flux. »

Pour souligner la statuaire et les modénatures de la façade, deux types de matériel ont été utilisés : projecteurs et fibre optique. Pour Roger Narboni, qui s’est davantage occupé de l’éclairage par fibre optique : « Nous devions éclairer au plus près des statues et la solution la plus évidente est celle de la fibre optique. Elle permet de souligner les petits éléments architecturaux, comme les détails des statues des rois, sans les ­écraser ». Louis Clair s’est consacré à l’éclairage par projecteurs. Il avait été question de faire appel aux diodes électroluminescentes mais l’utilisation de température de couleur 3 000 K faisait chuter considérablement la durée de vie de ces lampes. L’éventualité a été éliminée…

Les concepteurs, pour mieux mettre en relief les divers éléments de la façade, ont suivi le découpage architectural vertical et ont étudié étage par étage les différentes composantes (statues, rambardes, colonnes, ogives, etc.) en prenant soin d’y adapter un éclairage particulier.

La statue de la Vierge, éclairée par fibre optique

La galerie des Rois, au premier étage, est constituée d’un cheminement piétonnier bordé de colonnes qui séparent chacune des 28 statues. Quatre sorties optiques placées sur des perches en saillie éclairent chaque roi avec un réglage spécifique. Les huit générateurs équipés de lampes aux iodures métalliques 50 W sont placés dans la partie circulable, derrière les rois. La statue de la Vierge et les deux archanges sont éclairés ponctuellement par des sorties de fibre optique, selon le même principe que la galerie des Rois. Des projecteurs équipés de lampes aux iodures métalliques mettent en lumière les ogives en arrière-plan. La balustrade bénéficie d’un éclairage linéaire en fibre optique : des tubes de 6 à 7 cm de diamètre sont munis d’embouts (sorties de fibres) à intervalles réguliers qui éclairent les arcades.

La galerie ajourée, juste au-dessus, abrite des colonnades qu’il fallait mettre en lumière sans les écraser. En fait, le mur du fond bénéficie de l’éclairage général de l’ensemble de la façade mais ce dernier était insuffisant pour la mise en valeur des colonnes. La solution a consisté à placer, à la base, des projecteurs extra-plats qui soulignent chaque colonne et toutes les petites modénatures qui se trouvent en partie supérieure, en neutralisant la lumière qui accentuait la corniche. Le projecteur a été adapté à ce projet. Il est muni de filtres qui réduisent la puissance et corrigent la couleur afin d’obtenir une plus grande homogénéité de température couleur. En effet, les lampes utilisées sont toutes des iodures métalliques mais on a observé des variations de température de couleur d’une puissance à l’autre. « Des recherches sont actuellement en cours pour développer des verres correcteurs de couleur qui permettraient aussi de réduire la puissance de ces projecteurs », précise Michel Péret.

Les tours : tenir compte de l’accès au public

Le bas des tours, accessible au public, est protégé par des filets anti-suicides en inox, qui créent des perturbations de lumière, notamment pour les luminances. Comme pour l’étage de la Vierge, on a utilisé la combinaison fibre optique linéaire pour la balustrade et fibre ponctuelle pour les statues, avec les générateurs placés dans le clocher et des harnais de 10 m de longueur. Les ogives sont éclairées par des projecteurs disposés sur les filets anti-suicides (à 2 m de hauteur de la balustrade) pour limiter les perturbations dues à l’inox et les rendre hors de portée du public.

Le haut des tours a été traité par fibre optique. Bien que dix années se soient écoulées avant que ce projet ne se réalise – années au cours desquelles la cathédrale a été restaurée – les travaux relatifs à l’éclairage n’auront duré que 4 mois. Un délai très court compte tenu du fait que, pour des questions de sécurité, certaines zones n’étaient accessibles qu’en dehors des heures d’ouvertures au public, c’est-à-dire la nuit. À noter que trois nacelles de 80 m (unique en France), 60 m et 22 m ont été nécessaires pour installer certains projecteurs, en particulier au niveau des tours. L’éclairage de la ­façade sud est prévu pour 2004.

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