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Éclairage : des équipements différents selon le type de voie

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Éclairage : des équipements différents selon le type de voie

1. Éclairages direct et indirect sont parfois combinés en plaçantles sources à des hauteurs différentes sur le même candélabre. (Doc. Technilum.)

Les espaces extérieurs d’un lotissement, d’un hôpital ou d’un campus doivent suivre les ­règles de mise en œuvre dédiées à l’éclairage public : définir ce qu’il faut éclairer, choix d’un matériel performant et confortable dans le respect de l’environnement et des normes d’installation.

Dans un projet d’éclairage d’espaces extérieurs, l’identification de la voirie est primordiale. En effet, selon le type de voie, les paramètres photométriques à prendre en compte sont différents. Et le projet devra correspondre aux besoins de l’homme en mouvement, le long d’une circulation qui peut prendre différentes formes : piétonne, piste cyclable, chaussée roulante et parking… L’éclairage doit favoriser le déplacement nocturne, et/ou l’arrêt à certains points précis de ce cheminement. Il conduira à des choix d’équipements spécifiques (luminaires et supports) et à des modes d’éclairage adaptés (direct, indirect, diffus, etc.).

Les hôpitaux ou campus – sans avoir tout à fait les mêmes exigences qu’un centre-ville en matière d’éclairage – présentent des besoins similaires lorsqu’il s’agit d’éclairer les voies de circulation automobile. L’objectif est d’apporter aux automobilistes une bonne perception visuelle afin de circuler en toute sécurité sur le site et en s’y repérant facilement. L’éclairage de la chaussée, essentiellement direct, est réalisé par des candélabres indépendants ou par des luminaires fixés en console sur les façades longeant la circulation.

Les niveaux d’éclairement ­recommandés sur ces voies sont de l’ordre de 25 lux et la luminance de 1 cd/m2, l’essentiel étant de respecter une bonne uniformité sur toute la longueur de la voie. Pour ce faire, la hauteur de feu (distance du luminaire au sol) ne doit pas être supérieure à la largeur de la zone à éclairer (chaussée et trottoir) pour une implantation unilatérale ou à la moitié de la largeur pour une implantation bilatérale. Elle varie de 7 à 10 m pour les voies de circulation automobile. L’espacement entre les luminaires doit être égal à environ 3,5 fois la hauteur de feu. Par exemple, pour une chaussée de 7 m de largeur sans trottoirs, la hauteur de feu sera de 6 m et l’espacement entre les candélabres de 21 m.

Un plus grand choix d’ambiances pour les voies piétonnes

Les gammes de candélabres ­offrent des formes de luminaires et des couleurs très variées, faisant souvent partie d’une ligne de mobilier urbain ­propre à une ville ou à un quartier. Les mâts sont en bois, béton, composite, en acier ou en aluminium (seules ces deux dernières catégories sont soumises au marquage CE).

Les lampes utilisées sont ­principalement les sodium ­haute pression, les iodures métalliques, les fluocompactes et les lampes à induction, recommandées pour leur bonne efficacité ­énergétique.

Les trottoirs, lorsqu’ils ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’éclairage de la chaussée, peuvent bénéficier d’un éclairage particulier. Et ce notamment s’ils sont très larges ou plantés d’arbres qui risquent de faire écran à la chaussée. Dans ce cas, on trouve des candélabres de 3,50 à 5 m, implantés sur le trottoir, ou des luminaires sur consoles sur les façades. Une autre possibilité est de fixer des luminaires sur les candélabres de la chaussée à une hauteur de 4,50 m. L’éclairage peut être ­direct, indirect ou direct/indirect selon l’ambiance recherchée. Les lampes mises en œuvre sont les mêmes que pour l’éclairage de chaussée, avec des puissances plus faibles.

Les rues entièrement piétonnes sont généralement éclairées par des candélabres de faible hauteur ou par des luminaires sur consoles. Libérées des contraintes de la chaussée, ces voies ­bénéficient d’un plus grand choix d’ambiances, de tonalités de lumière, de design de luminaires, dans le respect d’un bon confort visuel (limite de l’éblouissement et des contrastes) pour l’usager.

Sécurité : éviter les boîtes de dérivation

Les cheminements piétons qui traversent un parc ou relient un bâtiment d’hôpital (ou de campus) à un autre, reçoivent soit des candélabres piétonniers, soit des bornes (hauteur inférieure à 1 m), ou encore des encastrés de sols. On y trouve également des projecteurs de sols qui mettent en valeur le végétal et ponctuent le parcours.

Des lampes fluocompactes, ­iodures métalliques de faible puissance et des Leds équipent le plus souvent ces luminaires.

Tous doivent être conformes à la norme EN 60 598. Ils sont caractérisés par leur classe électrique :classe I (masses reliées à la terre), classe II (isolation renforcée sans mise à la terre), classe III (alimentation très basse tension de sécurité).

Elles sont indiquées sur le corps de l’appareil. Par ailleurs, un système de classification donne leurs indices de protection (IP), suivis de deux chiffres. Le premier (de 1 à 6) indique le degré de protection contre la pénétration de corps solides et le second (de 1 à 8) le degré de protection contre la pénétration des corps liquides. En extérieur, les luminaires sont IP55. Le mode d’alimentation électrique et les conditions de distribution des points d’éclairage dépendent de la répartition des points ­lumineux, des contraintes de voirie et des possibilités de ­livraison d’énergie électrique sur le ­secteur.

Le raccordement au réseau de distribution publique à basse tension (le plus couramment utilisé) s’effectue à partir de l’armoire d’alimentation la plus proche ou du tableau général basse tension d’un bâtiment pour 2 ou 3 départs. L’armoire doit être équipée de ­disjoncteurs différentiels sur chaque départ : on compte un départ pour environ une quinzaine de points lumineux et 300 m maximum de distance.

Les câbles (type 3G ou 5G) 6 mm2 minimum, de réfé­rence 10 mm2, sont passés dans les fourreaux (ou conduits) à 0,60 m de profondeur sous les trottoirs et 0,80 m sous la chaussée.

Deux méthodes sont possibles pour la pénétration des câbles dans les candélabres :

– le passage en dérivations par l’intermédiaire de boîtes ­enterrées ;

– le passage en coupure ou « en boucle » sur le bornier situé dans le coffret du candélabre, qui évite le recours à de nombreuses boîtes de dérivation enterrées. Ce système est préférable au précédent car il limite les sources potentielles de pannes.

Optimiser les coûts d’exploitation

Un certain nombre de dispositifs de gradation et de régulation réduisent les coûts d’exploitation d’une installation : les régulateurs de tension et variateurs de tension et de puissance. Ils sont soit centralisés au niveau de l’armoire d’alimentation, soit installés au niveau des foyers ­lumineux. Les horloges commandent les allumages et extinctions à des heures ­déterminées.

Les interrupteurs crépusculaires (cellules) mesurent la quantité de lumière du jour et déclenchent l’éclairage à partir d’un seuil assigné. Moins sensibles aux dérives et aux salissures, les calculateurs astronomiques ­(radiosynchronisés) gèrent plus finement les périodes d’allumage. La commande ­centralisée, associée à un interrupteur ­crépusculaire, à une horloge, à un automate programmable ou à un simple contacteur, gère à distance un grand nombre de points. Ces systèmes, bien adaptés au projet, génèrent de 5 à 10 % d’économies.

Les systèmes de télésurveillance participent également aux économies. Ils consistent à transférer les informations entre un point de commande du réseau d’éclairage public et le gestionnaire, afin de connaître les dysfonctionnements en temps réel ou différé.

Notons enfin que les dispositifs de programmation de scénarios peuvent être mis en œuvre pour l’éclairage d’ambiance de ­façades, espaces verts, fontaines…. Ces éclairages, qui utilisent essentiellement des Leds, soulignent l’architecture et rythment de façon dynamique les circulations, en complément de l’éclairage fonctionnel.

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