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Éclairage de sécurité Priorité à l’impact sur l’environnement

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Éclairage de sécurité Priorité à l’impact sur l’environnement

Classés selon leur fonction et la catégorie d’établissement qu’ils équipent, les blocs autonomes d’éclairage de sécurité et les luminaires à source centralisée connaissent d’importantes évolutions liées aux enjeux environnementaux et au développement durable.

La réglementation française définit quatre grandes catégories de bâtiments en ce qui concerne l’éclairage de sécurité : les Établissements recevant du public (ERP), les bâtiments d’habitation, les locaux soumis au Code du travail (Établissements recevant des travailleurs) et les Immeubles de grande hauteur (IGH).

Ces bâtiments peuvent ou doivent, selon les impositions de la réglementation (cf. encadré), disposer d’au moins deux types d’éclairage : l’éclairage normal, alimenté par la source normale d’alimentation (réseau public) et l’éclairage de sécurité alimenté par une source particulière qui prend le relais en cas de coupure de l’alimentation normale. Cet éclairage de sécurité a pour rôle, en cas de panne ou d’alerte feu, de faciliter l’évacuation vers l’extérieur des personnes, vers des zones sécurisées pour les personnes à mobilité réduite et faciliter à contresens l’intervention des secours.

Cet éclairage remplit ainsi deux fonctions essentielles :

• assurer l’éclairage des cheminements, des sorties, des indications de balisage, des obstacles et des indications de changement de direction, afin de fluidifier l’évacuation des personnes ;

• réduire les risques de panique en assurant un éclairage d’ambiance de substitution (antipanique) lorsque l’éclairage normal s’éteint.

Licence et certification

Dans les deux cas, l’éclairage de sécurité peut être assuré, soit à partir de blocs autonomes, soit à partir d’une source centralisée constituée d’une batterie d’accumulateurs alimentant des luminaires.

On distingue plusieurs familles de produits qui comprennent les Blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES) et les Luminaires à source centrale (LSC) – les deux familles en versions « évacuation » et « ambiance » – auxquelles il faut ajouter les BAEH (pour l’habitation) et les blocs pour locaux à sommeil (BAES  BAEH, appelés aussi «bifonction »).

Outre le numéro de licence qui assure qu’ils ont été certifiés conformes par le LCIE (Laboratoire central des industries électriques), ils peuvent porter différentes marques de certification ou labels qui permettent de garantir leurs conformités aux normes.

La marque de qualité NF AEAS (Appareils électriques autonomes de sécurité) a été imposée par la réglementation après le tragique incendie, survenu en 1970 dans la discothèque le « 5/7 » à Saint-Laurent-du-Pont (38), ayant entraîné la mort de 146 personnes qui n’avaient pu trouver les issues de secours, inopérantes ou mal identifiées. La marque donne l’assurance d’utiliser des produits sûrs et fiables et garantit leur conformité aux exigences des normes françaises appelées dans la réglementation.

Contrairement aux marquages CE autodéclaratifs, NF AEAS est une marque de certification tierce partie. Les prescriptions formulées dans le référentiel de certification s’appliquent aux produits, ainsi qu’à leurs sites de fabrication et sont régulièrement contrôlées par un organisme impartial et indépendant, attestant d’un niveau constant de performance et de qualité. Cette réglementation a été le point de départ du développement des blocs autonomes.

En 2005, conscients des nouveaux enjeux environnementaux, les fabricants du Gisel (1) vont encore plus loin et participent, aux côtés des pouvoirs publics et de l’Ademe, à la création d’une marque officielle NF Environnement (cf. encadré p. 100), afin de qualifierles performances environnementales de leurs produits.

Contrôle automatique de l’installation

Toujours dans le souci d’accompagner les maîtres d’ouvrage dans le respect de la réglementation, les industriels français mettent en œuvre, en 1985, des systèmes de contrôle automatique. En effet, les responsables d’établissement ont l’obligation de s’assurer régulièrement du bon état de fonctionnement de leur système d’éclairage de sécurité. Ainsi, est lancé le Système automatique de test intégré (Sati), décrit dans la norme NF C 71-820, qui permet d’effectuer automatiquement le contrôle des BAES, réduisant fortement le temps consacré aux contrôles demandés.

Citons Cooper Safety qui vient récemment de développer avec Siemens, le « Guidage dynamique d’évacuation », dispositif qui permet, lors du déclenchement d’une détection automatique, de lancer, via la centrale incendie, une signalisation dynamique des voies d’évacuation. La prise en compte en temps réel de l’évolution de l’incendie permet de redéfinir le chemin le plus sûr, afin d’éviter l’envoi du public vers le feu.

De son côté, Legrand et Cesitel se sont associés pour proposer un service de télémaintenance des blocs de sécurité Éco2 qui prévient directement les équipes de maintenance sur téléphones mobiles du dysfonctionnement d’un bloc de sécurité.

C’est avec le bloc Uralux Super Sati qu’URA joue la carte de la maintenance automatique : équipé d’un flash lumineux (feu à éclats) le voyant clignote et avertit le chef d’établissement que la lampe de secours est hors-service. En plus de ce signal défaut lumineux, le bloc Super-Sati comporte une horloge interne, permettant de réaliser automatiquement, secteur présent, tous les tests réglementaires prévus. À ce jour, 70 % des produits commercialisés sont équipés de systèmes Sati, quel que soit le type de bloc autonome.

BAES d’évacuation :la fin des « boîtes à chaussures »

Dans les ERP, ces blocs ne doivent pas être espacés de plus de 15 m dans les couloirs ou dégagements. Ces dispositions concernent les locaux recevant 50 personnes ou plus et les locaux d’une superficie supérieure ou égale à 300 m², s’ils se trouvent au rez-de-chaussée ou en étage et 100 m², s’ils sont en sous-sol.

Dans les ERT, l’éclairage d’évacuation est obligatoire pour les établissements d’un effectif supérieur à 20 personnes, ou dans chaque local où les personnes se trouvent à plus de 30 m d’une issue permettant d’accéder à un dégagement commun, ou si le local ne débouche pas de plain-pied sur un dégagement commun équipé d’un éclairage d’évacuation.

Le BAES d’évacuation est constitué d’un luminaire équipé d’une ou plusieurs sources lumineuses de secours : lampe incandescente (de moins en moins), lampe fluorescente, led et doté d’un flux assigné d’au moins 45 lm avec une autonomie d’1 heure.

Il comprend également :

• une batterie (ou accus) nickel-cadmium étanche ou nickel-métal-hydrure ;

• un chargeur de batterie ;

• un dispositif de limitation de décharge de la batterie ;

• un dispositif de miseà l’état de repos ;

• un contrôle de la tension d’alimentation électronique ;

• une lampe témoin de charge de la batterie ;

• éventuellement, un dispositif électronique de contrôle automatique.

Généralement en polycarbonate, le BAES d’évacuation offre l’aspect du verre et la résistance du plastique et s’est affranchi de la forme traditionnelle « boîte à chaussures » pour venir s’installer en saillie, encastré ou en drapeau.

En quelques années, le BAES a vu son volume diminuer considérablement, grâce notamment à l’utilisation de led qui a permis de créer des produits compacts, ultraplats et discrets, respectant la réglementation tout en répondant aux demandes des architectes.

Ainsi, Kaufel a travaillé tant sur l’enveloppe que sur la technologie avec sa nouvelle gamme Brio Éco3 à led au design extra-plat (épaisseur de 33,8 cm seulement), dotée d’un pictogramme en deux parties avec agencement modulable et qui se décline dans toutes les familles de blocs, afin d’offrir une harmonie esthétique dans les différents espaces d’un même établissement.

Autre exemple, avec Legrand qui propose une gamme (Éco 1625) de blocs pour bâtiments existants. Des blocs muraux dont l’épaisseur est passée à 50 mm au lieu de 80 mm et dont les étiquettes autocollantes sont orientables dans toutes les directions.

Le fabricant AEES a mis l’accent sur le développement de produits plus économes, aux rendements énergétiques améliorés et à la durée de vie allongée (led). Il propose une télécommande intelligente « TelAstus Diag » qui donne une alerte immédiate en cas de défaut d’un bloc : si le test Sati a échoué sur un des blocs raccordés, la led rouge de défaut se met à clignoter ; la fonction de localisation « Diagnostic »permet de faire clignoter les veilleuses des blocs en défaut pour faciliter leur repérage.La télécommande permetd’interroger l’ensemble de l’installation pour vérifier à tout moment qu’aucun des blocs n’est en panne.

Ces évolutions technologiques et esthétiques ne devaientpas entraver l’installationdes blocs, aussi certains fabricants, notamment Schneider Electric, ont mis l’accent surla simplification du montageen limitant le nombre d’opérations à la mise en œuvredes produits (multiplespossibilités d’entrée de câbles, raccordement sur bornier facilité par un large espace de câblage, etc.).

Blocs d’ambiance : assurer un éclairage uniforme

Dans les ERP, l’éclairage d’ambiance doit être uniformément réparti sur la surface du local et basé sur un flux lumineux minimal de 5 lumens/m² de surface du local pendant la durée de fonctionnement.

Le rapport entre la distancemaximale séparant deux foyers lumineux voisins et leur hauteur au-dessus du sol doit être inférieur ou égal à 4. Ces dispositions concernent les locaux des ERP recevant jusqu’à 100 personnes au rez-de-chaussée ou en étage, ou 50 personnes s’ils sonten sous-sol.

Pour les ERT, dans chaque local de travail où l’effectif atteint 100 personnes avec une occupation supérieure à une personne par 10 m², l’installation doit assurer l’éclairage d’ambiance ou antipanique . Il doit en être de même de chacun des dégagements de ces locaux, lorsque la superficie de ces dégagements dépasse 50 m².

Les blocs autonomes utilisés en éclairage d’ambiance doivent assurer un flux lumineux uniforme. Ils sont équipés, soit de lampe fluorescente, soit de led. Le BAES d’ambiance s’installe le plus souvent au plafond en saillie ou encastré. De nombreux fabricants ont développé des blocs dans les mêmes gammes que les luminaires d’éclairage général, à l’instar de Sammode qui décline le Coulomb 100 qui reprend les mêmes caractéristiques d’enveloppe des appareils pour éclairage général, faisant le choix du tube fluorescent T5 pour son flux lumineux de 410 lm et sa faible consommation. Etap propose un bloc K9 à led avec un flux lumineux de 300 lm et un diffuseur HaloOptics qui absorbe moins de lumière et éclaire de manière uniforme. Quant à Behar Sécurité, son bloc à led BA340 est doté d’un flux lumineux de 340 lm et se décline en version étanche IP65 et possibilité IK10 avec l’ajout d’une grille de protection.

Particularité française : les BAES BAEH

Depuis la révision du règlement de sécurité (décret d’application du 6 février 2002), tous les établissements avec locaux à sommeil (maisons de retraite, hôtels, établissements scolaires avec dortoirs, colonies de vacances...) construits ou faisant l’objet d’une remise en conformité, doivent être équipés d’une source de remplacement (groupe électrogène) capable d’alimenter tout ou partie de l’éclairage normal, en cas de disparition générale du secteur.

En l’absence de source de remplacement, les « BAES évacuation » du bâtiment doivent être doublés par des Blocs autonomes d’éclairage habitation (BAEH) avec un flux assigné de 8 lumens pour une autonomie de cinq heures (arrêté du 31 janvier 1986 modifié relatif à la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation), ces appareils réalisent ainsi la fonction d’éclairage de remplacement. Les fabricants ont vu là l’opportunité de proposer des appareils « bifonction » qui cumulent des fonctions d’éclairage d’évacuation et d’éclairage de remplacement dans un seul appareil, permettant aux exploitants de limiter le nombre de blocs. Ainsi, Cooper à travers sa marque Luminox, a développé Planète Jour. Cet appareil à led est équipé d’une étiquette de balisage éclairée lors du déclenchement du processus d’alarme incendie et d’une source lumineuse de remplacement qui fournit un éclairement minimum lors d’une absence secteur.

Chez Legrand, c’est le bloc 62560 qui assure les deux fonctions évacuation. Lorsque le secteur est présent, les led veilleuses sont actives. En cas de secteur coupé, le BAEH intervient en secours avec les led d’éclairage. Le déclenchement de l’alarme incendie active le BAES en secours.

En parallèle, le fabricant propose une télécommande universelle (039 00), avec automatisme incorporé pour locaux à sommeil, qui permet de câbler tous les blocs de sécurité, BAES 625 25 et BAES  BAEH 625 60 sur une même ligne de télécommande. L’ensemble des blocs, secteur absent, est mis au repos et le déclenchement de l’alarme incendie est signalé par led rouge.

Quant à Ura, les blocs Uralife et Uraproof offrent la possibilité de réutiliser les points de fixation des anciennes gammes, afin de simplifier le montage en rénovation. Les blocs Uralife sont équipés d’une préplaque commune à tous les modèles. Les bornes de couleurs différentes à connexion automatique et la ligne de télécommande non-polarisée (pas de sens de câblage) réduisent également le temps d’installation des blocs.

Luminaires à source centrale (LSC)

Les LSC sont alimentés par une source centralisée constituée d’une batterie d’accumulateurs. La tension d’alimentation des luminaires doit être compatible avec la tension de sortie de la source centrale et la liaison à la source centrale est assurée par du câble antifeu CR1.

Une source centralisée est constituée principalement d’une alimentation, d’un chargeur de batterie, d’une batterie d’accumulateurs Ni-Cd ou plomb, d’un onduleur ou d’un convertisseur.

Comme pour les BAES, les LSC existent en version « évacuation » et en version « ambiance ».

Les luminaires d’évacuation sont alimentés à l’état de veille par la source « normal/remplacement » et à l’état de fonctionnement par la source de sécurité, les lampes étant connectées en permanence à cette dernière. Le flux lumineux doit être au minimum de 45 lm en état de fonctionnement.

En LSC évacuation, AEES a choisi la faible consommation avec sa gamme Fluobat équipée de led qui ne consomment que 0,6 W en mode veille et dont la durée de vie évite le « relamping ». Led également chez Behar Sécurité qui propose une gamme offrant seize possibilités de positionnement de pictogrammes avec sa gamme CSP qui se décline en version IP42 ou IP65 (étanche).

En éclairage d’ambiance, les luminaires peuvent être éteints à l’état de veille et sont alimentés par la source de sécurité à l’état de fonctionnement, tout en assurant un flux lumineuxde 5 lm/m².

Tableaux : Principaux fabricants des baes évacuation - flux lumineux assigné : 45 lumens, autonomie 1 h, Principaux fabricants de baes ambiance, Principaux fabricants de baes-baeh (bifonction) - flux lumineux assigné : 45 lumens 1 h 8 lumens 5 h, Principaux fabricants de luminaires pour source centrale (lsc) évacuation - flux lumineux assigné 45 lumens, Principaux fabricants de luminaires pour source centrale (lsc) ambiance

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