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Du béton isolant structure un ensemble de logements

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Du béton isolant structure un ensemble de logements

Conjuguant performances thermiques et structurelles, le béton de nouvelle génération Thermedia 0.6 de Lafarge a été choisi pour l’enveloppe d’un immeuble dont les façades en porte-à-faux rendaient problématique la pose de rupteurs de ponts thermiques.

dans le cadre d’un chantier de rénovation urbaine situé à Avrillé, en périphérie d’Angers (49), trois bâtiments de logements collectifs en R 3 sont en cours de construction. Initialement, le projet avait été envisagé de manière traditionnelle, avec un système constructif en béton banché classique, une isolation thermique par l’intérieur et des rupteurs de pont thermique sur les linéaires voiles/voiles et voiles/planchers pour répondre à la RT 2005.

Cette solution classique s’est cependant révélée inadaptée pour l’un des trois bâtiments, du fait de ses façades en porte-à-faux dès le premier étage. Le ferraillage très important, nécessaire à la réalisation de ces porte-à-faux - 100 tonnes d’acier - présageait une pose des rupteurs longue et compliquée. Devant ces futures difficultés, l’entreprise Bonnel en charge du gros œuvre a proposé aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage d’avoir recours au béton isolant Thermedia 0.6. Développé dans le cadre d’un partenariat entre Lafarge et Bouygues Construction - qui en a détenu l’exclusivité d’utilisation pendant deux ans - le Thermedia 0.6 est un béton thermique et structurel spécialement destiné aux applications en voile de façade.

Façade ITI sans rupteurs thermiques

Sa formulation à base de billes expansées d’argile, ponce et schiste, lui confère une faible densité (1,4 t/m 3 contre 2,4 t/m 3 pour un béton courant) et divise sa conductivité thermique par trois par rapport à un béton standard (coefficient de conductivité thermique ? de 0,54 W/m.k). Il n’en conserve pas moins une résistance mécanique honorable de 25 MPa. Permettant de répondre aux contraintes du projet, cette solution a été validée par le BET AB Ingénierie en août 2011, alors que le Thermedia 0.6 était tout juste commercialisé et que le chantier était sur le point de démarrer. Arrivé in extremis, ce matériau aura finalement permis de supprimer tous les rupteurs de ponts thermiques hormis ceux des balcons. Seuls quelques ajustements mineurs auront été nécessaires afin de répondre correctement à la réglementation thermique. En effet, alors que les rupteurs de pont thermique présentent un coefficient de transmission linéaire ? de 0,28 W/m.k, le béton Thermedia 0.6 affiche un ? de 0,6 W/m.k. Pour compenser cette différence, la porte d’entrée du bâtiment prévue initialement avec une résistance thermique de 4,8 m².K/W et un simple vitrage, a été remplacée par une porte au R de 5,8 m².K/W.

Gain de temps sur chantier

Cette simple modification a permis de corriger l’écart de déperdition thermique générée par le changement et de retrouver le Ubat original, inférieur de 20 % à l’Ubat de référence (0,644 W/m².K), les logements étant conçus pour correspondre à la norme THPE.
Le système d’isolation par l’intérieur prévu à l’origine n’a donc pas eu besoin d’être modifié. Ainsi, le voile de béton de 18 cm d’épaisseur est doublé d’un complexe 10 1 (10 cm de PSE sous une plaque de plâtre) au R de 4,8 m².K/W.
En revanche, l’utilisation du Thermedia 0.6 a eu un impact non-négligeable sur le déroulement du chantier, puisqu’il a apporté gain de temps et gain de productivité. S’il est innovant par ses performances thermiques, il n’en reste pas moins un béton fluide prêt à l’emploi, à mise en œuvre traditionnelle. Le fait de remplacer les rupteurs thermiques par ce béton aura fait gagner une cinquantaine d’heures de travail par plancher, soit environ 200 heures sur le temps total de chantier. Un intérêt indéniable pour les modes constructifs à isolation thermique par l’intérieur, qui représentent aujourd’hui 90% des logements collectifs construits en France. Autre avantage, son faible poids, qui permet la réalisation de façades légères, et donc la réduction des dimensions des fondations et armatures. N’ayant pu être mis à profit à Avrillé à cause de l’élection tardive de la solution, cet aspect sera à prendre en compte pour de prochains chantiers.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°315

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