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Du bâti-support à la banquette technique

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Du bâti-support à la banquette technique

EsthétiqueUn bâti-support sanitaire qui permet l’installation d’appareils suspendus : plus esthétique, sol libéré, entretien simplifié, nuisances acoustiques supprimées... (Doc. Grohe.)

Large famille de produits qui concerne tous les équipements sanitaires, les bâti-supports sont des équipements indispensables dans les aménagements de pièces d’eau pour Personnes à mobilité réduite.

Encastré, le bâti-support dissimule tout système d’accrochage d’un appareil sanitaire. S’il supporte un bidet, un lavabo, une cuvette de WC, l’appareil est suspendu et libère le sol. Plus esthétique, sa présence supprime les nids à poussières. S’il s’agit d’un bâti-support pour WC, l’encastrement du réservoir atténue fortement le bruit de fonctionnement de la chasse d’eau. Par nature, les bâti-supports multiplient les solutions d’aménagement. Les solutions autoportantes n’ont pas besoin d’un mur en appui. Certains bâti-supports autoportants permettent d’utiliser leurs deux faces et d’installer un lavabo d’un côté, un bidet de l’autre, par exemple. Connus de longue date, les bâti-supports classiques pour WC sont soumis à deux normes complémentaires, selon qu’ils contiennent ou non un réservoir de chasse.

Ainsi, le bâti-support proprement dit est soumis à la norme NF expérimentale « NF XP D12-208 fév. 2001 Appareils sanitaires - Bâti-supports ». Sa disposition la plus contraignante est une exigence de résistance mécanique : le bâti-support doit résister à une charge statique de 400 kg durant trente minutes et présenter une déformation inférieure à 5 mm. Ce qui assure la bonne tenue du bâti-support, lorsqu’un utilisateur s’assied sur l’extrémité de la cuvette de WC.
Si le bâti-support contient un réservoir de chasse, l’ensemble réservoir robinet à flotteur, indépendamment du bâti- support, est soumis à la norme NF EN « D12-203 fév. 1994 Appareils sanitaires - Réservoirs de chasse pour cuvette de WC », pour laquelle il existe un marquage NF. En pratique, nous n’avons pas rencontré au cours de notre enquête, de produit vendu sur le marché français qui ne réponde pas aux exigences de ces deux normes. Les bâti-supports pour WC distribués en France sont donc globalement de bonne qualité fonctionnelle.

Un encombrement minimal de 8 cm de profondeur

En terme d’installation, les bâti-supports offrent plusieurs possibilités :
• en applique contre un mur porteur et posé sur un sol porteur ;
• en banquette autoportante, ou posé contre un mur non-porteur et sur un sol porteur ;
• en angle selon l’un ou les deux modes de pose ci-dessus ;
• en cloison sur ossature métallique ;
• en gaine technique.
Ils sont enfin conçus pour être posés directement sur la dalle porteuse avant coulage de la chape ou bien sur la chape. Le premier mode est la règle en immobilier de bureaux, le deuxième est plus courant en hôtellerie, restauration, cafés et logements.
Autre critère de choix et de différenciation : l’espace d’installation disponible. Pour s’adapter à autant de configurations de chantier que possible, les constructeurs proposent plusieurs hauteurs et plusieurs épaisseurs de bâti-supports pour WC. Le record de la plus faible profondeur d’installation nécessaire semble être détenu par les modèles Fix Pratika de l’allemand Kariba et Inéo extraplat de Nicoll (ex-SAS), qui se contentent de 8 cm de profondeur, réservoir compris.
Quant aux hauteurs, elles sont fixes ou réglables, de 99 à 122,5 cm pour le Tempofix WC avec réservoir de Delabie, par exemple. Les hauteurs fixes appartiennent à deux familles distinctes : celle des bâti- supports hauts de 120 à 150 cm, destinés à des installations classiques et celle des appareils « bas » de 50 à 110-115 cm pour des installations en combles sous pan de toiture ou devant une fenêtre, par exemple. Le bâti-support universel autoportant de Clara affiche seulement 50,6 cm de hauteur.

Un ensemble complexe

La hauteur de fixation de la cuvette par rapport au sol fini peut être fixe, 35 à 40 cm en général, réglable avant la fermeture du coffre, réglable après fermeture ou même mobile, mais ce dernier cas relève des aménagements PMR.
Au-delà de ces différences de formes et de modes d’installation, pour différencier leurs produits entre eux, les fabricants se battent sur le prix pour les modèles d’entrée de gamme, (premiers prix aux alentours de 150 € HT.), sur l’intérêt et l’étendue des systèmes techniques et esthétiques proposés en moyen et haut de gamme. En effet, un bâti-support n’est jamais mis en œuvre seul, il fait toujours partie d’un système. Il faut tout d’abord un réservoir de chasse ou une chasse collective en tertiaire. Le réservoir de chasse peut être à simple débit ou bien à double débit pour favoriser les économies d’eau. Les doubles débits sont fixes, 3 l et 6 l, par exemple, ou bien réglables : de 3 à 4,5 l pour le petit débit, de 6 à 9 l pour le grand débit. Ce réglage doit être effectué lors de l’installation. La plupart des fabricants proposent divers réservoirs.
Ensuite, la commande du réservoir de chasse est montée en façade, en tablette ou déportée. Elle peut être avec contact ou sans contact. Les solutions sans contacts - infrarouge ou radio - ne sont plus réservées aux installations tertiaires, mais font leur entrée dans l’univers domestique. Elles requièrent naturellement une alimentation électrique, en général sur secteur. Même si pour les commandes radio, il existe des alimentations par pile, dont l’autonomie assure un an de fonctionnement environ. Mais surtout, comme la commande est le seul élément visible, les constructeurs multiplient les finitions esthétiques des plaques de commande. Les fabricants allemands, notamment Geberit, Grohe, Tece et Viega, proposent chacun plusieurs centaines de solutions de finition, en combinant formes, matières et couleurs. Ils recherchent et obtiennent des prix de design - Design Plus ou Reddot - pour leurs plaques de commandes. Les autres se contentent d’une petite centaine de finitions différentes. Certains fabricants mettent en avant la facilité de maintenance et ont mis au point des solutions d’accès aux éléments techniques, notamment les réservoirs de chasse et leur mécanisme. L’habillage du bâti-support est en général laissé à l’initiative de l’installateur.
Mais des fabricants proposent des solutions esthétiques et acoustiques à la fois. Le bâti-support Intramuros de Wirquin est proposé avec une façade à peindre, à carreler, à tapisser, finie en blanc ou en « déco Bornéo ». Pour son bâti-support Verso 350, Siamp a développé l’option « meuble d’habillage » ou plaques Décofast. Fin du fin, plusieurs fabricants proposent une solution « élimination des mauvaises odeurs ». Il s’agit d’un système d’aspiration reliant la cuvette à la VMC, ou à extracteur d’air dédié. Les fabricants ne fournissent pas l’extracteur, mais l’ensemble des canalisations rigides, puis souples, raccordant la cuvette à l’extracteur. Si l’installateur opte pour la solution de raccordement à la VMC, l’extraction fonctionne en permanence, sauf si un volet de fermeture est asservi à l’éclairage dans le cas d’une WC sans fenêtre ou à une détection de présence. Il ne faut pas oublier la pose d’un filtre entre la VMC et la cuvette de WC, et l’installation de VMC doit être dimensionnée en tenant compte de cette perte de charge supplémentaire. La solution extracteur dédié suppose un moyen de déclenchement : asservissement à l’éclairage ou détection de présence. Cet extracteur ne doit pas être relié à la VMC, mais directement à l’extérieur ou à une gaine dédiée et étanche : la pression qu’il apporte pourrait s’opposer efficacement à l’extraction de l’air dans les gaines de VMC jusqu’à renverser le sens de leur flux et transformer la suppression des odeurs en diffusion des odeurs.

Des bâti-supports pour tous les appareils

Au-delà des bâti-supports pour WC, il en existe pour lavabos, urinoirs, douches, vidoirs, bidets, etc.
S’ils servent à suspendre un appareil, ils sont eux aussi soumis à la norme NF expérimentale « NF XP D12-208 fév. 2001 Appareils sanitaires - Bâti-supports ». Elle fixe des valeurs de résistance statique de 150 kg pour les urinoirs, les lavabos, vidoirs, et de 400 kg pour les bidets.
Le bâti-support pour bidet ressemble beaucoup à celui destiné aux WC, dont il est directement dérivé.
Le bâti-support lavabo est très simplifié, avec des hauteurs comprises entre 115 et 140 cm. Il présente en général deux raccords pour robinet d’arrêt muraux. Ils recevront les flexibles d’alimentation de la robinetterie du lavabo. Ce qui permet éventuellement d’isoler le lavabo pour le démonter sans devoir couper l’eau dans tout le logement.
Les bâti-supports urinoirs affichent des hauteurs comprises entre 115 et 140 cm. Il existe deux principales différenciations entre les bâti-supports urinoirs. Premièrement, certains modèles sont conçus pour une installation en stalles alignées sur un mur et offrent donc la possibilité de fixer les séparations entre stalles, directement aux bâti-supports. Deuxièmement, le mécanisme de commande proposé peut être manuel, avec ou sans contact. Dans tous les cas, le bâti- support est fourni avec la triple liaison entre la commande, le robinet de chasse et la vasque de l’urinoir. S’il s’agit d’un déclenchement sans contact, le bâti-support prévoit l’alimentation électrique nécessaire, soit par raccordement au secteur, soit par piles. Les piles sont le plus souvent accessibles par démontage de la plaque de commande et assurent une année d’autonomie environ.
Les bâti-supports pour douche facilitent l’alimentation encastrée des douches multijet avec leurs douchettes multiples, douchette à main, douche de tête, leurs robinetteries et inverseurs. Geberit va plus loin et propose un bâti-support incluant l’évacuation au pied du mur, affleurant le sol, pour une douche à l’italienne. Conçue de manière à apporter une flexibilité de conception et d’installation pour les douches de plain-pied, cette évacuation murale de Geberit est une solution technique intégrée inédite. Le bâti-support et son écoulement sont intégrés au mur. Ce qui préserve l’esthétique du sol de la douche, puisque l’évacuation ne nécessite pas de réservation dans la zone de douche elle-même, mais au pied du mur. Cela rend aussi la douche à l’italienne compatible avec un chauffage basse température.
Par ailleurs, une douche à l’italienne règle de nombreux problèmes d’accessibilité : absence de receveur de douche, de cabine étroite, etc. Geberit propose trois bâti-supports pour douche avec évacuation encastrée : pour robinetterie encastrée, robinetterie apparente et robinetterie déportée.

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N°312

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