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DTU 26-2 : prise en compte des produits performanciels et industriels

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DTU 26-2 : prise en compte des produits performanciels et industriels

jean-paul balcon, ingénieur à la direction des techniques et des méthodes de Socotec.

Le DTU 26-2 « Chapes et dalles à base de liant hydraulique » devait être actualisé. Sa transformation en norme (en 1993) n’avait rien changé dans ses prescriptions, à l’exception de l’application sur sous-couche.

Le nouveau texte du DTU, publié en avril 2008, tient compte de la nouveauté de l’art en la matière. Jean-Paul Balcon en indique les principaux changements.

CTB : Quel est le champ d’application de ce document ?

J-P.B. : Comme dans le texte ancien, le DTU 26-2 ne vise que les travaux intérieurs. À ce titre, il exclut les balcons dont la mise en pente ultérieure reste problématique (tenue aux chocs thermiques). Le cœur du champ d’application couvre les locaux à faibles sollicitations comme l’habitat et les bureaux. Le DTU vise également, avec des restrictions, l’usage en locaux à sollicitations modérées comme des galeries commerciales. Pour les locaux à fortes sollicitations, il ne traite que des cuisines collectives en se limitant au seul cas de la mise en pente adhérente sur dallage.

CTB : Quelles sont les principales actualisations du DTU 26-2 ?

J-P.B. : Les nouveautés portent sur deux points importants dans la partie consacrée au mortier de chape et dans les obligations liées à la rédaction des DPM (Documents particuliers du marché). Pour le premier, le DTU prend en compte désormais les chapes performancielles, pour le second, il alerte sur les prescriptions indispensables à la réalisation d’un ouvrage (revêtement de sol associé, définition des sous-couches, nécessité ou non d’un ravoirage…).

CTB : La partie 1 des matériaux connaît une véritable actualisation.

J-P.B. : En effet, alors que l’ancien texte ne faisait référence qu’au mortier de chape fabriqué in situ, le nouveau DTU traite des chapes performancielles qui relèvent de la norme NF EN 13-813 et sont caractérisées en compression et flexion.

Ainsi, une classe de performance C16/F3 identifie une chape de base supportant 16 MPa en compression et 3 MPa en flexion. Il s’agit des produits dits « prêts à l’emploi », issus des centrales voire de silos, ou livrés en sac et dont le fabricant garantit la performance. Les dalles de béton prêtes à l’emploi, quant à elles, relèvent de la norme EN 206-1. Pour les chapes performancielles, la nouvelle donne va surtout concerner les chapes fluides base ciment ou base sulfate de calcium qui ne sont pas visées dans le présent DTU.

CTB : Le cahier des clauses techniques est également fortement concerné ?

J-P.B. : En effet, le paragraphe 5 qui traite des « données essentielles » doit faire l’objet d’une attention toute particulière de la part des concepteurs. Il y est notamment spécifié qu’il « appartient aux documents particuliers du marché (DPM) de fournir tous les éléments nécessaires à la bonne réalisation de l’ouvrage ».

Dans ce cas précis, l’ouvrage intègre d’autres éléments comme les sous-couches ou les revêtements de surface. Dans les locaux à faibles sollicitations, l’exigence pour la cohésion de surface notée dans la partie Critères généraux de choix des matériaux est de 0,5 Mpa pour les chapes mortier et 0,8 Mpa pour les dalles béton. Dans chaque DTU de revêtement de sol, sont indiquées les cohésions minimales pour le support. Une borne supérieure à 0,5 Mpa peut être notée (par exemple, les revêtements de sol résine et les parquets collés).

Pour les cohésions de surface exigées dans les DTU des revêtements de sols et allant au-delà des exigences définies dans le présent DTU, les DPM doivent être explicites sur ce point et le chapiste doit d’abord en avoir connaissance puis s’engager, en amont de la réalisation, sur les contraintes exigées. Rappelons qu’il n’existe aucune solution technique pour donner de la cohésion à un support qui n’en a pas.

CTB : Pouvez-vous nous citer d’autres exemples concernés par le § 5 – données essentielles ?

J-P.B. : Nous pouvons citer la nécessité de préciser la hauteur nécessaire en tenant compte de tous les paramètres (épaisseur des ravoirages, sous-couche, chape ou dalle et revêtement) ; celle de donner une définition exacte de la sous-couche à mettre en œuvre, la mention de l’exigence d’un pare-vapeur sous la chape ou dalle ou de la création, si nécessaire, d’un lot ravoirage.

L’exigence d’un ravoirage pour une mise à niveau en cas de canalisations sur le support béton n’est pas nouvelle. Elle est clairement indiquée dans le DTU 26.2/52.1 Partie commune au DTU 26.2 et au DTU 52.1 « Mise en œuvre de sous-couches isolantes sous chape ou dalles flottantes et sous carrelage ». Mettre en œuvre une chape ou dalle ou d’ailleurs une chape fluide en épaisseur constante et sans point dur est une règle de l’art élémentaire.

CTB : Quelles sont les autres nouveautés de ce DTU 26-2 ?

J-P.B. : Plus réaliste que l’ancien, le nouveau texte indique des épaisseurs minimales d’ouvrages : 3 cm pour les chapes (au lieu de 1 cm !) et 5 cm pour les dalles.

Les épaisseurs sur sous-couches isolantes, déjà actualisées dans l’amendement de 2003, sont restées identiques. En revanche, le DTU précise l’épaisseur à prendre en compte sur couche de désolidarisation (par exemple une feuille de polyéthylène) ou sur ravoirage (par exemple, un mortier maigre).

CTB : Peut-on relever des restrictions ?

J-P.B. : Quelques-unes comme la pose adhérente sur plancher dont la prescription en chantier neuf – attendre 6 mois avant toute autre intervention – rend l’application quasi impossible. Le DTU impose, de fait pour l’application sur plancher la pose flottante ou désolidarisée.

De la même façon, le choix d’un sol en résine impose quasiment la dalle plutôt que la chape. C’est en effet la seule solution réaliste pour être sûr d’obtenir la cohésion de surface demandée dans le DTU des revêtements de sol résine.

CTB : Reste le cas des cuisines collectives ?

J-P.B. : Le cas des cuisines collectives est à part car c’est un sol industriel et le dossier spécifique à construire est très lourd. Les données doivent être complètes : choix d’une famille de revêtements de sol, altimétrie, plan de pente, étanchéité, définition et position des siphons, des caniveaux et des socles, choix et position des cloisons, raccordement aux doublages et cloisons… Le DTU n’est précis que pour la « petite » partie concernant la réalisation d’une forme adhérente sur dallage armé.

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