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Douches de plain-pied : un guide pratique

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Douches de plain-pied : un guide pratique

Attendu depuis 2010, un document donne les indications précises pour la mise en œuvre des douches de plain-pied, appelées aussi « à l’italienne ».

Conséquence de la Loi sur l’accessibilité de 2005, l’obligation de créer ou de prévoir la possibilité de créer une installation de douche accessible, a débouché sur la rédaction de documents permettant de résoudre des contraintes de plomberie, d’étanchéité, d’acoustique ou encore de glissance des sols. Le dernier en date est le Guide de conception et de mise en œuvre de douches de plain-pied commenté par Jean-Marc Dautin, ingénieur spécialiste Acoustique et vibration à la direction des Techniques et des méthodes de Socotec.

CTB : Quelle est la genèse de ce Guide ?

J-M.D. : Réglementairement, depuis le 1 er janvier 2010, il y a obligation de prévoir dans les logements neufs la possibilité de disposer d’une douche accessible aux personnes à mobilité réduite, soit dès la livraison, soit ultérieurement par un aménagement ne nécessitant pas d’intervention sur le gros œuvre. Cette obligation issue de la loi de 2005 a posé, dès sa publication, des problèmes techniques complexes relevant de plusieurs disciplines. Quelques éléments de réflexion et des principes de solution avaient été proposés dans un premier document réalisé par le Cstb à la demande de la DGHUC diffusé fin 2009, mais certains dispositifs envisagés ne donnaient pas de réponses satisfaisantes à toutes les exigences.

Ce nouveau Guide, établi à la demande de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP), titré « Mise en œuvre d’une douche de plain-pied dans les salles d’eau à usage individuel en travaux neufs », était d’ailleurs annoncé dès la publication du premier. Il a été rédigé par un groupe de travail rassemblant des représentants de toutes les catégories professionnelles animé par le Cstb et est exclusivement consacré à la mise en œuvre de la douche proprement dite, sachant qu’un autre groupe travaille sur l’aspect accessibilité. La version finale de ce guide datée du 23 novembre 2011 est parue en janvier 2012.

CTB : Sous quelle forme se présente-t-il ?

J-M.D. : Beaucoup plus complet que le premier, ce document est un outil très pratique, proposant des solutions présentées sous forme de schémas et énonçant des exigences relatives à la mise en œuvre et aux caractéristiques des matériaux exigés.

Évidemment, certaines des solutions proposées ne sont pas forcément applicables dans tous les locaux. Par exemple, celle proposant une évacuation du siphon par une canalisation placée sous la dalle de plancher (c’est-à-dire dans le local situé juste en dessous de la salle d’eau), même si cette liaison se fait dans un encoffrement acoustique, elle ne sera pas envisageable dans des appartements, mais conviendra bien à des établissements collectifs ou semi-collectifs (comme les maisons médicalisées). L’évacuation encastrée dans la dalle est donc une solution privilégiée, mais elle impose un raccordement sur la chute placée en gaine technique, au niveau de l’étage inférieur.

CTB : Quelles sont les principales dispositions de ce Guide ?

J-M.D. : Elles relèvent pour l’essentiel de l’étanchéité et de l’acoustique. Mais il y a aussi des conséquences sur les équipements. Ainsi, pour une douche à l’italienne, lorsque le siphon n’est pas totalement intégré dans la chape, mais également dans la dalle, il devra être en deux parties non-solidaires, afin de ne pas liaisonner la chape et la dalle. En revanche, cas plus rare mais possible, quand le siphon est totalement intégré à la chape, cette obligation n’a plus lieu d’être. Il appartient aux fabricants d’adapter leur offre à cette nouvelle exigence.

D’autres indications relatives à l’étanchéité diffèrent selon que les projections de l’eau sont ou non contenues. La partition se fait un peu à l’image des zones définies pour l’électricité. On signalera également des exigences précises sur la glissance avec des indications pour les classes des matériaux de sol dans ce domaine.

CTB : La dimension acoustique est donc importante...

J-M.D. : Elle avait été insuffisamment précisée dans le premier document et a fait l’objet d’une grande attention avec réalisation d’essais en laboratoire. Les conséquences sont importantes. Par exemple, en cas de sol carrelé avec chape, la sous-couche acoustique qui doit être posée partout, sera obligatoirement certifiée CSTBat.

Par ailleurs, certains essais ont prouvé que le scellement des receveurs aboutissait à un niveau de bruit d’impact de l’eau nettement supérieur à ce qui est réglementairement admis. Les receveurs doivent donc être désolidarisés en périphérie et supportés par des plots sous lesquels doit être placé un patin résilient.
Un soin tout particulier doit être apporté aux jonctions. Point particulièrement délicat, la liaison entre un sol carrelé et les parois verticales, où il faut aussi assurer une parfaite continuité de l’étanchéité. On ne peut donc plus rabattre le relevé résilient périphérique placé entre la chape et la paroi verticale à la pose de la plinthe. Pour éviter la transmission solidienne entre sol et mur, ce relevé doit être interrompu, ainsi que le revêtement de carrelage (mais pas la couche d’étanchéité). Pour assurer la fermeture et la continuité de surface, tout en créant une rupture acoustique, il est prévu un joint souple sur fond de joint continu.

CTB : Un dispositif délicat à mettre en œuvre ?

J-M.D. : Sans doute, plusieurs préconisations de ce Guide devront alerter les entreprises qui auront à assurer un soin très particulier aux chantiers, qu’il s’agisse des chapes, receveurs à carreler ou receveurs à cuve ultraplate, de leurs liaisons ou autres obligations indispensables, afin d’obtenir les performances réglementaires.

C’est d’ailleurs dans cet esprit performanciel qu’il est rappelé qu’il est préférable de couler une chape, une fois les cloisons de distribution montées. Le non-respect de cette règle conduit à une dégradation de l’isolation au bruit d’impact entre logements et surtout à un inconfort à l’intérieur d’un même logement.
Enfin, lorsque l’installation n’est pas réalisée dès l’origine, il faut prévoir, lorsque l’évacuation du siphon est prévue encastrée dans le plancher, une réservation aux emplacements du siphon et de la canalisation d’évacuation par des blocs de polystyrène, puis un remplissage par du mortier maigre qu’on retirera facilement plus tard.

CTB : Peut-on envisager d’autres solutions ?

J-M.D. : Sans doute, telle l’utilisation de receveur à cuve ultraplate avec pompe de relevage intégrée qui résoudrait le problème de l’évacuation en dalle. Il existe aujourd’hui des systèmes utilisés à l’étranger, mais qui nécessitent alors des agréments, du fait même de la présence d’un appareil électrique à proximité du point d’eau.

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