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Double peau décorative pour la médiathèque de Tours

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Double peau décorative pour la médiathèque de Tours

Les architectes ont choisi une volumétrie à deux niveaux en courbe ayant « la légèreté, la souplesse, la fluidité et la modularité de la feuille de papier » et qui contraste avec son environnement.

Ce bâtiment HQE a été conçu pour réduire les dépenses énergétiques et optimiser le confort thermique. Une volonté concrétisée par son étonnante double peau sérigraphiée et incrustée.

La nouvelle médiathèque de Tours est une construction HQE de 1 480 m2, avec salles de lecture, de projection et multimédia. Elle a été réalisée pour un budget de 4 MJ par l’agence BFT, réunissant les architectes Sophie Berthelier, Philippe Fichet et Benoît Tribouillet. Double peau, toiture végétalisée, ventilation naturelle… tout a été mis en œuvre pour apporter du confort thermique à l’édifice, et en réduisant sa dépense énergétique comme le souhaitait la Ville de Tours, maître d’ouvrage. La mise en œuvre de façades courbes et des vitres extérieures sérigraphiées a permis de marier l’esthétique aux objectifs d’économies d’énergie.

Les façades de la médiathèque sont en effet légèrement incurvées, leur ligne galbée procurant une cinétique à l’ouvrage construit sur deux niveaux. La double peau de l’enveloppe, portant des panneaux vitrés sérigraphiés, a été aménagée sur trois faces. L’adoption de cette double peau offre plusieurs avantages dont la suppression des effets du vent et l’isolation acoustique. Les panneaux font garde-corps sur les terrasses intermédiaires, avec un caillebotis intermédiaire permettant le nettoyage. La toiture est végétalisée, et les débords sur les terrasses servent aussi pour la sécurité. Entre les deux peaux, court un chemin d’entretien des façades. Seule la face ouest des bureaux est opaque avec des panneaux zinc alternés avec des ouvrants à l’italienne dont la protection solaire est assurée par des stores extérieurs.

Une opacité contrôlée par des copeaux de cuivre

Les flancs de la médiathèque sont composés de parois translucides incrustées de copeaux de bronze doré, récupérés chez un ferrailleur. L’agence BFT avait déjà travaillé avec un artisan sur une réalisation en Pmma (polyméthacrylate de méthyle), ce thermoplastique transparent étant utilisé pour remplacer le verre. « Nous avons déjà employé ce matériau dont la principale difficulté est de gérer la dilatation, souligne l’architecte Sophie Berthelier. Toutefois, c’est la première fois que nous faisons produire en série les panneaux. » Pour industrialiser le procédé, ils se sont adressés à Dacryl qui fabrique du verre acrylique haut de gamme et personnalisable. Le choix du pourcentage d’opacité (obtenu en faisant varier la densité de copeaux de cuivre) nécessitait de trouver un compromis entre le confort thermique et l’aspect visuel. Dans le même esprit, la façade orientée à l’est comporte un paravent de ventelles de verre Naco orientable et sérigraphié à partir de treize poèmes de Jorge Luis Borges. « Nous avons travaillé avec les ingénieurs pour la thermique, la structure et l’électricité, et les calculs thermiques ont été vérifiés par un contrôle du bureau d’études Behi, demandé par le maître d’œuvre », précise ­Sophie Berthelier. Le BET Behi a été sollicité pour évaluer l’impact thermique de la sérigraphie de ces parois vitrées qui assurent une protection solaire. Le choix de la graisse des lettres a permis d’obtenir l’opacification à 48 %, proposée par le BE. Les inclusions de copeaux de cuivre et la sérigraphie jouent un rôle esthétique et de filtrage solaire et une protection contre les dégradations et les graffitis.

Priorité aux économies d’énergie

La double peau est l’un des aspects du principe de qualité environnementale recherché pour l’ensemble de l’ouvrage. Son organisation a permis d’obtenir un coefficient de transmission U inférieur à 0,23, meilleur que celui exigé par la RT 2005 (inférieur à 0,45). Quant à la toiture, alors que la RT 2005 requiert un coefficient inférieur à 0,34, la toiture végétalisée utilisée donne un coefficient inférieur à 0,27. La logique aurait été d’avoir des toitures plus performantes que les murs plutôt que le contraire. « Mais étant donné les choix de l’architecte, confie Aymeric Répichet, ingénieur thermicien au BE Behi, il n’était pas possible de mettre en place une toiture béton. Nous avons donc décidé d’augmenter l’isolant qui est de 10 cm de polyuréthanne, en évitant que le résultat ne devienne trop lourd. » La ventilation est forcée avec double flux, avec un air extrait récupéré par un système rotatif. Ce dispositif garantit un meilleur échange, avec une récupération de 80 % de l’énergie, et une maintenance facilitée. Une surventilation nocturne a été mise en place. Un détecteur de gaz carbonique permet d’ajuster les débits d’air neuf en fonction du taux d’occupation. Le chauffage est assuré avec un réseau de chaleur, sous la forme d’un plancher chauffant basse température, et de quelques radiateurs ponctuels dans les pièces les plus petites. La salle de projection est chauffée par air pulsé. Les besoins estimés en chauffage sont de 48 kWh/m2 et par an, moins de la moitié du niveau prescrit par l’actuelle réglementation thermique.

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