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Double brisis construit à partir de prémurs inclinés

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Double brisis construit à partir de prémurs inclinés

Tous les prémurs Fehr Technologies de cette construction (verticaux ou inclinés) sont constitués d’un sandwich de deux voiles béton de 5 cm encadrant un vide de 7 cm contenant le ferraillage. Après la pose, ce vide est rempli d’un béton fluide et vibré.

Habituellement bâti sur une charpente intérieure, le brisis de toiture peut aussi être monté avec des prémurs classiques. C’est ce que démontre ce chantier parisien, avec à la clé, une économie de temps et une qualité de réalisation.

La pose d’un prémur vertical ou d’une prédalle horizontale est devenue une technique courante. En revanche, la mise en œuvre d’un prémur incliné à 63°, puis jusqu’à 45° est particulièrementremarquable. Aussi, pour être réussie, elle nécessite une attention et une préparation réglée au cordeau. C’est le cas de ce chantier réalisé par SRC (filiale de Vinci Construction) situé rue du Docteur-Roux en plein cœur de Paris (xve arr.).

Sur cet immeuble de huit niveaux (sous-sol, RDC et six étages), l’architecte voulait respecter l’esthétique historique des bâtiments parisiens, avec un retrait incliné en forme de double brisis sur les deux derniers étages, le cinquième et le sixième. Habituellement, une telle structure est réalisée avec une charpente intérieure en bois. Mais, s’agissant d’une construction contemporaine, SRC devait réaliser ce brisis en béton.

L’espace limité de l’emprise au sol du chantier rendant impossibles l’utilisation et le stockage de banches classiques, la réalisation du bâti a été tout naturellement exécutée avec des prémurs et des prédalles. Ce procédé de préfabrication en usine apporte aussi des gains de qualité structurelle, réduit la durée du chantier et diminue significativement le coût de la construction (ici, le gain est de deux mois sur les seize mois de travaux prévus).

Jusqu’au quatrième étage, la pose reste classique. Le camion qui porte généralement un lot de 7 prémurs arrive en début de matinée (8h00). Une fois élingués, les prémurs sont hissés et positionnés un par un à leur emplacement à l’aide de tirants fixés sur des réserves opérées sur la surface. En début d’après-midi, une fois les réglages effectués (orientation, verticalité), une toupie vient couler le béton intérieur. L’isolation est ensuite réalisée par l’extérieur avec une laine de roche de 16 cm avec des cornières en inox pour porter la façade extérieure réalisée en briques. À l’intérieur, les prémurs sont simplement recouverts d’un BA13 peint.

Côté rue, l’opération devient plus complexe sur les deux derniers étages, conçus en deux angles successifs, de 63° pour le cinquième avec une allège de 40 cm en plancher, puis de 45° sans allège pour le sixième. Au total, cela représente six prémurs inclinés (3 par étage) qu’il faut installer selon une technique mise au point spécialement pour cette opération. Ce travail de précision a été étudié et conduit par SRC, avec le fabricant (Fehr Technologies) et le bureau d’études techniques BEGT. Au cinquième étage, la mise en place du prémur oblique à 63° débute de façon habituelle : posé verticalement, il est ensuite lentement incliné pour prendre place sur les deux rives de l’allège avec le mouvement du chariot de la grue. Enfin, les tirants sont réglés pour immobiliser l’ensemble.

La préparation spéciale consiste à tout faire pour éviter que le prémur glisse en avant ou en arrière sur l’allège. Trois façons de faire sont utilisées. D’abord, il s’agit de jouer sur la dimension des bords intérieurs et extérieurs des prémurs de l’allège qui sont taillés en biseau pour assurer un positionnement exact. Ensuite, des fers spéciaux préformés, dépassant de 40 cm dans le béton et coulés dans l’allège principale, guident de l’intérieur la pose du prémur, à la verticale d’abord. Ils seront tordus lors de l’inclinaison et maintiendront la base en place sur l’allège. Enfin, le bord extérieur est sécurisé sur toute la longueur par la pose d’une allège provisoire qui court le long de la base. Elle sert de guide extérieur pour éviter tout dépassement en débord et sera ôtée après séchage. La tolérance est de 1 cm. La dernière précaution consiste à réduire le risque de fuites lors du coulage du béton Agilia depuis les interstices situés à la base du prémur, dans sa liaison oblique avec l’allège. Pour cela, on injecte une mousse expansive en polyuréthanne au niveau des bordures, afin de les calfeutrer. Le remplissage au béton Agilia (Lafarge) est effectué très lentement pour ne pas provoquer de déformations sur le bâti. Après séchage, le plancher du cinquième-sixième étage est coulé de façon classique, avec un coffrage Ischebeck.

Au sixième étage, le même mode opératoire est respecté pour la pose des prémurs inclinés à 45°. Seule différence : l’absence d’allège. Les fers spéciaux préformés, destinés à être tordus, ont été placés dans le haut du prémur précédent, incliné à 63° cette fois. Lors de la pose et du coulage, les prémurs inclinés n’ont pas bougé et aucune fuite n’a été signalée. Aujourd’hui, rien ne permet de savoir que les brisis des cinquième et sixième étages sont en fait des prémurs classiques posés de façon inclinée.

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