Dominique Bidou, ancien président de l’association HQE

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Dominique Bidou, ancien président de l’association HQE

Dominique Bidou, ancien président de l’association HQE, président du Conseil national du bruit (CNDB) : « La recyclabilité à 100 % de l’acier est un atout incontestable pour un matériau dont on peut souligner que son utilisation conduit à la création d’emplois qualifiés. »

« Les filières environnementales doivent conjuguer rapidité, efficacité, propreté et économie en ressources ».

CTB : Comment aborde-t-on la démarche de construire dans un souci d’environnement et de qualité ?

DB : Tant en termes de développement durable que de haute qualité environnementale, la démarche à suivre dans le domaine de la construction est globale. On ne choisit pas un type de construction, un procédé ou un matériau pour lui-même, à partir de qualités prises isolément. Le choix est dicté par la prise en compte globale de la mission première du bâtiment, puis de son évolution tout au long de la vie. C’est une démarche logique qui va du général au particulier.

Les mots clés sont donc mission, impact, confort et hygiène, évolution, coût global, etc. Dans cette série de préoccupations, la prise en compte de l’évolution aussi bien en exigences – voyez comme la position vis-à-vis de l’hygiène et de la santé a évolué au cours des trente dernières années – qu’en besoins, voire en usages, occupe une place importante. S’interroger sur le devenir d’une construction, quelle qu’elle soit, est donc la première démarche à effectuer dans l’acte de construire. Là se décident sa structure, ses volumes, ses formes.

CTB : À quel moment se préoccupe-t-on du matériau ?

DB : Après avoir mené cette réflexion. Quand les grands partis du projet ont été définis, le choix se fait sur le modèle d’unités techniques fonctionnelles. À efficacité équivalente, on choisit la solution la plus adaptée et la plus respectueuse de l’environnement.

Il en est ainsi pour les matériaux. On ne peut pas dire que tel ou tel matériau est plus écologique qu’un autre. Certes l’écobilan est indispensable pour connaître son impact sur l’environnement et fabrication, transport, transformation, etc. seront pris en compte. Mais l’impact du matériau lui-même pèse finalement peu puisque, dans la quantité d’énergie grise, 80 % est produite pendant la vie du bâtiment.

DB : On s’intéressera plutôt à des filières technologiques respectueusesde l’environnement ?

DB : Les filières les plus adaptées sont celles qui répondent de la façon la plus équilibrée à l’ensemble des exigences environnementales. À cet égard, les 14 cibles HQE permettent de bien les cerner. Elles rappellent aussi qu’il ne faut pas seulement considérer les aspects énergétiques sur lesquels on a trop tendance à se concentrer. Et l’une des dimensions essentielles de la qualité environnementale, une fois les missions premières (dont la thermique) remplies, est l’acte de construire lui-même.

Aux préoccupations de santé et d’hygiène liées à l’occupation, s’ajoutent celles des conditions d’édification du chantier.

En premier lieu, il faut 500 000 logements par an, ce qui ne se fera pas au moyen de « niches ». Les filières à exploiter doivent s’approcher au plus près des exigences liées à la rapidité et l’efficacité, à la propreté et au faible coût en énergie, eau, etc. des chantiers qui en outre doivent être les plus silencieux possibles. D’autant que les chantiers de demain seront de plus en plus urbains car la densification des villes est la voie qui s’impose.

CTB : La filière sèche de l’acierest alors bien placée ?

DB : En effet. Elle présente toutes ces qualités et, à ce titre, répond parfaitement aux exigences que je viens d’évoquer. Elle est d’autant plus intéressante qu’elle exploite les complémentarités de matériaux. La mixité qui sait utiliser les performances de résistance ou de stabilité de l’acier dans une multitude de solutions techniques apporte des réponses à l’ensemble des contraintes, thermique, phonique, etc. du bâtiment et laisse toute liberté à une évolution ultérieure de ce même bâtiment.

Enfin, n’oublions pas que l’une de nos futures difficultés sera la gestion des ressources dont la rupture pour certaines est relativement proche.

La recyclabilité à 100 % de l’acier est un atout incontestable pour un matériau dont on peut souligner que son utilisation conduit à la création d’emplois qualifiés. Car la dimension sociale aussi est importante dans le développement durable.

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