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Diversité des effets matières et préoccupations environnementales marquent les finitions

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Diversité des effets matières et préoccupations environnementales marquent les finitions

Les produits dédiés à la finition,en raison d’une offre considérable, autorisent une plus grande personnalisation des espaces, dans le résidentiel comme dans le secteur tertiaire.

© (Doc. Tile of Spain/Ascer.)

Couleurs vives ou naturelles, motifs floraux ou géométriques, caractéristiques environnementales reconnues… Du mur au sol, les produits dédiés à la finition répondent au désir des maîtres d’ouvrage, institutionnels ou particuliers, qui réclament une personnalisation des espaces.

Peut-être parlera-t-on un jour, dans le bâtiment, comme dans le monde de la mode, de collections, voire de ­haute couture… C’est en tout cas un fait avéré pour les revêtements de sols, les fabricants présentant chaque année de nouveaux motifs pour la saison suivante. Quels que soient les produits, c’est la grande tendance : on parle plus de décoration que de caractéristiques techniques. Il est vrai que l’ensemble des réglementations techniques a fait son œuvre et que les industriels ont fait évoluer les produits dans ce sens. Plus que dans tout autre domaine, la réglemen­tation contraignante et la protection de l’environnement ont conduit les industriels de la peinture à renouveler entièrement leur offre, en moins de dix ans. La disparition annoncée des solvants a initié le renouvellement des gammes en produits en phase aqueuse (90 % en façade et 100 % annoncés en décoration intérieure, d’ici à 2007 ou 2010). Cela dit, dans l’Hexagone, ce produits ne correspondent guère qu’à un peu plus de la moitié du marché ! Les habitudes ont la vie dure, même si l’on observe depuis deux ans une évolution notable chez les maîtres d’ouvrage, de plus en plus décidés à exiger ces produits. C’est le cas de certaines sociétés HLM, qui les préfèrent maintenant pour la remise à neuf des cages d’escalier.

Tous les fabricants proposent désormais des peintures ou enduits intérieurs en phase aqueuse et à haut extrait sec, estampillés ou non NF Environnement. Ce label atteste d’une présence moindre de pigments, de la diminution des vapeurs de solvants, de l’absence de métaux lourds et de substances cancérogènes. Il garantit donc à l’utilisateur des formulations en adéquation avec les nouvelles normes environnementales.

Peintures en phase aqueuse :tout est possible

Labellisées ou non, les solutions en phase aqueuse ont encore du mal à remporter l’adhésion des applicateurs. Un déficit d’image d’autant plus dommageable que leurs caractéristiques sont quasiment identiques, parfois même supérieures, à l’ancienne génération de peintures, et qu’elles garantissent un travail de décoration soigné.

L’ensemble de ces paramètres conduit les industriels à développer une approche systémique, qui vient répondre aux problèmes posés par le manque de main-d’œuvre et en ­conséquence dope l’innovation. Il en résulte une multiplication de systèmes, bicouches ou non, qui permettent de s’affranchir ou tout du moins de faciliter la phase préparatoire du support. Aujourd’hui, on peut quasiment faire tout ce que l’on veut avec une peinture en phase aqueuse, à condition d’utiliser le bon produit et le bon outil. De ­telles peintures impliquent en effet des changements dans les méthodes de travail sur deux points : les outils (les soies de porc sont bannies, au profit de brosses et rouleaux majoritairement synthétiques) et les modes d’application (la technique dite du tiré-croisé est abandonnée pour une application par dépôt, égalisation et lissage).

Ce changement dans les formulations de produit s’accompagne de deux tendances décoratives : un retour à l’authentique avec des esthétiques empreintes de tradition, ou des décors beaucoup plus contemporains jouant sur les couleurs et les matières – les années 70 ne sont pas si loin. Dans le premier cas, les peintures dites à effet, rappelant les fonds structurés d’antan, n’intéressent plus seulement l’habitat. Elles ont conquis l’ensemble des secteurs du bâtiment. Les laques décoratives, qui avaient plus ou moins disparu en raison du coût élevé de l’application, resurgissent avec des formulations en phase aqueuse de qualité. Autre retour en force, celui des badigeons à la chaux, qui retrouvent leurs lettres de noblesse et sont désormais disponibles dans des produits prêts à l’emploi.

Les lasures concurrencent les peintures sur leur propre terrain, en offrant des versions satinées opaques à côté de produits plus courants. À noter, ces produits acceptent de nombreux supports et s’affichent de plus en plus souvent avec le béton. Les peintures techniques, dont la fonction première est la protection des supports, évoluent dans un sens décoratif, jusque-là secondaire. C’est le cas des peintures de protection, de type antirouille ou antigraffiti. Ainsi, certaines gammes antirouille sont déclinées en de nombreux coloris et aspects : mat, satiné, brillant ou encore tendu, poché et pommelé.

Résines de sol : bien identifier les besoins

Les antigraffitis se déclinent en différents systèmes selon leur fonction : masquage des graffitis avec des peintures à fort pouvoir couvrant qui bloquent aussi la migration des produits solvantés, protection permanente avec des peintures ou vernis mono ou bicomposants autorisant le nettoyage répété des graffitis, protection réversible avec des systèmes spécifiques destinés à la brique, à la pierre, et aux sites protégés. Une approche qui permet donc de traiter la grande majorité des supports, et des gammes complétées par des produits de nettoyage. Il est néanmoins conseillé de réaliser un petit un essai préalable afin de vérifier la compatibilité avec le support et de contrôler l’efficacité du produit retenu.

Très prisées pour les parkings, les sols industriels, les magasins, les garages, les circulations dans l’habitat collectif, les peintures de sol rassemblent des produits très variés, tant dans leur composition que dans leurs propriétés mécaniques. Les systèmes développés regroupent quatre grandes familles de liants, chacun affichant ses caractéristiques propres : grande élasticité pour les polyuréthannes, dureté et donc résistance plus élevée pour les époxy, temps de prise très rapide pour les métacrylates, très reconnaissables par leur puissante odeur. Il en résulte un choix du maître d’ouvrage intimement lié aux qualités du sol : résistance aux chocs, aux agressions chimiques, à l’abrasion, ou encore rapidité de mise en service, facilité d’entretien, antidérapance.

Les parquets multiplient les finitions

Par ailleurs, l’Affar (association française des formulateurs et applicateurs de résine), qui travaille à la promotion de ces systèmes, œuvre pour leur bonne mise en œuvre via des recommandations techniques, en attendant un DTU dont la rédaction est en cours.

Une réalisation parfaite de ces sols implique également une préparation du support et une application conforme aux prescriptions techniques du fabricant. À l’instar des peintures décoratives, l’aspect environnemental est essentiel. La difficulté aujourd’hui pour les fabricants est de conserver à ces sols leurs qualités hautement techniques, tout en diminuant les COV dans leurs formulations.

Le bois, incomparable sur le plan environnemental

Toujours au sol, parquets et stratifiés conservent une excellente image et sont devenus des valeurs sûres de la décoration en tous lieux. Le désir de nature et de « matériaux authentiques » ont contribué à leur dévoppement. D’ailleurs, les fabricants n’ont de cesse de communiquer sur ces aspects, vantant les mérites du bois sur le plan de la santé (absence d’allergie…) ou du développement durable (recyclage des copeaux de bois en énergie de chauffage, stockage du CO2…). Ils sont également de plus en plus nombreux à s’associer à la gestion raisonnée des forêts. Bref, l’ensemble de la filière surfe sur les questions environnementales. Mais la maintenance et la facilité de pose ont aussi leur part à prendre. De ce côté, beaucoup d’évolutions, telles la généralisation des assemblages à verrouillage sans colle et la pose flottante.

Autre constat notable, la multiplication des finitions. Impossible de dresser une liste exhaustive des esthétiques proposées. Cela dit, pour les parquets, les lames larges vieillies à l’ancienne sont de mise. Et il ne s’agit plus de les vieillir prématurément, il faut désormais proposer des parquets au bois noueux, voire ouvert.

Des motifs originaux sans surcoût

De même, on note une forte utilisation de bois exotiques, notamment dans les lieux publics. Il en résulte un élargissement considérable des aspects de surface et des palettes de couleurs (noir, blanc, rouge, rosé…). Cette profusion de l’offre s’accompagne d’une normalisation des produits tous azimuts. Dernières en date : le marquage CE des stratifiés à compter du 1er juin 2005 (obligatoire en juin 2006), la norme européenne EN 14354 pour les revêtements de sols à placage bois et, prévue avant la fin de l’année, le marquage CE des parquets.

Quel que soit leur domaine d’utilisation – écoles, hôpitaux, bureaux ou logements – les moquettes, sols PVC, linoléum ou caoutchouc cherchent à se différencier des précédents revêtements. Au final, des collections très diverses, et des techniques d’impression toujours plus sophistiquées qui autorisent la création de motifs originaux sans surcoût ingérable. Certaines n’hésitent ainsi pas à jouer la carte sixties ou Pop Art dans leurs coloris, pour effets psychédéliques garantis ! D’autres osent des atmosphères baroques ou urbaines, voire naturelles, sans oublier le style volontairement contemporain avec des lignes claires et épurées. Cette grande souplesse de décors facilite notamment les combinaisons entre des couleurs unies et des décors coordonnés.

Techniquement, leurs divers traitements antibactériens, antifongiques et antidérapants répondent à toutes les exigences d’hygiène, de sécurité et de résistance au trafic intense et au poinçonnement. En outre, les industriels n’hésitent plus à communiquer sur les qualités environnementales de ces produits. Si celles du linoléum, constitué d’éléments naturels et recyclables (huile de lin, toile de jute, farines de bois et de liège…), sont largement reconnues, d’autres sont nettement plus difficiles à faire admettre ou à faire comprendre.

C’est le cas du PVC. Les fabricants ont donc réagi en les passant au crible des fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES). Il en ressort que ces produits ont leur carte à jouer sur le plan du confort acoustique et visuel, de l’entretien et de la maintenance, de la durabilité ou des conditions sanitaires des espaces.

Toujours sur le plan environnemental, les fabricants, depuis leur adhésion au plan Vinyl 2010 (engagement volontaire signé avec la Commission européenne), travaillent sur l’impact de leur produits sur la santé humaine (avec la suppression des métaux lourds), la réduction des gaz à effet de serre ou le recyclage des produits en fin de vie.

L’Europe du Sud, toujours à la mode

Grande diversité de l’offre également dans le carrelage. Les carreaux pressés, émaillés et les grès cérame fins vitrifiés ont le vent en poupe, de même que les aspects de surface imitant la terre cuite et la pierre naturelle. Comme les années précédentes, l’Europe du Sud est à la mode et les produits venant d’Espagne et d’Italie inondent le marché. Au programme : imitation pierre pour certains grès, mat ou à peine satiné dans des tons cassés, grège façon pierre de Bourgogne, en grands formats carrés ou rectangulaires pour les murs. On trouve aussi des imitations de textiles – toile de jute, coco tressé ou sisal –, jusqu’à des aspects bois façon parquet ou, plus récemment, bois clair ou lasuré et copies de parquets stratifiés. Les reliefs, droits ou à chevrons, se déclinent en petit ou grand format pour du carrelage mur et sol (à titre d’exemple, des carreaux plein format à relief imitation métal, format 10 x 10 cm, ou sol métallisé format 45 x 45 cm).

Concernant les dimensions, l’heure reste aux grands et moyens formats (30, 40, 45 et 50 cm). Émergent également de très grands formats (45 x 90, 60 x 60 ou 60 x 120 cm), réalisables grâce aux avancées technologiques dans les modes de fabrication. Pour les coloris, le clair prédomine, blanc ou blanc cassé et, dans une moindre mesure, marron beige et gris.

En terme de mise en œuvre, le DTU 52-1 a subi un profond remaniement en début d’année et impose désormais un drainage systématique pour tous les sols scellés extérieurs. Cette disposition entraîne l’apparition de nouveaux systèmes de drainage, qui devront obligatoirement bénéficier d’un Avis technique.

Quandt aux colles, on pourrait presque dire à chaque carrelage et à chaque support son adhésif. Les fabricants de mortier développent divers systèmes : adhésifs en pâte, liants hydrauliques, liants spéciaux pour chape, primaires, ragréages ou produits de jointoiement extrêmement pointus. Ces produits autorisent la réalisation de travaux réputés impossibles hier, comme la pose de carrelage en rénovation sur support ancien (plâtre, bois…).

50 % de gain de temps avec les intissés

Avec eux également, selon les fabricants, une plus grande vitesse d’intervention, ainsi que la suppression progressive des produits dangereux. À ce titre, il convient de vérifier leur conformité avec la nouvelle norme européenne EN 12004, qui classe les colles en fonction de leur composition chimique, et avec la norme EN 13 888 qui classe les produits de jointoiement.

Aux murs, les qualités indéniables des intissés (ou non-tissés) changent la donne. Ces produits, simples et rapides à mettre en œuvre, jouent la carte de la décoration sur les marchés du logement et des ERP. Apparus il y a quelques années, ils séduisent de plus en plus.

Dotés d’une couche d’envers intissée et d’une couche décorative imprimée, ils facilitent grandement la tâche des professionnels avec des gains de temps jusqu’à 50 %. Tout d’abord, ils réduisent les opérations liées à la préparation des supports en masquant les petites imperfections, puis ils simplifient la pose : encollage direct sur le support, manipulation facile sans déchirure, repositionnement possible en cas d’erreur, aspect infroissable (ne garde aucun faux-pli) lors de poses complexes avec obstacle. Indéchirables, maniables, lessivables, ils cumulent toutes les qualités grâce aux fibres intissées qui leur confèrent souplesse et résistance. Mais là ne sont pas leurs seuls atouts. Leur esthétique est aussi à la hauteur, déclinant effets de matière, motifs, fresques, frises, papier à peindre… En ce qui concerne les motifs, tout ou presque peut être représenté. Les nouvelles technologies, notamment l’impression numérique, autorisent la réalisation de décors aux dessins répétitifs ou uniques.

Motifs fleuris et psychédéliques inspirés des années 70, papiers métallisés à effet miroir, ou grandes fresques panoramiques avec effets trompe-l’œil sont autant de thèmes proposés. Tous les effets de matière à la mode dans les peintures sont également présents, des aspects patinés ou travaillés à l’ancienne à l’incrustation de matières naturelles, bambou, cuir ou autres matières minérales.

Sortant du cadre du logement individuel, ces revêtements s’affichent dans les ERP (commerces, hôtels…), mais s’utilisent aussi de façon plus spécifique dans les hôpitaux (chambres, couloirs…), où leur qualité en terme d’hygiène est comparable à celle des autres revêtements.

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