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Des technologies qui repoussent les limites d’emploi

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Des technologies qui repoussent les limites d’emploi

L’un des deux nouveaux bâtiments de l’hôpital d’Arras (62) rénové en 2009 par l’atelier Groupe 6 est habillé d’une double peau dotée de passerelles et de pare-soleil en verre formant un bouclier thermique. (Doc. Renaud Arrau-Groupe 6.) L’immeuble de 47 logements sociaux (Emmaüs) érigé en 2011 par l’architecte Emmanuel Saadi, affiche une façade sur le quai de Valmy à Paris (xe arr.) parée de cellules photovoltaïques pourvoyeuses d’électricité. (Doc. Carol Maillard.)

Qu’il soit mis en œuvre en mur-rideau ou en remplissage de façade, pare-soleil, dalles de plancher, garde-corps ou marches d’escalier, le verre se plie à tous les besoins et à toutes les formes.

Le verre existe à l’état brut depuis plusieurs centaines de milliers d’années. L’homme l’utilisa pour la première fois il y a 100 000 ans, sous la forme d’obsidienne, un verre naturel d’origine éruptive, afin de fabriquer des outils, bijoux et armes. Originaires de Mésopotamie, Syrie et Égypte, les premiers verres fabriqués par l’être humain sont opaques, de couleur verte ou bleue, mais pas encore transparents ou translucides.

Il faudra attendre l’ère industrielle et les progrès de la chimie et de la physique pour que sa production se généralise et se diversifie. Par définition, le verre est un matériau non-cristallin, homogène et transparent qui est facile à modeler pour créer de multiples formes. Matériau de remplissage ou élément structurel, le verre a connu ces dernières décennies une évolution technologique et un engouement spectaculaires, dans les domaines du bâtiment et de l’architecture, mais aussi de la décoration intérieure. Cette évolution résulte du développement et de l’évolution des produits verriers (verre feuilleté, trempé, à couches, etc.) et des nouvelles technologies de mise en œuvre. En façade, le verre est passé de la simple vitre au double vitrage, puis au double vitrage à couches peu émissives à la fin des années 1990 et enfin, au triple vitrage.
Le verre est, en fait, un matériau performant qui recèle de nombreuses propriétés : résistance mécanique, protection au feu, isolation thermique et acoustique, étanchéité à l’air et à la pluie, sécurité, etc. La tendance actuelle vise à améliorer les performances et l’esthétique des bâtiments, en s’appuyant sur une meilleure maîtrise de l’énergie. À ce sujet, les fabricants de produits verriers proposent des doubles vitrages en verre plat façonnés ou traités. Sachant que les verres plats ayant subi un traitement de couche et/ou une isolation thermique renforcée (VIR) sont en plein essor.
Selon Nelly Philiponnat, directrice du marketing d’AGC Glass : « Les axes de réflexion développés portent sur une évolution permanente des produits, en vue d’améliorer leurs performances et générer des économies d’énergie ».

Composants et fonctions ajoutés

Pour bien isoler une façade, AGC propose des verres à couches spéciaux, tels que le triple vitrage Planibel Tri à deux couches peu émissives et gaz argon (intercalaires), avec un coefficient Ug de 0,7 W/m 2 .K et un facteur solaire de 60 %.
Le fabricant Saint-Gobain propose aussi des triples vitrages à isolation thermique renforcée, le SGG Climatop Lux (36 ou 40 mm) et le Planitherm Max. AGC offre également le Planibel Top, un double vitrage à couches à basse émissivité, avec des verres non-trempés (N ) ou trempables (NT), ces derniers étant optimisés. « L’innovation est d’avoir rendu la quasi-totalité de nos produits trempables, prémunissant les verres de tout choc thermique », ajoute Nelly Philiponnat. Le vitrage à couches peut être combiné avec un contrôle solaire assurant le confort thermique d’hiver et d’été, la prise en compte énergétique étant incontournable. Le Sunergy (AGC) est un verre peu absorbant à faible facteur solaire assurant l’isolation et la protection contre la chaleur. Disponible en quatre épaisseurs et cinq couleurs, il est utilisable en double vitrage, vitrage feuilleté, trempé, etc., selon un mode de pose classique ou en mur-rideau. Le fabricant Pilkington propose l’Activ Suncool, un double vitrage autonettoyant à contrôle solaire, muni d’une couche en face extérieure aux propriétés photocatalytique et hydrophile. Doté d’un contrôle solaire par un traitement de la couche inférieure, ce vitrage sert à réaliser façades, verrières et vérandas. De même, la société Saint-Gobain fabrique la gamme Climaplus, des vitrages spéciaux assurant un confort thermique (Ultra N et 4S), acoustique renforcé (Acoustic et Silence), ou encore à contrôle solaire (Solar).

Prise en compte énergétique

Par extension, le vitrage peut être doté de modules photovoltaïques, comme la gamme ASI Glass du fabricant allemand Schott, ayant pour effet de produire de l’électricité. Côté verres feuilletés, leur traitement spécifique dans une optique sécuritaire est plutôt récent, l’objectif étant de se conformer aux normes européennes. L’insertion de films entre les feuilles de verre accroît la résistance des murs-rideaux. Le Stratobel d’AGC se compose de verres assemblés intégrant des films en Polyvinyle de butyral (PVB) jouant le rôle de filtre ultra- violet, ou bien des films d‘Éthylène-acétate de vinyle (EVA) clairs ou colorés : sa mise en œuvre étant de type VEA ou VEC. Voué à la protection des personnes et des biens, ce système se révèle efficace face aux tentatives d’effraction à la massette, au chalumeau ou à l’arme à feu, tout en garantissant une bonne isolation acoustique.
Le fabricant Pilkington offre un produit assez similaire, l’Optiphon, un vitrage feuilleté de sécurité de 6,8 à 12,8 mm d’épaisseur. Il est doté de deux verres clairs ou teintés (Optifloat), collés entre eux par deux intercalaires en plastique PVB, maintenant les morceaux de verre en cas de bris de glace. L’entreprise Saint-Gobain propose le vitrage sécurité SGG Stadip qui évite tout risque de blessures en cas de bris accidentel et le Stadip Protect, un vitrage à protection renforcée contre le risque de chute dans le vide (garde-corps, etc.) et de chute d’objets (verrière, etc.). Le verre peut également résister au feu, comme le Pyran de chez Schott, un vitrage borosilicate trempé ou semi-trempé isolant qui reste transparent à haute température et sert à réaliser façades et verrières.
Côté esthétique, l’engouement des concepteurs est au verre imprimé ou sérigraphié en façade, ou en décoration intérieure (cloisons, etc.). Enfin, le verre transformé et bombé, également prisé, permet de façonner des cônes, cylindres et sphères pour équiper verrières, coupoles ou vérandas.

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