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Des systèmes performants pour cloisons de grande hauteur

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Des systèmes performants pour cloisons de grande hauteur

Des structures sur mesurepour des plafonds et cloisons offrant des performances techniques élevées.

Pour répondre aux exigences performancielles actuelles et à la réglementation, les systèmes de cloisons de grande hauteur présentent un véritable catalogue des solutions techniques les plus récentes.

Proposés depuis longtemps par BPB Placo, Knauf ou Lafarge Plâtres, les cloisons constituées par l’assemblage de plaques de plâtre sur une ossature métallique – avec ou sans isolation incorporée – s’adaptent à tous les types de locaux, aussi bien pour réaliser des cloisons séparatives intérieures que pour des contre-cloisons de doublage. Légères, ­elles se montent à sec, permettent l’incorporation de gaines électriques et d’équipements divers et offrent une très grande souplesse d’implantation. Elles se substituent souvent avantageusement, tant du point de vue du coût que des performances, aux cloisons maçonnées et aux murs séparatifs non porteurs. L’épaisseur, le nombre de parements, les caractéristiques de l’ossature et l’adjonction éventuelle d’un matelas isolant permettent de mettre en œuvre un grand nombre de cloisons performantes en matière d’isolation thermique, acoustique ou de résistance au feu. De plus, leur surface lisse est prête à recevoir des finitions traditionnelles. Une grande variété de plaques à épiderme cartonné est proposée pour satisfaire aux réglementations en vigueur. La plaque de plâtre prête à peindre standard, dotée de deux bords amincis pour la confection des joints, couvre la plupart des applications du second œuvre. Avec l’adjonction de vermi­culite et de fibres de verre dans le plâtre, la plaque de classement M1 améliore la résistante au feu des ouvrages. L’adjonction d’un parement en voile de verre pré-enduit lui permet d’obtenir un classement M0. En densifiant le plâtre pour accroître sa dureté superficielle, la plaque est destinée à des cloisons de ­locaux scolaires ou sportifs, par exemple. De couleur verte pour indiquer que l’âme et les deux parements ont été hydrofugés, la plaque est destinée aux locaux humides. Pour des applications très spécifiques, l’adjonction d’une feuille de plomb assure une protection contre les rayons X – dans le ­secteur médical – ou l’adjonction d’une feuille d’acier permet la réalisation de cloisons anti­effraction.

Jusqu’à 11 m de hauteur

Une nouvelle plaque est maintenant très appréciée : elle comporte quatre bords amincis et sa surface a reçu une couche d’impression blanche. D’une largeur de 120 cm – ou de 60 cm pour une utilisation en rénovation ou sur les sites d’accès ­difficile – toutes ces plaques sont proposées dans des longueurs qui vont jusqu’à 360 cm. En France, les plaquistes préfèrent utiliser des plaques de 250 cm de long qui sont d’une utilisation « confortable » – limitation des risques et réduction de la fatigue sur le chantier – quitte à faire plus de travaux de jointoiement.

L’expérience acquise avec les cloisons séparatives, l’évolution des techniques de réalisation des ossatures métalliques et la diversité des plaques permettent de concevoir tous les types de cloisons. Relativement récentes, les cloisons de grande hauteur – standard, résistantes à l’humidité, acoustiques, ou résistantes au feu – utilisent tout l’arsenal technique mis au point pour les systèmes. Les cloisons de grande hauteur en plaques de plâtre sur ossatures métalliques – de 5 à 11 m de hauteur – se développent pour tous les cloisonnements de locaux. ­Légères et de faible encombrement, elles se substituent aux murs maçonnés non porteurs dans des bâtiments à ossature bois ou métallique. Les systèmes répondant à ces différents impératifs sont constitués d’une ossature métallique spécifique et de plaques avec des caractéristiques particulières. Chacun d’eux relève généralement d’un Avis technique. Ils sont utilisés dans les bâtiments industriels et commerciaux comme cloisons séparatives coupe-feu entre les lieux de stockage et la zone ­recevant du public, dans les salles de spectacles, les auditoriums ou même les logements en duplex pour réduire la transmission des bruits ainsi que dans des lieux humides privés ou collectifs.

D’environ 21 cm ­d’épaisseur, l’ouvrage standard est constitué de deux « couches » de plaques de 13 mm d’épaisseur, vissées de chaque côté d’une ossature simple. Le réseau d’ossature primaire peut être composé de profilés espacés de 120 à 210 cm recevant des profilés secondaires horizontaux à entraxe de 60 cm. Il peut également être constitué de montants de grande largeur disposés à entraxe de 40 ou 60 cm sur une seule file. Pour rattraper les mouvements du bâtiment et éviter la mise en charge de la cloison, la partie haute « coulisse » dans un profilé en U à ailes longues – environ 10 cm – de 1 à 2 mm d’épaisseur pour résister aux efforts latéraux. Selon le niveau de performance – thermique, phonique, feu – requis pour la cloison, ce « pont » recevra un traitement spécifique. L’isolation thermique est assurée par le remplissage de l’espace entre les deux parements avec un matelas isolant en laine minérale, polystyrène expansé ou polyuréthanne.

Montages « sur mesure », selon les besoins du programme

Les industriels attendent la ­parution à l’automne de la version 2006 de la nouvelle réglementation thermique pour proposer des systèmes plus performants. Dans les locaux humides classés EB   p et EB   c (voir encadré), quelle que soit la hauteur des cloisons, les plaques doivent obligatoirement être hydrofugées. Pour les cloisons sur ossature métallique à doubles parements, seul le parement extérieur sera de type hydrofugé dans les pièces EB   p, mais les deux parements seront hydrofugés dans les locaux EB   c. Pour les cloisons à simple parement destinées à recevoir une finition carrelage, l’entraxe des ossatures sera limité à 40 cm pour améliorer la rigidité horizontale de l’ouvrage. Le DTU 25.41 prévoit en outre un certain nombre de dispositions concernant la protection des pieds de cloisons contre les remontées d’humidité. Pour obtenir de très hautes performances acoustiques, la cloison de grande hauteur est généralement composée, dans une épaisseur pouvant aller jusqu’à 500 mm, de deux demi-cloisons liaisonnées entre elles par des entretoises anti­vibratiles en élastomère – créant un système d’amortissement de type masse-ressort-masse. Chaque demi-cloison est constituée d’une ossature en profilés métalliques d’une dizaine de cm d’épaisseur – simples ou accolés dos à dos – espacés de 60 cm, sur laquelle sont vissées sur la face extérieure, deux ou trois « couches » de plaques. Le vide entre les parements est rempli de plusieurs épaisseurs de matelas isolant en laine minérale. Le rail bas des ossatures est posé sur un joint mousse, une bande résiliente ou un mastic. Le pont phonique en partie haute est traité par un « bourrage » de laine minérale emprisonné entre deux bandes de joint. Les indices d’affaiblissement acoustique Rw   C obtenu se situent dans une plage de 68 à 77 dB. Ensuite, une correction acoustique au moyen de bois, feutre ou flocage peut renforcer le pouvoir d’absorption des parois des locaux jugés trop réverbérants (cantine, gymnase, circulations…). Pour offrir une forte résistance au feu, la cloison est constituée d’une structure simple d’environ 15 cm d’épaisseur, revêtue de part et d’autre de deux couches de plaques de 13 et 18 mm d’épaisseur pour obtenir un classement CF 1 h ou de plaques classées M0 ou M1 pour un classement CF 2 h. Le traitement du « pont » en tête de l’ouvrage consiste à habiller, sur chaque face, le U métallique avec une bande de même composition que le parement. Mais les percements dans les cloisons pour la mise en place des équipements traversants – tels que volets de désenfumage ou de transfert, conduits de ventilation, conduits de désenfumage et autres conduits, clapets, câbles électriques ou canalisations – posent un problème important de sécurité au feu (voir encadré). Bien entendu, les différents systèmes (isolations thermique et acoustique, sécurité incendie) peuvent se combiner.

Depuis avril 2001, ce classement sert de référence pour le choix des parois des locaux, des matériaux constitutifs et des revêtements de finition associés. À partir de 3 critères d’exposition des parois à l’eau – hygrométrie du local, entretien et nettoyage, exposition des parois – les locaux sont classés en 5 catégories.
Classement Locaux Exemples
EA Secs, faible hygrométrie Chambre, séjour, couloir
EB Moyennement humides, hygrométrie moyenne Cuisine, cabinet de toilette, WC, cellier chauffé, salle de classe
EB p Humides à usage privatif, forte hygrométrie Salle de bains en logement, hôtel, foyer, hôpital, cellier non chauffé, garage, sanitaire de bureaux
EB c Humides à usage collectif, forte hygrométrie Douche individuelle à usage collectif, vestiaire collectif, cuisine collective, salle de bains privative avec jet hydro-massant, laverie collective
EC Très humides, très forte hygrométrie Douches collectives de stade, gymnase, cuisine et sanitaire collectifs avec nettoyage haute pression, laverie industrielle à caractère commercial, blanchisserie centrale d’hôpital, centre aquatique, balnéothérapie, piscine

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