Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Des sièges escamotables et sur mesure modulent un auditorium

Sujets relatifs :

Des sièges escamotables et sur mesure modulent un auditorium

© (Docs. Cornell University/William Staffeld, P. Ruault.)

Destiné à assurer de nombreuses fonctions, ce nouvel auditorium de l’Université américaine de Cornell, dans l’État de New York, s’est doté de fauteuils à la pointe de la technologie.

La prestigieuse faculté d’architecture College of Architecture, Arts and Planning de l’Université de Cornell à Ithaca, dans l’État de New York, s’est agrandie en se dotant d’un nouveau bâtiment de 4 366 m² imaginé par le cabinet d’architecture OMA de New York : le Milstein Hall.

Cet édifice certifié Leed Silver redéfinit l’entrée nord du campus et centralise en un même espace trois départements auparavant dispersés dans quatre bâtiments. Il s’agit d’un caisson de verre et d’acier de 45 x 52 m surélevé à 3,50 m du sol, relié aux deuxièmes niveaux des bâtiments Sibley Hall et Rand Hall.
Ceinturé par un vitrage en continu et doté d’une toiture végétalisée percée de 41 puits de lumière, ce vaste espace d’une surface de 2 322 m² offre une vue panoramique sur le milieu environnant dans lequel ont été aménagés des ateliers d’une capacité de 200 personnes. Une structure en acier formée d’un treillis de type Warren soutient deux consoles en porte-à-faux. Le niveau inférieur est agencé autour d’un dôme en béton brut coulé en place abritant des salles de réunion, un espace d’exposition et un auditorium polyvalent de 253 places.

Un plafond victorien

Sous le dôme, une surface circulaire de 464 m² sert de plate-forme pédagogique. De l’entrée principale, un pont en béton enjambe l’espace sous le dôme et conduit les personnes vers l’auditorium et vers un escalier sculptural pour accéder au niveau inférieur. La surface extérieure du dôme sert à la fois de support pour l’escalier menant aux ateliers et pour l’auditorium incliné. Sous le niveau supérieur, un plafond continu composé de panneaux de 1,22 x 1,22 m en aluminium perforé s’étend sur toute la surface, à la fois à l’intérieur de l’auditorium, et se poursuit à l’extérieur au-dessus de la route menant au campus. En assurant cette continuité, le plafond casse ainsi la limite entre intérieur et extérieur. Les panneaux métalliques font référence aux plafonds en étain de l’époque victorienne (fin xix e - début xx e siècle) très populaires en Amérique du Nord, du fait de leur faible coût comparé à celui des plafonds en stuc. Les plafonds ont été doublés de panneaux acoustiques dans des zones spécifiques telles que l’auditorium pour améliorer les performances sonores, au-dessus de la route, pour réduire la transmission des bruits de circulation automobile, dans les bureaux adjacents, l’atelier et l’auditorium.

Un auditorium polyvalent

Le cahier des charges de ce projet exigeait la conception d’un espace polyvalent qui devait remplir de multiples fonctions : celui d’auditorium pour l’enseignement, de salle pouvant accueillir les réunions du conseil d’administration de l’université et d’espace diaphane pour toutes sortes d’événements. L’auditorium a donc été divisé en deux parties : une partie formée de 10 rangées, sièges fixes sur la pente du dôme, et une autre partie avec des fauteuils libres sur la surface plane, répartis sur 7 rangées. Conçus par OMA, les sièges fixes ont été développés et fabriqués par l’entreprise finlandaise Martela Oy. Pour plus de flexibilité, les dossiers se replient pour former un banc continu offrant une plus grande capacité, ou se transforment en table d’appoint lorsque les sièges adjacents sont inoccupés.

Ouverture sur l’extérieur

L’auditorium est constitué de trois façades vitrées qui lui confèrent un caractère ouvert et transparent : une façade inclinée le long du passage au sud et des façades au nord et à l’ouest. Des rideaux en vinyle blanc motorisés ont été mis en place, obscurcissant l’espace tout en maintenant de la transparence et conserver une connexion visuelle sur l’extérieur. Le cabinet d’architecture a fait appel au designer allemand Petra Blaisse pour réaliser les rideaux. Elle a travaillé à partir de dessins de l’artiste et architecte allemand du xvi e siècle Hans Vredeman de Vries représentant des colonnes agrandies. Imprimées numériquement sur les deux faces du rideau, elles suggèrent un décor classique depuis l’extérieur, contrastant avec l’architecture contemporaine du bâtiment, le dessin intérieur étant reflété à l’extérieur.
Pour créer de la profondeur et plus de transparence, les lignes de fuite du dessin intérieur ont été perforées, créant un modèle aléatoire de perforations sur l’image extérieure. Lorsqu’il n’est pas utilisé, le rideau s’enroule autour de l’escalier menant à une plate-forme le long de la façade sud. Lorsqu’il est utilisé, il se déploie en continu sur les trois façades vitrées.

N°319

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°319

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2012 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Un siège social vêtu de bois dans une ancienne halle ferroviaire

Un siège social vêtu de bois dans une ancienne halle ferroviaire

À Versailles, une charpente en bois a été greffée sur les fermes en acier d'une halle SNCF désaffectée et une structure à poteaux et planchers en bois mise en œuvre conjointement, afin[…]

29/11/2018 | ChantierInnovation
Meccano géant sur le toit d'un bunker

Meccano géant sur le toit d'un bunker

Perspective, l'immeuble tertiaire en structure bois le plus haut de France

Perspective, l'immeuble tertiaire en structure bois le plus haut de France

Des joints creux réalisés dans l'épaisseur d'un système d'ITE

Des joints creux réalisés dans l'épaisseur d'un système d'ITE

Plus d'articles