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La façade sud de l’immeuble du 128-130, boulevard Raspail, à Paris, a été transformée en double peau, avec l’ajout d’une peau intérieure constituée de volets mobiles, métalliques et ajourés. Les trois façades simple peau de la tour Athéna, à La Défense, ont été remplacées par une simple peau en façade nord et des doubles peaux respirantes en façades sud et ouest.

© Doc. Kyotec Group

Du simple lifting, comme un changement de garnitures d’étanchéité, à une restructuration lourde modifiant la physionomie de l’ouvrage, de multiples options existent pour rénover les façades. La double peau est une solution prisée, surtout en façade sud.

Cette dernière décennie, la rénovation thermique des façades des bâtiments des années 1970, en particulier tertiaires, a fait l’actualité. Un bon exemple est donné à La Défense (Hauts-de-Seine), où plusieurs immeubles de grande hauteur ont été rénovés, comme les tours First, Eqho, Blanche, Athéna, PB12, etc. Le propriétaire qui souhaite redonner de la valeur à son bien peut choisir de mettre la priorité sur la gestion de l’apport solaire, l’amélioration de la perméabilité ou les performances thermiques. Des critères esthétiques interviennent, surtout s’il est demandé de conserver l’aspect initial du bâtiment. Aussi les opérations de rénovation couvrent-elles une palette de travaux allant d’interventions mineures, comme un changement de garnitures d’étanchéité, jusqu’à la réhabilitation lourde. Pour les tours de bureaux, l’option retenue est fréquemment radicale, avec une dépose complète des façades existantes avant d’en installer de nouvelles, accompagnée parfois d’extensions : allongement de nez de dalles, ajout d’étages, etc. Néanmoins, l’ancienne simple peau peut être laissée en place, en particulier lorsque le site est occupé, et une deuxième peau ajoutée de manière presque indépendante.

Lorsque la façade existante est déjà une double peau, il peut être décidé de ne pas modifier les performances thermiques et de se contenter d’agir sur la perméabilité. C’est le cas de la tour Esplanade (ex-Séquoia) à La Défense, où la rénovation a consisté à changer les joints d’étanchéité de la double peau respirante. Mais la décision consiste fréquemment à remplacer la simple peau par une double peau, tout au moins en façade sud. La dépose complète suivie de la pose d’un nouvel habillage en double peau permet d’améliorer les performances thermiques et d’inclure dans la lame d’air des stores motorisés protégés des intempéries. Le facteur solaire lié à l’orientation des façades mais également à la présence d’ombres portées de bâtiments voisins déterminera le choix d’une simple ou d’une double peau zone par zone. A minima, la façade nord est laissée en simple peau, à l’exemple de la tour Blanche (ex-Chartis) récemment rénovée, dont la façade nord et trois trames de la façade ouest sont demeurées en simple peau, tandis que le reste bénéficie d’une double peau ventilée.

Contraintes de l’existant

En pratique, pour passer d’une simple à une double peau, l’une des options est de toucher le moins possible à la façade existante, surtout en site occupé, et d’ajouter une deuxième peau, presque autoportante. Dans certains cas, on peut vouloir conserver l’aspect du bâtiment et mettre en œuvre une deuxième peau discrète à l’intérieur. À l’instar de l’immeuble situé 128-130 boulevard Raspail à Paris (6e). En 2014, le propriétaire, Cogedim Gestion, a confié à Franklin Azzi Architecture la réhabilitation des façades en simple peau. L’objectif étant de conserver l’aspect extérieur vitré, la façade sud a été transformée en double peau, par l’ajout d’une peau intérieure constituée de volets mobiles et métalliques, ajourés et perforés, pour le contrôle de l’apport solaire. Une autre approche est de conserver la façade existante en peau intérieure, et de construire une peau extérieure enveloppant le bâtiment, comme pour l’université de Bordeaux (lire le focus p. 47).
À l’autre extrémité du spectre, la dépose complète de la façade et le curage du bâtiment permet d’envisager des extensions, voire de modifier la physionomie de l’ouvrage, comme pour la restructuration lourde achevée en 2013 de la tour Courcellor 1, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), pour laquelle plusieurs étages ont été ajoutés. L’immeuble du 6, rue de Berri à Paris (lire le focus p. 45) illustre bien les contraintes d’une rénovation comportant un désamiantage et sur un site partiellement occupé sur deux étages. La trame existante de trumeaux en béton, sur lesquels sont fixées les bandes filantes verticales des nouveaux châssis en aluminium, a pesé sur les choix constructifs. Le bureau d’études Alternet a évalué en amont plusieurs solutions d’isolation. Avec une isolation thermique par l’extérieur (ITE), la luminosité aurait été réduite dans les bureaux et des contraintes supplémentaires seraient apparues sur le chantier avec les échafaudages. Aussi une isolation thermique par l’intérieur (ITI) a-t-elle été retenue, malgré une réduction de la surface des pièces et l’existence de ponts thermiques résiduels.

N°340

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