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Des murs en bois restructurent une ancienne caserne

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Des murs en bois restructurent une ancienne caserne

Le second et dernier étage comprend un plancher collaborant en bacs acier et une dalle coulée en béton. Les poteaux en bois, fixés sur les murs en pierre par des équerres vissées, reçoivent les cloisons.

Pour réaménager les espaces internes d'une caserne historique, l'architecte a conçu un système à base de panneaux de bois entièrement préfabriqués. Ces derniers se glissent dans les enveloppes existantes des bâtiments dotés de murs en pierre de taille.

Construite en 1734, la caserne Du Guesclin de Niort (Deux-Sèvres) fait l'objet d'une rénovation conduite par le cabinet local Triade architecture. Classée Monument historique en 2002, la caserne a été reconvertie en hôtel de département. Représentant un coût d'investissement de 40 MA TTC, cet important pôle tertiaire fait partie d'un site de 3,5 hectares comprenant treize bâtiments de l'armée destinés aux bureaux des agents et aux élus de la région. Ils doivent accueillir des bureaux, des salles de réunions et de détente, un restaurant, des sanitaires, etc. En 2002, le conseil général des Deux-Sèvres acquiert ces édifices pour y installer l'ensemble des services du département, éparpillés sur treize sites. La première phase de travaux en cours consiste à réhabiliter de fond en comble trois de ces bâtiments. Elle sera suivie d'une phase qui prévoit la rénovation en tranches conditionnelles du manège existant, transformé en un amphithéâtre de 300 places et en une salle de délibérations du Conseil. Ayant commencé en juin 2006, les travaux ont consisté à vider certains bâtiments, pour ne conserver que les murs en pierre existants qui ont alors été restaurés. Pour les trois édifices rénovés, deux ont été livrés l'été 2008, et le troisième a été récemment achevé. Aussi, le système constructif utilisé pour leur réaménagement intérieur est une solution mixte en bois et béton, où des structures à murs en bois reprennent des planchers collaborants recréés. Le bois est également choisi pour monter les charpentes et les cloisonnements. Ce principe souple permet d'allier une technique performante et une flexibilité d'adaptation des volumes intérieurs. En effet, les panneaux répétitifs en bois, constituant les murs d'ossature, ont été entièrement préfabriqués dans les ateliers de l'entreprise Construction Millet Bois (CMB) qui s'est aussi chargée de leur mise en œuvre.

Un montage très phasé

Ces panneaux se composent de montants en bois massif et de lisses hautes et basses constituées de plusieurs sortes de Lamibois Kerto de Finnforest, déclinés suivant leur usage. Ce matériau certifié ISO 9001 est constitué de panneaux plaqués en épicéa brut. Détenant de nombreuses qualités, il est homogène, très résistant et stable. Il peut aisément supporter des planchers en béton, car il résiste bien à la flexion, la traction et la compression. Il est également plus léger que l'acier et le béton, et présente un bon comportement au feu (classement M3). Pour mettre au point ce procédé, le bureau d'études Ates a fourni des notes de calculs au bureau d'études intégré de CMB qui a établi les plans structurels des bâtiments à rénover. Comme le souligne Patrice Millet, directeur de CMB : « À partir d'une préfabrication complète des ossatures, c'est le chantier qui décide entièrement de la mise en œuvre. Sachant que ce procédé préfabriqué génère un gain de temps considérable et appréciable. » La pose - identique pour chacun des trois édifices - s'est déroulée selon un phasage spécifique très précis.

Comprenant deux étages, chaque édifice mesure en moyenne 106 m de longueur, 13 m de largeur et 10 m de hauteur. Chacune des phases - qui a lieu selon trois zones de travaux successives - se déroule sur un tiers environ de la longueur du bâtiment, soit 30 à 40 m. L'entreprise de gros œuvre Legrand commence par couler la dalle en béton du plancher du rez-de-chaussée sur la zone 1, puis réalise un ragréage au mortier Clavex (Parexlanko). Sur cette même partie, ­l'entreprise CMB procède à un relevé pointu des cotes de niveaux. Elle effectue ensuite un traçage au sol afin de placer, poser et étayer les ossatures des différents murs du cloisonnement intérieur. Parallèlement, une autre coulée est réalisée sur la dalle de la zone 2 qui permet la pose identique des murs en bois.

Des interventions ciblées, à horaires décalés

Suit une troisième coulée sur la zone 3. Puis, le plancher du premier étage monté, la mise en œuvre des cloisonnements en bois a lieu, toujours en respectant les trois zones d'interventions. Le dernier niveau, quant à lui, diffère du fait de la pose de la charpente en lien avec les murs. En fait, la mise en œuvre générale menée méthodiquement s'appuie sur une préfabrication qui offre une rationalisation des tâches performante. Mais cette organisation particulière de chantier est difficile à gérer, du fait de l'obligation de faire intervenir les maçons et les menuisiers de manière décalée. En effet, l'équipe de gros œuvre travaille de 8 h à 16 h 30, puis est relayée par l'équipe des menuisiers intervenant de 16 h 30 à minuit environ. Cette contrainte est due à l'impossibilité de placer une seconde grue sur le site, faute de place. Les panneaux préfabriqués sont implantés longitudinalement - ils bordent un couloir central de circulation de plus de 4 m de largeur - et transversalement afin de cloisonner des bureaux répartis suivant une trame répétitive de 4,45 m de largeur. Chacune des trois zones de locaux tertiaires est agrémentée d'un espace de desserte verticale incluant ascenseurs et escaliers. Ces espaces « tampons » sont délimités par des voiles en béton qui participent à la stabilité des façades en pierre. De plus, ces murs préfabriqués selon trois tailles sont adaptés à chaque plancher reconstitué. Au rez-de-chaussée, ils mesurent 3,50 m de largeur par 2,70 m de hauteur et au premier étage, si leur largeur est semblable, leur hauteur passe à 3 m. Au second étage, les panneaux, qui mesurent 9 m de largeur par 4,50 m de hauteur, soutiennent la charpente en bois, également préfabriquée. Au total, quelque 10 000 m3 de bois structurent les cloisonnements des deux bâtiments livrés.

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