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Des minima préconisés par les fédérations sportives

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Des minima préconisés par les fédérations sportives

La salle omnisports Ülker Sports (Architecte : DDG, Ömerler Mimarlýk), située dans le district d’AtaDehir, à Istanbul (Turquie) appartient au club Fenerbahçe. Elle est éclairée par 60 projecteurs à réamorçage à chaud, de 1 000 W. Pas moins de 2 000 downlights ont été installés dans les couloirs et les vestiaires, tandis que 120 luminaires équipés de lampes iodures métalliques éclairent les entrées/sorties du bâtiment. (Doc. GE Lighting.)

Intensités lumineuses verticales élevées, éclairements horizontaux homogènes, limitation des éblouissements, implantation des projecteurs... autant de critères à prendre en compte pour assurer de bonnes conditions visuelles à la fois pour les joueurs, les spectateurs et les retransmissions TV.

L’éclairage d’un stade revêt plusieurs aspects qui en font sa complexité : il faut qu’il soit attractif, parfois dès la façade (voir Focus), qu’il garantisse une exploitation économique, c’est-à-dire sur le plan des consommations, mais aussi de la maintenance, et enfin, qu’il réponde aux exigences de confort visuel préconisées par les fédérations sportives.

« Avant même de considérer le type de matériel à mettre en œuvre et son implantation, il faut garantir la continuité de l’alimentation électrique », explique Gilles Pierret, directeur développement technique et développement durable et directeur du Bureau d’éclairagisme appliqué de Thorn, et expert AFE.
En cas de coupure du secteur, l’alimentation de secours du site doit démarrer immédiatement. Elle doit donc être dotée d’une capacité d’alimentation sans interruption pendant le démarrage des sources du site. Cette alimentation sans interruption peut être fournie par des groupes électrogènes spéciaux ou des systèmes d’alimentation sans interruption (UPS). L’alimentation de secours doit être en mesure de fonctionner pendant au moins trois heures pendant une coupure du secteur. Certains équipements peuvent tolérer le temps de démarrage d’un groupe électrogène (moins de dix secondes), et d’autres parties de l’installation acceptent même des coupures plus longues.
Les recommandations en termes de valeurs d’éclairage et d’implantation du matériel sont données par la FFF (Fédération française de football) ou la Fifa (Fédération internationale de football Association). L’Association française de l’éclairage (Guide de l’éclairage des installations sportives publié en 2007) s’appuie sur le Règlement de l’éclairage de la FFF (2009).

Règlement très strict pour la FFF

La FFF a créé cinq niveaux de classement d’éclairage - de E1 à E5 - qui correspondent aux prescriptions techniques d’éclairement requises par les différents niveaux de compétitions régionales et nationales (voir tableau, p. 67). Ce classement d’installations d’éclairage par la Fédération ne se substitue en rien aux dispositions légales et réglementaires applicables en France en matière d’urbanisme, construction, sécurité, d’accessibilité, salubrité et d’hygiène.
Pour tous les niveaux, il est conseillé de prévoir la structure technique nécessaire (mâts, câblage, etc.), afin de pouvoir évoluer vers un classement en niveau supérieur. Car il appartient au maître d’ouvrage, préalablement à tout projet, de définir le niveau de classement de l’installation d’éclairage qu’il souhaite obtenir, afin d’atteindre les objectifs sportifs. Et, éventuellement, d’intégrer la possibilité d’une évolution future de l’installation, pour un niveau de compétition supérieur.
Aucune ombre ne doit être portée sur la totalité du terrain, ni à l’extérieur de celui-ci à moins de 1,50 m des lignes de touche et de but. Afin de permettre aux joueurs et aux arbitres d’utiliser la totalité de l’aire de jeu, le niveau de l’éclairement horizontal - à 1,50 m des lignes de touche et de but et à 1,50 m en arrière de la surface de but - ne doit pas être inférieur à 90 % du niveau d’éclairement horizontal mesuré sur ces lignes. Pour éviter les zones d’ombre susceptibles de créer une erreur d’appréciation de la part des acteurs, dans le cadre du déroulement du jeu, le facteur d’uniformité de l’éclairement horizontal (rapport entre l’éclairement du point éclairé le plus faiblement et l’éclairement moyen horizontal) ne peut pas être inférieur à 0,70.
L’indice de rendu des couleurs, désigné par IRC ou Ra doit être supérieur ou égal à 65. Pour optimiser la qualité de rendu des couleurs et obtenir une distinction marquée entre ces dernières (éviter les confusions de maillots notamment), la température de couleur (en kelvins) doit être supérieure à 4 000 K, et se rapprocher autant que possible de 6 500 K (lumière du jour).
Afin de limiter l’éblouissement, le facteur GR (Glare Rating) doit être inférieur ou égal à la valeur 50 (échelle croissante d’éblouissement de 0 à 100).
Une attention particulière doit également être accordée aux nuisances lumineuses éventuelles à l’extérieur du stade, mais aussi aux éblouissements directs des joueurs, pour tous les niveaux. Pour limiter ces nuisances, la FFF préconise une inclinaison de l’intensité maximale des projecteurs (axe optique) par rapport à la verticale, inférieure ou égale à 70°.
« Dans la pratique, précise Gilles Pierret, les valeurs sont supérieures à celles indiquées par la FFF, car il s’agit de minima. Par ailleurs, les dispositions prises en compte pour les retransmissions TV sont celles de la Fifa, car elles incluent les compétitions internationales. »

Bannir les zones d’ombre pour les retransmissions TV

La Fifa définit cinq classes de systèmes d’éclairage, dont deux nécessitent un éclairage en qualité télévision et trois classes pour les événements non-télévisés :
• Classe V : Télévision internationale, chaque terrain sera exempt d’ombres ;
• Classe IV : Télévision nationale, chaque terrain sera exempt d’ombres ;
• Classe III : Matches nationaux sans télévision, chaque terrain de match sera éclairé avec au moins 8 mâts ;
• Classe II : Ligues et clubs sans télévision, chaque terrain de match sera éclairé avec au moins 6 mâts (recommandé) ;
• Classe I : Entraînement et loisirs sans télévision, chaque terrain de match sera éclairé avec au moins 4 mâts (recommandé).
La Fifa recommande d’assurer un éclairage symétrique, aussi bien pour les lignes de touche que pour les lignes de but. Il est possible d’ajouter des caméras tant fixes que mobiles, sans affecter la qualité des vidéos numériques.
La géométrie de la hauteur de montage des structures supports et mâts de ligne de touche doit être telle, que le bas de la source de lumière la plus basse soit au-dessus d’une ligne faisant un angle de 25° par rapport à l’horizontale et ayant son origine au centre du terrain. Les structures supports et structures d’éclairage ne doivent toutefois pas dépasser une ligne faisant un angle de 45° par rapport à l’horizontale. Les angles d’inclinaison des luminaires ne doivent pas dépasser 70° entre la verticale (vers le bas) et le centre du faisceau.
Afin de limiter le plus possible les risques d’éblouissement tant pour les joueurs, que pour les officiels et les médias, la Fifa a défini deux zones « sans lumière de projecteurs » pour les cinq catégories de compétition :
• la ligne coin-but : aucun équipement d’éclairage ne sera placé dans une zone de 10° de part et d’autre de la ligne de but ;
• derrière le but : l’équipement d’éclairage ne doit pas être placé au-dessous de 25° par rapport au centre du terrain et au-dessous de 75° par rapport au but.
L’éclairement vertical au niveau du terrain est la part d’éclairage qui atteint la surface verticale des joueurs. Cet éclairage aide à montrer des détails en gros plan des joueurs, en particulier leurs visages, aux moments critiques du match. Ces images sont captées par des caméras de terrain soit portées, soit motorisées. La lumière verticale au-dessus du terrain, captée par les caméras situées au-dessus des lignes de touche et des lignes de but, est qualifiée d’éclairement vertical de caméra fixe. Ces caméras couvrant le terrain doivent capter la totalité de l’action pendant la compétition.
Dans les deux cas, des variations de l’éclairement entraînent une qualité médiocre des vidéos numériques. L’étude d’éclairage doit donc prendre en considération l’équilibre de l’éclairement, afin de réduire la surexposition ou la sous-exposition des zones durant le fonctionnement des caméras de terrain et des caméras fixes.

Fortes puissances et luminaires sophistiqués

Les lampes utilisées pour l’éclairage des stades sont le plus souvent des iodures métalliques de 1 000 à 2 000 kW, en ce qui concerne l’aire de jeu, et les Led pour la mise en valeur de l’architecture. Les fabricants ont développé des luminaires spécifiquement dédiés à l’éclairage des stades, à l’instar de Thorn avec le Mundial qui existe en deux versions C (cylindro-parabolique) et R (de révolution). Ce dernier dispose de 3 réflecteurs de révolution permettant d’obtenir des faisceaux très intensifs (2 x 2°, 2 x 8°, 2 x 10°), ainsi que d’un déflecteur pour une distribution lumineuse asymétrique, et une réduction des éblouissements et des nuisances lumineuses.
La version rallumage à chaud (HR) permet le réamorçage instantané des lampes. Altis, un projecteur de révolution (intensif et extensif) est actuellement en cours de lancement.
Philips Lighting propose la gamme des projecteurs Arena Vision dont l’optique ovale intégrée est associée aux lampes iodures métalliques double culot MHN-LA 1 000 W ou MHN-SA HO 2 000 W. Le déflecteur, intégré au réflecteur, permet de réduire les nuisances lumineuses. La version réamorçage à chaud électronique (HRE) est disponible pour les deux puissances de lampes, permettant le rallumage immédiat de l’éclairage après une coupure de l’alimentation réseau.
Pour le fabricant, « Aujourd’hui, la gestion des ambiances, dans les stades, se doit d’être de plus en plus intelligente pour faire entrer en résonance interactive les spectateurs avec les événements sportifs. Non seulement l’éclairage d’une aire de sport doit respecter des normes strictes, mais il constitue également une source potentielle de revenu additionnel souvent négligée par les opérateurs ».

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°325

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