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Des mesures efficaces pour prévenir les tassements

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La sécheresse entraîne une dessiccation des sols argileux. Cela se traduit par des mouvements différentiels susceptibles de déstabiliser les bâtiments dont les fondations sont superficielles.

À l’avenir, les épisodes de sécheresse occasionneront davantage de sinistres. Selon l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), il faut s’attendre à « une extension des zones touchées par le retrait-gonflement des argiles […] amenant des dommages sur les habitations multipliant par trois à six les coûts actuels de tels dégâts ».

Instauré en 1982, le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles montre que le coût cumulé de la sécheresse à la fin de 2012 pèse 5,6 milliards d’euros. Deuxième poste de dépense après les inondations, celle-ci totalise 33 % des sommes versées. Environ 20 000 arrêtés de reconnaissance de sécheresse ont été publiés concernant plus de 8 300 communes. Près de 1 260 ont été touchées cinq fois ou plus… L’épisode exceptionnel de l’année 2003 s’est révélé le plus coûteux : plus de 100 000 bâtiments ont été affectés pour un montant de presque 2 milliards d’euros.

Règles à respecter

Partie la plus fine du sol, les argiles se caractérisent par une structure en feuillets dans laquelle l’eau pénètre avec des conséquences parfois redoutables. « Les phénomènes de retrait-gonflement s’expriment dans les minéraux argileux appartenant au groupe des smectites et, dans une moindre mesure, à celui des interstratifiés », explique Alain-Franck Béchade, dans un guide sur le sujet (1). Cet ingénieur spécialisé dans l’audit, l’expertise et la formation s’intéresse aux maisons individuelles et bâtiments à assise peu profonde, particulièrement sensibles aux épisodes alternatifs de sécheresse et de réhydratation. Il passe en revue les méthodes de diagnostic et de réparation des ouvrages sinistrés, ainsi que les mesures de prévention pour les constructions neuves. « Nous publions des informations à l’usage des professionnels mais aussi des particuliers », rappelle Frédéric Henry, directeur prévention construction et partenariats à l’AQC. Objectif : inciter tous les acteurs à mieux prendre en compte le risque du terrain avant de construire.
La montée en puissance de la pathologie a incité les pouvoirs publics à financer un travail de cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles, avec un risque de mouvements de terrain différentiels. « Nous avons établi des cartes départementales à l’échelle 1/50 000 », précise Sébastien Gourdier, de la direction « risques et prévention » du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Achevées depuis 2010, elles tiennent compte à la fois de la composition du sol et du nombre de sinistres enregistrés. Le territoire est ainsi décomposé en quatre niveaux d’aléa : fort, moyen, faible et zone a priori non argileuse. Cette cartographie accessible sur Internet (2) est utilisée pour élaborer les plans de prévention des risques naturels (PPRN).

Prototype

Dans l’existant, les tassements différentiels occasionnent des fissures dans les fondations et murs périphériques, l’affaissement et la rupture des dallages sur terre-plein, la déformation des baies jusqu’à un blocage des ouvrants… Dans certains cas, il suffira de réduire l’évapotranspiration du sol et de résorber les apports d’humidité ; dans d’autres, il faudra procéder à une reprise en sous-œuvre avec des prestations plus ou moins coûteuses. À partir du moment où le bâtiment est stabilisé, il est possible de traiter les fissures et de restaurer les menuiseries et finitions. Les procédures se déroulent souvent sur plusieurs années. Les interventions doivent être conduites sous l’égide d’un maître d’œuvre spécialisé, sous peine de favoriser les sinistres de deuxième génération.
Les solutions semblent satisfaisantes. Les pouvoirs publics ont commandé une étude en laboratoire sur un prototype de maison construite selon les règles de l’art. « Les fondations reposaient sur des vérins hydrauliques qui ont permis de simuler divers mouvements de sol », explique Sébastien Burlon, ingénieur au sein du département géotechnique de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar). Cette étude, menée dans le cadre du projet Argic (analyse du retrait-gonflement et de ses incidences sur les constructions), a montré que le respect de la réglementation permettait d’affronter les sollicitations les plus courantes. De nouveaux documents devraient prochainement mieux informer le public sur les dispositions à prendre. Par ailleurs, des recherches complémentaires viendront affiner la cartographie des zones sensibles.

N°342

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