Des flocons d’argent pour estomper les ondes électromagnétiques

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Les motifs floconneux du MétaPapier agissent comme des réflecteurs de fréquence (à g.). Ils se déclinent sur support textile avec EstoMpe (à dr.).

MétaPapier est un concept de motif imprimable sur tout type de support mis au point par une équipe de recherche pour le papier peint. L’objectif ? Permettre un filtrage sélectif des ondes WiFi et celles des téléphones portables. Il est actuellement développé pour une application textile.

Éviter que le WiFi du voisin ne fasse « ramer » la box de la maison, protéger une chambre d’hôpital ou une salle de concerts des ondes des téléphones portables ou sécuriser un réseau sera bientôt possible grâce à un procédé d’isolation inédit. Le MétaPapier est né au CTP, Centre technique du papier (membre du réseau des instituts Carnot), fruit du partenariat avec deux laboratoires de l’Institut national polytechnique de Grenoble : le LCIS (Laboratoire de conception et d’intégration des systèmes) et l’Imep (Institut de microélectronique, électromagnétisme et photonique). Il se présente comme un simple papier peint, à la différence près que ses motifs, imprimés avec une encre conductrice à base d’argent, agissent à la manière d’un miroir réfléchissant certaines longueurs d’ondes électromagnétiques.

« Proposer une alternative passive »

« Il ne s’agit pas de les bloquer toutes, à la manière d’une cage de Faraday, ou de les brouiller, mais - pour ce qui concerne le WiFi, par exemple - de proposer une alternative passive par renvoi des deux bandes de fréquences concernées : 2,45 et 5 GHz », explique Guy-Eymin Petot Tourtollet, chef de projet électronique imprimée, papier intelligent au CTP. C’est la configuration des motifs (dont le design évoque un flocon de neige) - et plus précisément leur taille - qui va agir sur les différentes bandes, ce qui a impliqué le développement de deux papiers : l’un protégeant des ondes du WiFi, l’autre de celles des mobiles. En tout cas, c’est l’interaction des motifs entre eux qui opère le filtrage, quels que soient la polarisation et l’angle d’incidence des ondes. « Il n’est donc pas indispensable que les bandes de papier soient parfaitement jointives », poursuit le chercheur. De même, on peut tout à fait recouvrir ce substrat d’un autre papier peint sans altérer sa faculté d’atténuation.
« La fonctionnalité du motif est brevetée, mais en tant que tel, il peut, en effet, être imprimé sur d’autres supports que le papier », poursuit Guy-Eymin Petot Tourtollet. En l’occurrence une toile souple. Si le papetier finlandais Ahlstrom avait un temps envisagé la commercialisation du MétaPapier, c’est le français Senfa, spécialiste dans l’enduction, qui, pour l’heure, en détient la licence pour une application textile.
« Le motif en question viendra en estampe sur un textile noir ou blanc préalablement enduit pour offrir des fonctionnalités complémentaires : ignifugation, occultation, hydrophobie, impression - dans sa version blanche », explique Delphine Lavauzelle, responsable commerciale en charge du produit - baptisé EstoMpe - chez Senfa. Il pourra même être floqué (sur option), pour présenter également des propriétés d’isolation phonique. Les développements en cours se concentrent sur le textile destiné à filtrer les ondes WiFi. Une première phase a consisté à adapter la taille du motif avant de fabriquer le cylindre rotatif, ceci pour simplifier les procédés d’impression. Le prototype textile fait l’objet de tests en chambre anéchoïque à l’INP de Grenoble. « Et les premières mesures révèlent une atténuation des ondes de l’ordre de 22 dB. » Pendant ce temps, au CTP, les recherches se poursuivent, notamment pour obtenir l’effet inverse, c’est-à-dire l’amplification passive des ondes, pour d’autres applications…

N°350

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