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Des composants d’une simplicité apparente

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Des composants d’une simplicité apparente

Issus du développement des bardeaux losanges et des carrés, les bardeaux Grand Format de Rheinzink présentent une plus grande surface visible, et donc une plus grande surface d’habillage.

© (Doc. Rheinzink)

Acoustique, sécurité, isolation thermique, contrôle solaire… les procédés du second œuvre intègrent désormais tous les critères liés au confort de l’utilisateur. Les innovations sont rares, les industriels ayant plutôt tendance à peaufiner leurs produits sur le plan esthétique et technique, et à en faciliter la mise en œuvre.

En matière de second œuvre, l’enveloppe est au centre des problé­matiques croisées d’isolation, de confort (visuel, acoustique, confort d’été), de santé… Avec en filigrane, une généralisation de l’approche système par les fabricants de plus en plus sensibles au concept de développement durable. Toutefois, nombre de procédés sont déjà anciens et ne présentent pas d’évolutions majeures sur le plan technique. Des produits ou systèmes sont même présentés comme très innovants, alors qu’ils sont déjà la norme chez certains voisins européens, voire banalisés chez nous. Ainsi, s’agissant de la façade et de l’aveu même du Cstb, « les vitrages respirants, les procédés de double peau marquent le pas, de même que les techniques VEC et VEA qui demeurent inchangées dans leur classicisme ». Pour José Fontan, chef du département enveloppe et revêtement au Cstb, l’innovation dans ce domaine est davantage liée à l’ouvrage en lui-même qu’aux procédés : « La façade devient de plus en plus une œuvre d’art. À ce titre, elle se doit d’être unique au niveau de sa structure, de sa couleur, de sa forme. » Le résultat : « Des tracés très innovants, qui se vérifient dans le cadre de la délivrance des Appréciations techniques d’expérimentation (Atex). »

Une conception essentielle pour le confort d’été

Les façades prennent du volume, du relief et de la couleur. Cela passe par la mise en œuvre de vitrages bombés convexes ou concaves, par l’utilisation de verres sérigraphiés ou d’inserts organiques, voire de polyesters décoratifs. L’exigence principale technique étant de répondre aux impératifs de la réglementation thermique. Sur ce point, la qualité des profilés à rupture de pont thermique et celle, croissante, des produits verriers, permet aujourd’hui de proposer un ensemble de solutions performantes tout en respectant l’esthétique souhaitée par l’architecte et le maître d’ouvrage.

De nombreux experts estiment que l’on ne tient pas suffisamment compte du confort d’été. Pour Alain Maugard, président du Cstb, « si le verre a gagné la bataille de l’hiver, il reste encore celle de l’été, tout en restant dans le cadre du développement durable et de la notion de bâtiment à énergie positive. » La forte demande de confort d’été est encore très liée à des solutions ­consommatrices d’énergie (le rafraîchissement, par exemple). Les systèmes de contrôle solaire se développent sous la pression de la démarche HQE, l’enjeu étant d’optimiser les apports d’un bâtiment selon les saisons. Pas si simple dans la mesure où la façade doit réunir des fonctions peu compatibles (par exemple, transparence et confort d’été). Penser une ­façade passe par des arbitrages déterminés en fonction des priorités définies par les maîtres d’ouvrages et d’œuvre.Certains s’accordent à dire qu’elle n’est pas suffisamment pensée en terme d’économies d’énergie. D’autant qu’elle est amenée, notamment lorsqu’il est question de façade active, à rentrer dans la gestion globale du confort thermique des constructions.

La protection solaire passe ainsi, en renfort des vitrages à contrôle ­solaire, par toute une palette de systèmes d’occultation, du simple volet aux stores roulants en passant par les brise-soleil mobiles, stores photovoltaïques et ventelles motorisées. La tendance qui consiste à les coupler à des automatismes reste inchangée. Performants et sophistiqués, ceux-ci assurent une meilleure gestion des installations. Autres solutions, plutôt réservées au secteur tertiaire, des doubles vitrages intégrant des stores vénitiens à lamelles orientées par commande magnétique, ou des vitrages électrochromes qui s’obscurcissent sous l’effet d’un courant basse tension.

Des parements qui jouent la variété et l’esthétique

Toujours dans le domaine de l’enveloppe, on note un renouveau des matériaux utilisés en parement de façade, tels le bois, le bronze ou encore la tôle émaillée. José Fontan remarque « une multiplication des bardages en carreaux de céramique de grandes dimensions et des vêtures en polyester, ainsi que le ­développement de modénatures qui apportent du relief à la façade sous la forme d’encadrement ou de corniches ». Solutions durables, compatibles avec l’isolation par l’extérieur, les bardages sont en effet un moyen efficace pour personnaliser les façades au travers d’une offre diversifiée de matériaux et de formats : bois, contreplaqué, ciment, fibre ciment, aluminium, acier, zinc, terre cuite, matériaux composites, verre, polycarbonate. Tous affichent une esthétique forte pour des destinations aussi variées que l’habitat individuel et collectif, les bâtiments industriels, les immeubles du secteur tertiaire, jusqu’aux bâtiments agricoles pour lesquels les bardages bois s’imposent de plus en plus.

Couplés à une isolation extérieure, les bardages donnent des résultats thermiquement et acoustiquement pertinents. Plus de ponts thermiques puisque les clins ou panneaux recouvrent la façade dans son intégralité en résolvant les points singuliers que sont les abouts de plancher et les nez de refends. Dans ces systèmes, l’isolant constitue une ceinture thermique, qui renforce l’inertie de la structure tout en l’assainissant.

Au chapitre des produits, les ­bardages bois affichent qualités mécaniques et durabilité, grâce à différents traitements de surface et à des essences de choix, compatibles avec une gestion durable des forêts. À noter parallèlement, l’émergence de produits en bois chauffé. Le bois est néanmoins de plus en plus concurrencé par des systèmes de bardage ciment, qui en reprennent l’aspect, sont mis en œuvre à l’identique et ne demandent aucun entretien.

Innovation aussi du côté des produits en terre cuite. Mis en œuvre à l’horizontale en bardage ou en vêture, ces systèmes sont constitués de briques de grande longueur, fixées mécaniquement à la paroi au moyen d’agrafes et de profilés métalliques spécialement étudiés. Ces produits s’associent sans difficulté aux procédés d’isolation thermo-acoustique par l’extérieur, ou s’utilisent à des fins purement décoratives.

Quant aux produits métalliques (zinc, acier, aluminium…), ils autorisent une grande variété d’aspects de coloris et de formats, compatibles avec tous les environnements et constructions : creux, reliefs, nervures horizontales ou verticales…

En attendant les isolants sous vide, actuellement en phase d’essai, les isolants traditionnels évoluent chacun dans leur créneau, en améliorant leurs performances thermiques et acoustiques, avec une percée des produits dits naturels. Dans tous les cas, l’isolation thermique est devenue indissociable de l’isolation acoustique, d’où le développement, pour toutes les gammes, de ­complexes qui incluent systématiquement ces deux concepts.

L’arrivée d’Avis techniques en isolants minces

Cette approche « système » des fabricants facilite la pose et offre des performances conformes à la promesse d’isolation symbolisée par le lambda de l’isolant. En effet, un produit bénéficiant d’excellentes performances n’a aucune valeur s’il perd certaines de ses caractéristiques lors de sa mise en œuvre. Selon une étude de l’Institut de physique du bâtiment de Stuttgart (Allemagne), il suffit d’un millimètre de passage d’air entre deux plaques isolantes, et sur une longueur d’un mètre, pour que l’efficacité de la paroi isolante soit divisée par 4,8. Avec le développement des systèmes de pose prenant en compte, via l’utilisation de fixations à rupteur de pont thermique, les pertes dues aux ossatures métalliques, on obtient théoriquement des résultats en phase avec les propriétés intrinsèques du produit.

Dans l’isolation, le développement des produits graphites est ­notable. Efficaces aussi bien sur le plan acoustique que thermique, ils affichent l’un des lambdas les plus performants. Les laines minérales, elles, s’habillent d’un surfaçage en feutre limitant les irritations lors de la pose, ou d’un surfaçage réfléchissant qui assure en toiture une amélioration de 8,5 % de leurs propriétés thermiques par rapport à la même solution en simple Kraft.

Déjà remarqués lors la précédente édition de Batimat, les isolants en laine de chanvre, de plume, de laine ou de lin, pénètrent doucement le marché. Les industriels de ce secteur contestent toutefois l’appellation « naturel », leur préférant la formule « isolant d’origine végétale ou animale ». Car ces produits, bien que d’origine naturelle, intègrent dans leur formulation un liant en général synthétique, de type polyester, dans une quantité plus ou moins importante (10 à 20 %). Présentés en rouleau, panneau ou en vrac, ils sont à évaluer selon des critères identiques à ceux des isolants traditionnels : performances (thermique, acoustique, feu…), mise en œuvre, système de pose, disponibilité et prix.

Du changement aussi du côté des isolants minces réfléchissants (IMR). Sujets à polémiques sur leurs performances, – les uns les considérant comme des compléments d’isolation, les autres comme des isolants ayant des propriétés thermiques identiques aux autres mais n’agissant pas selon les mêmes critères (1) – ils bénéficient désormais d’Avis techniques. Les informations apportées par ces derniers sont de trois ordres : performance thermique, durabilité et mise en œuvre.

Cloisons plâtre : diversification et préfinition en usine

En deux ans, les systèmes de cloisonnement (liés aux isolants) n’ont pas connu de bouleversements, quel que soit le matériau : plâtre (plaque et carreau), brique (plâtrière et carreau), béton cellulaire, plaque ciment, cellulose… La tendance générale des industriels est au peaufinage des techniques de pose et de finitions, et s’observe produit par produit. Ainsi, du côté de la plaque de plâtre, les nouveaux complexes de doublage PSE se dotent de prédécoupes pour le passage des fluides, réalisées directement dans l’isolant. De même, les plaques font l’objet d’une préfinition en usine. L’avantage réside dans la disparition de la couche d’impression, obligatoire sur les plaques de plâtre standard avant la mise en peinture ou la pose d’un revêtement mural. Les joints entre les plaques sont de la même couleur blanche, d’où un aspect de surface uniforme et sans défaut. Et dans le temps, le décollage chimique (ou à la vapeur) des revêtements anciens, lourds ou légers, ne provoquera aucune altération de l’épiderme cartonné. Les industriels généralisent également les solutions quatre bords amincis, notamment en cloisons de grande hauteur ou en plafond. Ils développent aussi une approche système pour des applications spécifiques, par exemple des complexes de cloisons acoustiques de grande hauteur ou, plus simplement, de cloisons séparatives de logements répondant aux exigences de la nouvelle réglementation acoustique (NRA). Une autre application en développement concerne les plaques de haute et très haute dureté, hydrofugées, classées M1 et M0 destinées à la protection incendie.

Au plafond, l’offre se segmente en produits démontables (tertiaire et ERP), ou non démontables pour l’habitat. Mais tous les fabricants ont en commun le souci esthétique et la prise en compte des contraintes acoustiques, thermiques et de sécurité incendie. Ainsi la prescription minimale, stable au feu une demi-heure, répond à un classement feu M0 ou M1 et accepte une hygrométrie relative des locaux de 70 % à 20°C. Il existe ensuite des gammes extrêmement techniques, aptes à répondre à des contraintes spécifiques en termes d’hygiène, de résistance ou encore d’hygrométrie. Ces produits trouvent leurs applications dans les hôpitaux, les cuisines industrielles ou encore dans l’industrie agro­alimentaire.

La correction acoustique passe par une offre renouvelée de cavaliers et de suspentes, pièces assurant la désolidarisation vibratoire du plafond. Ainsi, les ressorts les plus performants apportent une fréquence propre inférieure à 6 Hz, contre 12 Hz pour les modèles précédents. D’où l’assurance d’un filtrage vibratoire dès 8,5 Hz. Ces performances permettent de répondre plus facilement aux nouvelles exigences acoustiques dans les locaux recevant du public, particulièrement l’hôtellerie, les établissements de santé et les locaux scolaires. Parallèlement, ces systèmes de suspente sont mis en œuvre plus rapidement qu’auparavant en facilitant la pose de l’ossature primaire. Ainsi, une seule pièce assure la désolidarisation vibratoire, la fixation mécanique et le réglage de la hauteur du plénum.

Coulissants : des efforts en conception

Toutes les gammes cherchent à capter au mieux la lumière naturelle. Cette capacité de réfléchir la lumière, doublée de celle d’absorber les sons, fait du plafond un élément essentiel dans la conception d’un local de travail ou d’une pièce à vivre. Autre axe en fort développement, la multiplication de l’offre en plafonds chauffants ou chauffants/rafraîchissants,

Côté menuiserie, les grandes tendances restent de mise. On observe cependant une augmentation de leur épaisseur jusqu’à 75 mm, pour répondre de manière plus pertinente encore aux enjeux thermiques et intégrer à terme un triple vitrage.

En aluminium, les menuiseries sont systématiquement dotées de profilés à rupture de pont thermique, y compris en coulissants, une évolution indispensable pour qu’elles passent le cap des prochaines réglementations. Les performances thermiques des coulissants sont en effet plus difficiles à obtenir et il n’est pas exclu que certaines gammes ne passent pas la RT 2005. Nombre d’entre eux sont déjà équipés de bavettes polyamides et un travail important est effectué sur les profilés, afin de limiter, voire supprimer, les pertes thermiques.

Autre évolution, le fort développement du galandage, qui apporte un dégagement de la vue sans équivalent grâce à la disparition complète des ouvrants. Les fabricants développent également des offres spécifiques au résidentiel, avec le développement des fenêtres à frappe (françaises, oscillo-battantes, à soufflet…).

En finitions, l’aluminium anodisé est définitivement abandonné au profit du thermolaquage. À noter également l’apparition des blocs-baies aluminium sur le même modèle que les produits en PVC. Les atouts de la version aluminium sont propres à ce matériau : clair-de-jour maximal en raison de la finesse des profilés et du grand choix des teintes et des finitions. Des atouts que le PVC cherche à posséder par affinement des profilés auquel s’ajoute une recherche d’effet matière et une diversification dans la couleur. Les couleurs grisées ou sablées devraient permettre au PVC de se développer en rénovation ailleurs que dans le logement social ou sur des offres d’entrée de gamme. Toujours en développement, les blocs-baies PVC permettent de s’affranchir en partie des problèmes de pose. D’année en année, ils sont devenus plus techniques et répondent tout à la fois à des exigences en isolation thermique et acoustique, en sécurité et en bonne tenue dans le temps.

Avec le bois, la lamellisation se généralise comme l’emploi de profilés à drainage rapide, lesquels s’affinent pour d’avantage de clair vitrage et arrondissent leurs formes, désormais exemptes d’angles saillants. Il en résulte une esthétique plus proche des menuiseries anciennes et une meilleure tenue des traitements de surface avec, pour corollaire, une diminution de l’entretien. Un point sensible des menuiseries bois, malgré une nette amélioration des peintures et lasures dans le domaine.

La fenêtre de toit s’intègre à l’environnement

Du côté des composites en revanche, peu de développement. Le Cstb affirme d’ailleurs que « les profilés en polyester renforcés de verre sont à remiser au rang des innovations sans lendemain ». Des produits qui comportent peu d’avantages techniques, mais se développent au Canada et aux Etats-Unis. La fenêtre de toit suit les tendances observées dans le monde de la baie. L’heure est à la multiplication des fonctions, avec une amélioration des conditions de mise en œuvre, due à la simplification et à la diminution des étapes de pose. Les fabricants travaillent sur les systèmes d’ouverture, les plus sophistiqués d’entre eux combinant mouvements de rotation et de projection pour que l’usager profite pleinement d’une vue dégagée.

Un développement massif des automatismes

Outre la mise en place systématique de vitrages VIR et autonettoyants, voire isophoniques ou Securit dans les versions haut de gamme, les efforts portent en priorité sur la protection solaire, un aspect particulièrement sensible dans les combles. Outre l’utilisation de vitrages à faible facteur solaire (0,23 sur les plus performants, pour 0,40 sur les anciens modèles), les volets roulants extérieurs viennent remplacer les stores intérieurs. Le travail sur la gestion des apports solaires s’accompagne également d’un développement massif des automatismes, capteurs et télécommande pour ouvrir et fermer des fenêtres en cas de pluie, de vent …

Dernière grande tendance dans ce domaine, l’intégration des fenêtres de toit à l’environnement immédiat, toiture mais aussi voisinage. Après avoir réduit la profondeur d’encastrement, les fabricants cherchent maintenant à intégrer leurs produits à la configuration de la toiture, tout en reproduisant des esthétiques ­passées.

C’est le cas, par exemple, des fenêtres de toit en acier ou aluminium, qui reprennent l’apparence des verrières d’atelier ou des anciennes lucarnes. L’intégration passe également par la commercialisation de bavettes d’étanchéité dans des couleurs qui s’harmonisent avec les matériaux de couverture. Il existe également des systèmes de raccordement spécifiques pour intégrer plus discrètement les fenêtres de toit aux couvertures ardoise, de telle sorte que les surfaces vitrées se situent dans le plan de couverture.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°256

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