Des boutiques éphémères nichées dans des galets métalliques

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1. Vitrages2. Plot pour ossature secondaire3. Ossature secondaire4. Isolation5. Tôle de support et membrane d'étanchéité 6. Coque en acier

Pour reloger des enseignes de luxe pendant d’importants travaux menés actuellement à Monaco, des pavillons éphémères ont été créés. Un calepinage méticuleux a été mis en œuvre pour réaliser leur bardage d’aluminium facetté.

Cinq pavillons arrondis bordant une allée qui serpente entre les arbres des jardins des Boulingrins. Telles sont les structures éphémères conçues par Richard Martinet (agence Affine Design) pour le compte de la Société des bains de mer, afin d’accueillir temporairement les commerces de luxe monégasques durant les travaux de l’hôtel de Paris et du Sporting d’hiver. Une opération au calendrier serré - livrée sous moins de deux ans - qui nécessitait d’anticiper les contraintes du futur chantier : absence de zones de stockage, impossibilité de bloquer la circulation alentour et obligation de composer avec les événements locaux, notamment le grand prix de Formule 1, entraînant ponctuellement le montage de tribunes. En outre, il fallait prendre en compte les particularismes de la parcelle. Située sur une zone sismique et présentant une déclivité de 8 %, celle-ci forme une mince bande de terrain dont l’étroitesse a été résolue par la création d’un cheminement en méandres.

Structure autoporteuse

Revendiquant l’inspiration de la nature, l’architecte a rapidement imaginé de « poser des galets géants dans la végétation », dont le modelé et l’organisation en plan-masse ont été dictés par les lacets de ce sentier traversant. Restait à donner corps à ces volumes organiques, « sachant que les réponses techniques devaient respecter trois critères fixés par la maîtrise d’ouvrage : préfabrication, rapidité de montage et facilité de démontage », détaille Richard Martinet. Les pavillons s’érigent sur un parking de huit niveaux, pour lequel aucun renforcement n’était envisageable, ce qui a obligé à respecter scrupuleusement la descente des charges autorisée sur la dalle de couverture. Les structures sont donc maintenues par une cerce en acier qui en absorbe les efforts horizontaux et reporte les charges verticales sur des longrines. Bien que de taille variable (de 220 à 600 m2), chaque pavillon repose sur le même principe constructif. Il se compose d’une structure primaire autoporteuse en acier formant une coque, qui fait office de pare-vapeur, d’un isolant en laine minérale, puis d’une membrane d’étanchéité polyoléfine thermosoudée. Juxtaposée à ce complexe, la structure secondaire, constituée d’un réseau d’armatures tubulaires en acier, sert d’ossature aux losanges pliés du bardage métallique. « Pour ce qui concerne le matériau des panneaux, plusieurs solutions ont été étudiées, précise Jorge Hidalgo Pérez-Simón, ingénieur chargé du projet chez T/E/S/S. Plutôt que des plaques d’aluminium massif de 4 mm, qui auraient nécessité des raidisseurs, nous avons préféré employer des panneaux composites de 15 mm (deux feuilles d’aluminium de 1 mm enserrant une âme en nid-d’abeilles) plus légers mais aussi plus rigides, dont le rendu est presque similaire. » Le développement géométrique de l’enveloppe de chaque pavillon a été déterminé par un algorithme : toutes les pièces sont uniques et s’imbriquent à la manière d’un puzzle. Au final, 4 000 m2 de panneaux d’aluminium gaufré viennent revêtir les bâtiments.

Simplicité du système d'accroche

Une conception fine et minutieuse a permis de calculer le dimensionnement et le positionnement des plaques au millimètre près. « Tout l’enjeu des opérations de pose était de parvenir à fermer l’ouvrage, explique l’ingénieur. La totalité des pièces ayant été découpées en usine, il était impossible de les retailler sur place ». En outre, pour que leur espacement, qui n’excède pas 20 millimètres, soit le plus régulier possible, on a subtilement joué avec la ligne de pliure des losanges : du travail de très haute précision, presque impossible à distinguer à l’œil nu. La complexité de l’assemblage a heureusement profité de la simplicité du système d’accroche, chaque plaque se fixant au moyen de quatre attaches aux tubes de l’armature secondaire, qui, à la manière d’une résille, enserrent les pavillons.

N°341

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