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Dernier volet de la norme DTU Gaz

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Dernier volet de la norme DTU Gaz

Marc Potin ingénieur à la direction des techniques et des méthodes de Socotec

La partie vii de la norme NF DTU 61.1 – Installations au gaz – Règles de calcul harmonise les règles de calculs de dimensionnement des canalisations.

Avec la parution de la partie vii de la norme NF DTU 61.1 – Installations au gaz – Règles de calcul, en décembre 2008, l’ensemble des textes concernant ces installations (dont la publication a commencé en décembre 2001) est complet. L’objectif de ses rédacteurs était triple : rassembler l’ensemble des règles existantes, les harmoniser et en faciliter l’accès à tous les professionnels en y incluant des outils simples et pratiques. Marc Potin, spécialiste dans ce domaine à Socotec, nous livre la substance d’un texte qui intervient très peu sur les aspects de conception.

CTB : Comment se présente cette partie VII du DTU 61.1 ?

Marc Potin : Elle est elle-même divisée en trois sections qui présentent chacune une particularité. La première, entièrement nouvelle, est l’ensemble des Règles de calcul de dimensionnement des canalisations de gaz. La seconde concerne les calculs de dimensionnement des conduits d’évacuation des produits de combustion ; c’est en fait une mise à jour de la Spécification ATG B84 déjà intégrée dans le DTU précédent. La troisième est liée à la mise en place de petites chaudières à circuit étanche (dites « à ventouse ») dont le débouché se situe dans des courettes fermées ou mal ventilées.

Globalement, l’une des nouveautés les plus remarquables est l’intégration dans un DTU, qui est un document normatif, de règles de calculs qui figurent rarement dans ce type de texte. Leur présentation dans la norme les rend donc contractuellement obligatoires, notamment en marchés publics.

CTB : Comment ont été établies les règles de la première partie ?

M. P. : Elles préexistaient dans des documents différents réalisés par les distributeurs soucieux de la sécurité et de la qualité des installations utilisant leur combustible. Mais les règles variaient en fonction de leurs auteurs et du combustible lui-même. En outre, dans les ERP, le tertiaire ou l’industriel, les distributeurs n’intervenaient pas pour le dimensionnement des installations après les compteurs.

Cette première partie du DTU harmonise donc ces règles, et les officialise. Volumineuse (environ 40 pages), sa présentation a été particulièrement travaillée pour en faciliter l’accès. Elle se décompose en trois parties : des données simplifiées en fonction des objectifs comme, par exemple, la dimension d’une canalisation pour un logement, des règles simplifiées dont les résultats sont donnés au travers d’abaques, et les règles complètes avec l’ensemble des formules de calcul auxquelles il est toujours possible de se référer, quel que soit l’ouvrage. Si la notion de « calibre » est maintenue, des tableaux de correspondance les associent à des diamètres. 

CTB : La deuxième partie concerne les conduits d’évacuation des produits de combustion.

M. P. : Il s’agit là d’une mise à jour d’un texte déjà intégré dans la version précédente du DTU, la Spécification technique rendue obligatoire ATG B84. Dans le fond, les changements apportés consistent surtout en une prise en compte de l’évolution technique des matériels et sur la façon de présenter les règles. On a aussi voulu assurer l’harmonisation de ces règles avec d’autres textes comme le DTU 24.1 pour les travaux de fumisterie, sur les conduits de fumées.

Les tableaux de la précédente édition ont été recalculés et repris sous forme d’abaques, toujours dans un souci de les rendre accessibles à tout professionnel.

On peut d’ailleurs penser que ce texte est transitoire puisque l’usage des appareils à tirage naturel devrait se raréfier. L’harmonisation européenne encouragera, voire imposera, l’utilisation d’équipements à haut rendement. Il faudra alors construire de nouveaux conduits ou modifier ceux qui existent qui ne seront plus adaptés. À l’horizon 2010-2020, on évoquera surtout les conduits sous pression.

Ce texte demeure applicable dans les cas de rénovation et sera probablement renforcé par une révision de l’arrêté du 22 octobre 1969 concernant ces ouvrages.

CTB : La troisième partie sur les chaudières à ventouse en bouleverse-t-elle l’usage ?

M. P. : La troisième partie ne concerne en réalité que des usages très spécifiques des chaudières à circuit étanche : lorsque la prise d’air ou l’évacuation des produits de combustion est réalisée dans un espace réduit ou confiné comme les courettes.

Le texte donne des indications et des schémas sur la surface de ces espaces en fonction du nombre d’étages. Mais globalement, il s’agit d’espaces complètement enserrés dans des bâtiments ou d’espaces entourés par des bâtiments en forme de U. Leurs dimensions peuvent être importantes puisqu’on peut atteindre 400 m2. Ces dimensions ont été fixées à la suite d’essais réalisés dans les laboratoires du Cstb de Nantes.

CTB : Qu’impose le nouveau texte ?

M. P. : Il s’agit d’éviter que les produits de la combustion pénètrent dans les locaux aérés, via ces courettes. Le document intervient donc dans un premier temps sur la conception en imposant de vérifier s’il est possible ou non de disposer une sortie dans le lieu concerné. Dans un second temps, il donne les moyens de calculer le nombre d’installations possibles en fonction de la configuration de ce lieu.

On peut aboutir non seulement à une interdiction d’ajouter ou à une stricte limitation pour des installations nouvelles mais aussi, dans le cas de rénovation (le texte n’est toutefois pas rétroactif) à l’obligation de modifications soit du régime d’aération des logements soit du système de ventilation de la courette, par exemple en la forçant.

Comme dans les autres parties du DTU, des abaques concrétisent ces règles.

CTB : La norme DTU 61.1 est applicable depuis sa publication ?

M. P. : Comme pour tous les DTU, c’est la date de dépôt de permis de construire qui commande. Toutefois, pour des travaux faisant déjà l’objet d’un marché mais qui ne débuterait qu’après une période de six mois après la publication, elle serait à prendre en compte.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°286

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