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Démolition d’une tour en milieu urbain

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Démolition d’une tour en milieu urbain

En octobre 2013, six mois avant sa démolition, la Tour 13 créé l’événement, en abritant une exposition éphémère de Street Art qui attire 15 000 visiteurs. En avril, il n’en reste plus rien.

Cinq jours ont suffi pour abattre un immeuble de neuf étages (la Tour 13) et un R+5 contigus, en plein Paris. Un chantier sans improvisation, en raison du manque de place, de l’importante circulation automobile et de la proximité des piétons. De multiples techniques de curage, de désamiantage, de grignotage et de protection ont été mises en œuvre.

Six mois de travaux pour cinq jours de démolition. En avril, la destruction de deux bâtiments contigus de l’îlot Fulton, au cœur du quartier Austerlitz dans le périmètre de la ZAC Paris Rive gauche (13e arr.), a fait l’objet d’une attention toute particulière. Les deux immeubles faisaient partie d’une résidence de plusieurs bâtiments, de 133 logements au total, édifiés au début des années 1950 par Daniel Michelin : un immeuble (R+5 sur sous-sol, de 12 logements) et une tour (R+9 sur sous-sol, de 38 logements) baptisée « Tour 13 ». Ces constructions, en poteaux-poutres béton avec des façades remplies d’un parement de briquettes, disposaient d’une toiture-terrasse en zinc pour le R+9 et en tuiles sous fermette acier pour le R+5.

En novembre, le chantier commence, après la fermeture des lieux qui, jusqu’au 31 octobre, abritaient une exposition éphémère de Street Art. La première opération, réalisée par ICF Habitat La Sablière, consiste à déconnecter les réseaux électriques, gaz, téléphone et eau. Le 18 novembre, Occamat prend les rênes du chantier, installe les équipements de sécurité, les clôtures, les baraques de la base vie et un ascenseur extérieur.

Absence d’amiante friable

Les travaux sont lancés mi-décembre, avec le curage complet des matériaux (bois, plastique, métal, plâtre, isolants), puis le désamiantage proprement dit. Celui-ci durera un mois pour le R+5 et six semaines pour le R+9, entre janvier et février 2014. Le diagnostic amiante-plomb-thermites préalable a identifié les zones à traiter. Par chance, aucun matériau n’appartient à la liste A (amiante friable : flocage, calorifugeage ou faux plafond).
L’opération mobilise cinq à sept personnes en permanence. Les espaces sont confinés et les intervenants directs équipés d’une combinaison et d’un masque étanche. La gaine en amiante-ciment du vide-ordures est déboiîée par tronçons transportables. Le désamiantage des colles de salle de bains et des peintures des parties communes est opéré par ponçage à la machine. Les opérateurs recourent également à l’hydrogommage par projection d’une solution d’eau et de sable sous pression, moins pénible et plus efficace. L’eau qui ruisselle dans des goulottes est filtrée avant d’être rejetée. La métrologie du processus est assurée par un laboratoire qui prélève des échantillons d’air et vérifie la teneur en fibres d’amiante dans la zone de travail. Pour limiter la pénibilité et le risque humain, le Groupe EPC étudie des systèmes mettant en œuvre des solutions de décapage ou des robots radiocommandés à distance. Le but est de mécaniser au maximum ce type d’opération, afin de ne plus exposer le personnel au risque du contact direct avec l’amiante.

Le béton et le fer sont recyclés, pas la brique

La phase de grignotage est lancée début avril. Les principales contraintes sont le manque de place dans cet espace urbain où la circulation automobile est dense et la proximité des piétons. L’intervention est planifiée avec la direction de la voierie de la ville, la Préfecture de police et la mairie du 13arrondissement. Elle prendra deux jours pour le R+5 et trois jours pour la Tour 13.
Les gravois sont chargés sur des bennes de 4 à 5 tonnes, puis évacués par camion jusqu’à des barges accostées à la rive opposée (nord) de la Seine. Le béton et le fer sont recyclés, la brique, non recyclable, est mise en décharge. Début mai, les fouilles sont remblayées et le terrain mis au repos. Ce dernier est alors prêt pour accueillir le chantier de construction qui débutera à l’automne. Le projet, dont l’appel d’offres a été remporté par l’architecte Bernard Bühler, comporte 87 logements sociaux et 450m2 de commerces. Il sera terminé en 2016.

N°336

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