Dégradations par l’eau des douches carrelées dites « à l’italienne »

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Infiltration dans un local sous-jacent

Le constat

Des passages d’eau se manifestent dans l’environnement des douches dites « à l’italienne » (ou « de plain-pied »), avec des dégradations importantes des parois des locaux périphériques, mais aussi des infiltrations dans les locaux sous-jacents.
Dans un premier temps, ces phénomènes apparaissent au niveau des angles de raccordement entre les parois, entre la paroi et le sol, ou au niveau du siphon d’évacuation encastré dans le sol (voir schéma 1). Ils s’étendent ensuite, si les défauts d’étanchéité ne sont pas résolus rapidement.

Le diagnostic

Certaines causes des désordres sont identiques à celles identifiées dans les coins douches avec receveurs, à savoir :
• sur les parois verticales à base de plâtre, la nature inadaptée ou l’absence ou le défaut de continuité de la protection à l’eau sous la faïence murale ;
• le jointoiement défectueux des carreaux de faïence dans les angles rentrants (verticaux et horizontaux) et au droit de la robinetterie.
Il existe également des causes spécifiques, du fait de l’absence de receveur de recueil de l’eau :
• les infiltrations en sous-face de l’ouvrage ;
• l’absence ou l’inadaptation du procédé d’étanchéité indispensable au niveau du sol (le revêtement de sol carrelé et son jointoiement n’assurent pas l’étanchéité !) ;
• l’absence de relevé périphérique de l’étanchéité du sol, ou le mauvais raccordement de ces relevés au revêtement de protection des parois verticales ;
• la limitation de l’étanchéité du sol à l’emprise de la douche côté accès à la salle de bains ; laquelle ne protège donc pas le sol des effets du rejaillissement ;
• l’utilisation, pour l’évacuation de l’eau, d’un siphon de sol inadapté et ne permettant pas le raccordement efficace et pérenne de l’étanchéité au sol. Le siphon doit comporter une platine et recueillir l’eau circulant sur le carrelage et sur l’étanchéité sous-jacente, avec un débit suffisant ;
• la mauvaise réalisation du raccordement de l’étanchéité horizontale au siphon ;
• l’absence ou l’insuffisance de pente vers le siphon, entraînant des migrations de l’eau vers les surfaces adjacentes non étanchées ;
• la mauvaise utilisation de supports industriels prêts à carreler en matériau de synthèse :
- réservés aux locaux privatifs et utilisés en locaux collectifs,
- carrelés en galets naturels et poinçonnés par le support prêt à carreler (utilisation en dehors de l’avis technique du procédé de receveur).

Les bonnes pratiques

• Se conformer aux consignes générales concernant les coins douches.
• Dans le cas spécifique d’une douche de plain-pied, se reporter au NF DTU 52.2 P1-1-1 et 3, ainsi qu’aux e-Cahiers du CSTB n °3567.
• Veiller aux points sensibles de l’étanchéité.
Le revêtement carrelage (carreau + colle + joint) ne peut pas s’opposer au passage de l’eau vers le support. En l’absence de receveur, l’étanchéité préalable du support est donc indispensable. Elle peut être réalisée grâce à deux procédés (lire ci-après).
L’étanchéité devra être raccordée à un siphon d’évacuation spécifique permettant ce raccordement. Son support devra comporter une pente minimale fixée, en général, dans le cahier des charges de mise en œuvre du procédé utilisé. Des pentes sont données au revêtement « carrelage » pour évacuation au siphon.
L’étanchéité sera relevée sur la périphérie de la douche, à une hauteur minimale de 0,10 m au-dessus du niveau du revêtement fini. Si le relevé est impossible à réaliser, (cas de l’accès à la douche sans seuil ou de séparation en matériau verrier par exemple), l’étanchéité sera prolongée horizontalement, hors emprise de la douche, sur une longueur de 1 m au moins, ou mieux, sur toute la surface de la pièce.
• Ne pas confondre Spec, SEL et Sepi !
En fonction de l’intensité et de la fréquence de la présence d’eau (douchette ou colonne d’hydromassage, c’est différent), de la nature et de la géométrie des supports, deux options existent pour se prémunir des effets de l’exposition à l’eau des parois et du sol :
- les systèmes de protection à l’eau sous carrelage (Spec), constitués par l’application de produits liquides formant une membrane par séchage, ou encore de nattes ou films ;
- les procédés d’étanchéité que sont les systèmes d’étanchéité liquide (SEL) [voir schéma 2], utilisés depuis de nombreuses années, constitués par l’application de produits liquides ou pâteux formant par séchage ou polymérisation un revêtement d’étanchéité ; ou les systèmes d’étanchéité de planchers intermédiaires (Sepi) constitués de nattes manufacturées en matériaux de synthèse.
Ces trois systèmes se distinguent par :
- les domaines d’emploi et les fonctions qu’ils remplissent : un Spec n’a pas vocation à assurer l’étanchéité d’un ouvrage, contrairement aux SEL et aux Sepi dont c’est la destination ;
- leur environnement réglementaire : les Spec et Sepi relèvent d’avis techniques, d’ATE + DTA, ou de Pass’ innovation ; les SEL, eux, des règles professionnelles de l’Association professionnelle des systèmes d’étanchéité liquide (Apsel) ;
Les carreleurs amenés à mettre en œuvre des Sepi et des SEL doivent vérifier leurs qualifications Qualibat ou équivalent et déclarer cette activité auprès des organismes d’assurance.
Usuellement, les Spec sont utilisés en protection de supports verticaux ; les SEL et les Sepi, en étanchéité horizontale au sol.
• Concevoir globalement l’organisation du local et de l’espace douche au regard de la protection à l’eau des supports.
• Coordonner les travaux entre corps d’états (plombier et carreleur a minima).
• Analyser la fiche technique des matériaux et appareils, et retenir ceux adaptés à l’usage envisagé.
• Soigner la réalisation des raccordements et points singuliers des étanchéités horizontales et des Spec verticaux.

À consulter

NF DTU 52.2 P1-1-1 et 3 : Travaux de bâtiment - Pose collée des revêtements céramiques et assimilés - Pierres naturelles.
NF DTU 60.1 : Plomberie sanitaire pour bâtiments.
E-Cahiers du CSTB n° 3567 : Classement des locaux en fonction de l’exposition à l’humidité des parois et nomenclature des supports pour revêtements muraux intérieurs.
Règles professionnelles de l’Apsel : Travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par application de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers intermédiaires et parois verticales de locaux intérieurs humides.

N°343

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