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Déconstruction à grande échelle en Île-de-France

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Déconstruction à grande échelle en Île-de-France

Devant le bâtiment Dumas (au fond) et le bâtiment Olivier (à droite) de l'ancienne Ecole Centrale, les bétons issus de la démolition sont stockés.

© F. Geslin

Si la revalorisation des déchets est un des grands enjeux du secteur du bâtiment, les chantiers d'application sont encore peu nombreux. L'un d'eux, d'une ampleur significative, se déroule actuellement dans les Hauts-de-Seine.

L’ancien site de l’École Centrale à Châtenay-Malabry (92) est depuis mars dernier l’un des plus vastes laboratoires franciliens de déconstruction. Sur une superficie de 20,6 hectares, c’est près de 35 bâtiments – locaux d’enseignement, restaurant universitaire, logements de fonction, etc. qui sont en cours de démolition avant la construction du futur éco-quartier La Vallée.

Le campus de l'Ecole Centrale occupe une vingtaine d'hectares. Près de 35 bâtiments vont y être démolis d'ici septembre 2018.

Réalisée sous maîtrise d’ouvrage de la Semop (Société d’économie mixte à opération unique) Chatenay-Malabry Parc Centrale - qui regroupe Eiffage Aménagement, la ville de Châtenay et la Caisse des Dépôts -«cette opération urbaine comptera des logements, des bureaux, des commerces ainsi que plusieurs équipements – collège, groupe scolaire, crèche, etc. », indique Julien Sarthe, directeur de programmes adjoint chez Eiffage Aménagement. En attendant, au désamiantage des bâtiments a succédé la phase de déconstruction, puis la démolition proprement dite.

Sensibiliser les entreprises

La maîtrise d’œuvre de ce chantier est confiée à Ginger Deleo, entité née de la fusion entre Ginger Nudec (filiale de Ginger Burgeap spécialiste du désamiantage, du démantèlement et des infrastructures nucléaires) et Ginger CEBTP Démolition (expert des démolitions à l’explosif et des déconstructions mécaniques). Compte tenu de son ampleur, le site a été découpé en quatre lots confiés à trois groupements réunissant d’une part les entreprises de désamiantage Valgo et Onet (lots A et C), Arcadem (lot B) et Snadec (lot D) et les entreprises de démolition Eiffage Démolition (A et C), Doyère et Bouvelot (B), Occamat et Pro Demo (D). « Nous avons mis en place des incitations sous forme de primes pour que ces dernières puissent s’investir dans notre démarche d’économie circulaire, explique Damien Orcel, responsable du développement de Ginger Deleo. Nous les avons également retenues sur leur capacité à intégrer nos préconisations en terme de recyclage et revalorisation sur la base de notre diagnostic déchet - et de réemploi sur la base du diagnostic ressources des bâtiments conduit par l’association Réa Vie, qui procède à la dépose des matériaux éligibles à une seconde vie et qui bénéficie, sur le site-même, d’une plate-forme expérimentale de stockage et de reconditionnement qui sera ouverte au public d’ici la fin de l’année. »

95% des déchets de chantier valorisés

Concrètement, à l’exception des déchets dangereux et non dangereux qui ne seront pas revalorisés, 95 % des déchets (dont le volume total est estimé à 90 000 tonnes) devraient l’être. Soit 90% de bétons qui, après concassage, rentreront dans la composition de bétons de remblais ou de construction sur le site même. Et 5 % de matériaux autres, qui seront soit recyclés par filières (ferraille, bois et plâtre, etc.) ; soit réemployés ou réutilisés (éléments du second œuvre tels qu’équipements électriques, luminaires, éviers..) pour les besoins du chantier ou ex situ, sous l’égide de Réa Vie qui en organisera la dispersion.

Tri sélectif des matériaux en vue de leur recyclage. Photo : F. Geslin

Réa Vie a déposé des éléments de vestiaires dans le gymnase du site, qui seront reconditionnés pour être affectés à de nouveaux usages. Photo : F. Geslin

Et parce que cette démarche n’est pas en circuit fermé, les 90 000 m3 de terre nécessaires pour réaliser les nivellements du terrain seront issus d’apports extérieurs : 14 000 m3 de terre provenant d’un chantier Eiffage à Clamart ont d’ores et déjà été acheminés sur le site.

Issues d'un autre chantier francilien, ces terres vont permettre de combler un déficit du site. Photo : F. Geslin

Avec un marché dont le montant se porte à 12 millions d’euros répartis entre désamiantage et déconstruction, cette opération, de l’aveu de Damien Orcel, offre un « terrain de jeu » pour explorer de nouvelles stratégies, dont elle constituera vraisemblablement un démonstrateur.

 

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