Décarboner les portes du ciel

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Décarboner les portes du ciel

Les aéroports n'ont généralement pas bonne presse face à l'urgence climatique. Pénalisés par le transport aérien qui est à l'origine de la pollution sonore et de 2,5 % des émissions mondiales annuelles de CO2, soit 15 Mt de CO2 en 2019, ils représentent pourtant 5 % de ces émissions (600 000 t).

Certains exploitants ont d'ailleurs entamé depuis plus de dix ans une démarche visant à réduire leurs émissions pour atteindre la neutralité carbone à horizon 2050, voire 2030 pour les plus vertueux. Une certification internationale, Air port Carbon Accreditation, atteste même de ces efforts.

En France, la palme revient à Aéroports de la Côte d'Azur, qui détient le plus haut niveau de certification (4+), et à celui du Golfe de Saint-Tropez, le premier aéroport neutre sans compensation. Pour atteindre ces niveaux, nombre de pistes sont explorées. À l'échelle du bâtiment et des infrastructures d'abord, pour réduire les consommations, intégrer les énergies renouvelables, économiser les ressources et, côté mobilités, optimiser les déplacements des véhicules, d'avions au sol, ou la desserte de l'aéroport. Reste que la stratégie la plus efficace, mais la plus onéreuse, pour absorber les émissions de CO2 consiste à créer des puits de carbone naturels. Des solutions avant-gardistes sont aussi étudiées comme des boîtiers antismog pour baisser les émissions de NOx et de particules fines ; des taxis volants électriques ; l'adaptation des infrastructures à une future génération d'avions (hydrogène, biocarburants, ou à propulsion électrique) ; ou dans un registre plus bucolique, la transformation des herbes de prairies aéroportuaires pour isoler les bâtiments des plateformes. Après les attentats du 11 septembre et la pandémie, qui ont radicalement modifié les règles de sûreté des passagers, les aéroports doivent continuer à améliorer l'expérience usager et à accélérer la décarbonation.

D'autant que les compagnies aériennes représentées par l' International Air Transport Association (IATA) se sont engagées début octobre dans un objectif de zéro émission nette à horizon 2050.

Audacieux, ambitieux, onéreux (1 550 Mds $) mais indispensable. Il va falloir mettre les pleins gaz.

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