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COUVERTURE Coques autoportantes pour grandes portées libres

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COUVERTURE Coques autoportantes pour grandes portées libres

Une laine minérale de 120 mm d’épaisseur, disposée entre les parois, assure l’isolation au niveau des coques et au niveau des couvertures intercalaires opaques, elle est mise en œuvre au-dessus de la sous-face. (Doc. D. R.)

Une couverture à base de coques autoportantes a permis de mettre hors d’eau en six ­semaines un bâtiment de stockage de 24 000 m2. Des plateaux de 400 m2 libres sont ­facilement couverts par ce procédé, facile d’entretien.

La nouvelle plate-forme de stockage du groupe de négoce Samse nécessitait la réalisation d’un vaste bâtiment industriel, avec un minimum de poteaux structurels. Il s’agissait de permettre la plus grande modularité intérieure et la possibilité de faire évoluer l’affectation du bâtiment dans le temps. Entraient également en ligne de compte une minimisation des coûts, aussi bien en termes d’investissement que d’entretien. D’où l’idée du maître d’œuvre de l’opération, le cabinet DSM (Haute-Garonne), d’utiliser un système de coques autoportantes, complété par des éléments intercalaires de couvertures, opaques ou translucides.

Un « meccano » adapté à des fonctions multiples

Fabriqué par la société Batiroc, ce système de charpente/couverture s’organise à partir de coques composées de deux parois en acier galvanisé et prélaqué, et profilées d’une seule longueur. Ces parois en « V » sont rigidifiées par une structure en tubes rectangulaires également en acier galvanisé, qui assure leur écartement. Les 120 mm d’épaisseur entre tôles sont comblées par un matelas isolant en laine de verre de résistance thermique R = 3 m2 °C/W. Les rives longitudinales comportent des costières, en acier galvanisé et prélaqué, qui assurent les raccordements classiques avec les éléments de couverture intercalaires. Ces derniers sont opaques ou translucides. Les parties opaques sont composées de bacs acier plans, galvanisés et prélaqués, recouverts de tôles nervurées cintrées. L’isolation intermédiaire est assurée par un matelas de laine minérale de 120 à 240 mm d’épaisseur. Les éléments translucides sont constitués d’une couverture cintrée en polyester armé (classement 1 200 joules et traité anti-UV), et d’une sous-face plane qui peut être soit en verre armé (classé M0), en polycarbonate alvéolaire (le plus isolant) ou encore en polyester (le plus économique). Dans un souci de compromis entre éclairement et déperditions thermiques, les parties translucides ne doivent pas dépasser 15 % de la surface totale de la couverture. Sur ce chantier, c’est l’option du polycarbonate alvéolaire qui a été retenue.

Des plateaux libres de porteurs de 400 m2

Le bâtiment s’organise en trois cellules de 8 000 m2, chacune étant structurée par une ossature primaire en béton précontraint, tramée selon une maille de 20 x 20 m. Cette disposition libère ainsi des plateaux libres de porteurs de 400 m2. Un atout important lorsqu’il s’agit de stocker des produits de bâtiment encombrants. Cette structure supporte 220 coques de 20 m de longueur et leurs accessoires. Les coques formant chéneaux sont réunies entre elles par des bandes de couverture de 3,30 m de largeur maximale. À intervalles réguliers, c’est-à-dire au droit de l’intersection de la coque avec les poutres structurelles, les coques sont liaisonnées à ces dernières par des pieds d’attaches scellés. Le creux de la coque est doublé extérieurement par deux tasseaux qui permettront de fixer le fond de coque à une traverse reliant deux pieds latéraux (voir dessin). Ce système d’accrochage assure une double triangulation transversale qui évite toute déformation de la coque.

L’ensemble de la couverture a été installé en 6 semaines. Les coques, achevées en usine, ont été acheminées normalement par la route. Elles ont été manutentionnées sur le chantier à l’aide d’une grue automotrice standard, suffisante du fait de la relative légèreté de chaque coque :1,8 t pour une portée de 5,50 m.

En terme de sécurité au feu, ce système est classé M0, à l’exception des parties translucides qui ne sont pas prises en compte. Les concepteurs mettent en avant l’absence de bitume, de PVC et de matériaux combustibles. L’emploi de la technique du bac « sec », ainsi que le classement « matériaux durs », permet à cette couverture d’être en phase avec les exigences de tenue au feu. Elle peut donc faire l’objet d’abattements sur les primes d’assurance dommage et perte d’exploitation du maître d’ouvrage.

Cette technique a été préférée à une étanchéité multicouche, moins pérenne et plus coûteuse en maintenance. Autre avantage, la forme en creux de la coque en fait un parfait chéneau qui n’a besoin que d’une forme de pente pour assurer l’écoulement des eaux pluviales. Enfin, ce chéneau circulable permet d’intervenir très simplement en tout point de la couverture lors du montage et en phase d’entretien.

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