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Corrosion, entartrage et colmatage :les trois risques principaux

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Corrosion, entartrage et colmatage :les trois risques principaux

Selon l’application et le matériau des canalisations, ces trois risques sont plus ou moins importants. Ces deux critères conditionnent également les moyens de prévention et de lutte à mettre en place.

Outre la corrosion, ­l’entartrage et l’embouage, les risques secondaires sur les systèmes et réseaux sont l’érosion et la cavitation. L’érosion est liée à la présence de grains solides dans un circuit d’eau ouvert ­(sanitaire) ou fermé (chauffage, eau glacée, etc.). Elle apparaît dans les zones de plus forte pression et lors des changements brutaux de direction (coudes, etc.). Pour éviter ce phénomène, les remèdes consistent à améliorer le profil du réseau, à filtrer en continu les circuits fermés et à positionner un filtre à l’entrée des réseaux de distribution d’eau chaude et froide. La cavitation se manifeste lorsque l’eau n’adhère plus à la paroi des tubes, par suite de variation brutale de la section de passage de l’eau circulant à vitesse élevée (plus de 2 m/s). Une zone de vide est créée entre la paroi et l’eau, immédiatement remplie par des gaz dissous qui favorisent la corrosion. Ce phénomène peut apparaître dans les distributions intérieures en cuivre recuit, sur les batteries chaudes de climatisation, les condenseurs des groupes de production d’eau glacée, les pompes centrifuges, etc… Il n’existe aucun remède par traitement d’eau. Il suffit de réduire les vitesses de circulation et de supprimer les accidents de réseau.

Des réactifs efficaces contre la corrosion

Alors que les éléments métalliques sont sensibles à la ­corrosion, il n’en est rien pour les matières de synthèse. On admet cinq types de traitement anticorrosion, notamment pour les canalisations d’eau chaude et froide. Les traitements filmogènes par injection de réactifs sont soumis à Avis technique du Cstb. Les réactifs efficaces contre la corrosion du cuivre et de l’acier sont des orthophos­phates (maximum 2 mg/l, ­exprimés par litre, dans l’eau au premier point de puisage après l’injection). Viennent ensuite les silicates (maximum 10 mg/l de SiO2), sans aucun effet contre la corrosion du cuivre, efficaces pour l’acier noir et galvanisé.

Les sels de zinc (maximum 5 mg/l, exprimés en Zn) sont des inhibiteurs cathodiques, dont l’action se manifeste sur tous les métaux. On utilise parfois également les polyphos­phates, mais les conditions (température) de leur efficacité contre la corrosion entrent en conflit avec celles de leur efficacité en tant que traitement antitartre. Restent enfin, le traitement électrolytique avec anode d’aluminium soumise à électrolyse par courant continu et la protection cathodique, ­limitée aux réservoirs. L’entartrage apparaît principalement lors de la production d’eau chaude sanitaire. L’eau ne contient pas de calcaire, mais du calcium et du magnésium. Ces deux sels minéraux sont recommandés pour la consommation humaine. Chauffés, ils se transforment en carbonate de calcium et ­carbonate de ­magnésium : le tartre. Le ­potentiel d’entartrage d’une eau est indiqué par sa dureté, exprimée en °TH, en sachant que 1°TH est équivalent à 1 g de calcium/m3 d’eau. Avec un °TH inférieur à 15, l’eau est douce et naturellement corrosive. De 15 à 25°TH, l’eau ne ­requiert aucun traitement. De 25 à 50°TH l’eau est dite « dure », très dure au-delà de 50°TH et un traitement antitartre est nécessaire. Une consommation ­annuelle d’eau chaude de 200 m3, avec une eau à 50°TH, produit 10 kg de calcaire par an. Les traitements antitartre ont tous pour but de favoriser la formation de « tartre non-incrustant » qui est évacué par les robinetteries. C’est pourquoi il est recommandé de nettoyer au moins une fois par an les mousseurs des robinetteries sanitaires.

Controverse pour les traitements magnétiques

Les traitements antitartre dans le bâtiment sont de trois types.

Première solution, l’injection de polyphosphates à très faibles ­doses (quelques mg/l) qui est réservée au traitement des eaux destinées à la consommation humaine (eau froide et eau chaude). Les polyphosphates ­ralentissent la croissance des germes de cristallisation du tartre. Leur action diminue avec l’élévation de la température. Ils ne sont pas recommandés pour les installations où l’eau demeure plus de 24 heures à 60 °C. Le deuxième traitement est l’adoucissement par permutation ­sodique : les ions calcium et magnésium sont fixés sur une résine qui cède en échange des ions sodium, très solubles. Le troisième moyen disponible est le traitement magnétique.

Dans un traitement magné­tique, des appareils appliquent un champ magnétique ou électrostatique au passage de l’eau, à travers un ou plusieurs aimants. Ils favorisent le développement de cristaux non-entartrants, évacués par l’eau au robinet. Certains de ces traitements, bien appliqués, conduisent à une protection ­efficace. La plupart du temps, leur effet est nul. On ne connaît pas les conditions scientifiques de leur efficacité. Ce qui empêche de les prescrire de manière générale. Dans un article du magazine Que Choisir de ­février 1999, le Cstb admettait : « Nous n’avons aucune explication scientifique valable et aucune garantie de reproductibilité ». Ce dernier a tout de même émis deux Atex (1) positives sur deux solutions précises, dans des bâtiments bien identifiés. Le système Hydron-Cyclon à base d’aimants permanents noyés dans le flux d’eau a obtenu l’Atex Cstb n°634. Le constructeur indique que la puissance magnétique égale à 13 000 Gauss/kg d’eau permet une germination colloïdale (cristallisation non-incrustante). Le système AQAtotal de Permo a vu son efficacité ­vérifiée par le Cebtp (2) sous la référence Cebtp PV n° 8.192.8.183. Ce sont les deux seuls procédés antitartre magnétiques pour lesquels il existe une évaluation ­indépendante concluante.

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