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Convoyeurs : l’informatique au service de la mécanique

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Convoyeurs : l’informatique au service de la mécanique

© (Doc. Alstef Automation.)

Logiciels de gestion de direction des tapis, fonctions différentes des bandes transporteuses, systèmes de détection d’explosifs… Les spécificités des convoyeurs de bagages dans les aéroports concernent plusieurs niveaux de sécurité et de fonctionnalité.

Le transport des bagages dans les aéroports s’effectue par différents convoyeurs roulants : tapis et/ou chariots. Pour former un circuit, plusieurs types de tapis roulants sont assemblés : bandes d’enregistrement, collecteurs, transporteur horizontal, incliné, convoyeurs courbes, d’injection oblique, télescopiques, mobiles de chargement de bagages, bandes de freinage…. L’épaisseur, la nature et la couleur de ces bandes sont fonction de l’emplacement du parcours. À certains endroits, des tapis obliques alimentent d’autres tapis. Ces changements de directions imposent des changements dimensionnels qui se traduisent par des sur­épaisseurs de tapis pouvant atteindre jusqu’à 8 mm. Pour une même application (bande d’enregistrement par exemple), les bandes en polyuréthanne sont moins épaisses que les bandes en PVC (respectivement 1,2 à 2,4 mm contre 2,4 à 8,2 mm).

Concernant les tapis roulants, ils sont composés de bandes transporteuses « légères » en opposition aux bandes utilisées pour le transport en vrac (alimentaire, minerais…). Les tapis sont formés de bandes plates posées sur une sole lisse, en dessous de laquelle se trouve un châssis en acier. Pour assurer un défilement en ligne droite, les tapis sont montés sur des rouleaux et tambours (moteurs et tendeurs) accompagnant la bande dans son mouvement. Pendant l’enregistrement des bagages, trois types de tapis sont mis en œuvre : un tapis d’enregistrement mécanisé, un tapis de dépose et un tapis d’étiquetage. Au niveau des banques d’enregistrement, l’entraînement des bagages s’effectue grâce aux structures de surfaces spéciales des tapis : ces derniers possèdent des motifs (losangiques, vagues…). Le tapis de dépose est incliné légèrement et possède des empreintes pour éviter le roulement inverse des bagages. Ces empreintes peuvent être de différentes formes : antidérapantes, en pyramides inversées, en grilles, rhombiques, surfaces lisses, surfaces mates, à rainures longitudinales…

Traitement d’environ 10 000 bagages par heure

La fonction de dépose s’effectue bagage par bagage. Après cet enregistrement, le bagage arrive sur le tapis d’étiquetage et de pesée (maximum autorisé 20 à 25 kg par personne). Ce tapis est plat avec les mêmes empreintes que précédemment. Une fois pesés, les bagages arrivent sur le tapis principal, perpendiculaire aux précédents. Les tapis de collecte (carrousel de livraison) n’excèdent pas 30 à 40 mètres de longueur afin d’éviter les ruptures de charges. En effet, au-delà, les tambours tendeurs doivent être plus grands afin de supporter la pression. Les bagages sont acheminés vers les tapis transporteurs de collecte par tapis descenseur rejoignant les systèmes de trieurs à plateaux. Le tapis descenseur est complexe puisqu’il est composé de courbures, de bandes plates, de descentes. Le bon cheminement s’effectue par l’étiquette bagage sur laquelle se trouve le nom et la ville de destination du client. Le trieur effectue la lecture de l’étiquette et envoie le bagage sur la bonne jetée. En amont du trieur se trouve un tapis « cadenceur » et en aval un tapis de freinage. Selon les fonctionnalités des tapis, la bande transporteuse est plus ou moins résistante.

Aujourd’hui, il existe des systèmes DCV (véhicules codés par destination). Ces chemins de roulement, entièrement statiques, assurent les différentes liaisons des bagages par des chariots autonomes. Le système ne possède pas d’éléments mécaniques en mouvement, pas d‘aiguillages, pas de capteurs, ni de cellules (comme les tapis). De cette manière, les arrêts d’installation, dus à des pannes sur le circuit, sont supprimés et la modularité des équipements simplifie les modifications et les évolutions éventuelles d’un circuit. Ces dispositions facilitent le rajout de poste de chargement ou de déchargement à n’importe quel endroit du parcours.

Les tapis sont gérés par ordi­nateurs et par des logiciels informatiques spécifiques (MIS, Smart/BIT…). Ces logiciels indiquent les places disponibles sur le tapis : « fenêtres virtuelles ». Les nouveaux bagages sont insérés dans les emplacements vides.

Autorégulation et enregistrement des données

Les systèmes de transmission sans contact évitent l’usure, le nettoyage dû à l’abrasion du cuivre par le preneur de courant, la maintenance pour le remplacement des contacts. La communication permanente entre les chariots assure non seulement une autorégulation des vitesses mais aussi l’enregistrement des données spécifiques à chaque bagage. Une « relation » avec le système au sol permet la création de comptes rendus ainsi que la déclaration et mise « hors circuit » momentanée, automatique. En cas de problème, l’état du chariot peut être consulté manuellement. La rapidité de déchargement (déchargement à la volée) peut atteindre jusqu’à 2 m/s et le déchargement du bagage est maîtrisé par un tapis et une cellule de passage. Avec ce type de matériel, il est possible de réaliser des sections de courbes allant de 1,25 à 5 m et des pentes jusqu’à 30° (avec l’ajout d’un moteur linéaire). En cas d’incendie, une bande peut propager le feu d’un point à un autre ou d’une salle à l’autre par les tunnels de liaison. Donc, pour assurer la sécurité au feu du matériel et conformément à la norme EN 20340/ISO 340, il existe des bandes difficilement inflammables qui s’éteignent après avoir été exposées à la flamme (auto-extinguible) et ne se réenflamment pas, même sous un courant d’air. Des équipements spéciaux sont indispensables pour le bon fonctionnement des « systèmes de détection d’explosifs ». Le fonctionnement précis et la planéité des tapis assurent une bonne transmission des images et donc une bonne lecture. La régularité de la matière et de la jonction minimisent l’influence de la bande sur l’image radiographique (suppression des ombres et zones d’obscurcissement des images). Sur ce point, ce sont les revêtements en uréthanne qui assurent les meilleures radiographies possibles.

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