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CONFORT Vers un accroissement du bien-être des usagers

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CONFORT Vers un accroissement du bien-être des usagers

Cette cabine de douche, constituée de quatre parois en verre trempé hydrofuge et d’une porte battante, est équipée d’une colonne en aluminium avec des fonctions d’hydromassage et de hammam, et peut être posée dans tout logement de petite surface. (Doc. Jacuzzi.)

Au fil des époques, la notion de confort s’est progressivement déplacée d’un domaine à l’autre. Une recherche plus qualitative et sécuritaire de son cadre bâti s’est substituée au besoin d’équipements de première nécessité.

La sensation de confort est une notion évolutive qui a vraiment pris son sens lors de la Seconde Guerre mondiale. Prévoyant un grave problème de reconstruction et de limitation drastique des matières premières, un club de réflexion, composé d’architectes, d’urbanistes et de sociologues, s’est penché sur une question essentielle : quelle est la surface minimum viable pour un individu ? La réponse est tombée : 16 m2. Cette surface (et non pas ce volume !) est alors devenue la référence du studio et a servi de base à la construction des grands ensembles. F1, F2, F3 et F4 se sont donc vu attribuer 16, 32, 48 et 64 m2 pendant une bonne quarantaine d’années. À cela, se sont ajoutées les notions de commodité et d’hygiène qui ont été à l’origine d’une véritable révolution, un peu vite oubliée aujourd’hui. Référence toute catégorie en matière de confort, le HLM de base se voyait attribué un ascenseur (à partir de 4 étages), une salle de bains intégrée et séparée du WC, ainsi qu’un vide-ordures… Et la plupart des logements anciens en France en étaient dépourvus ! Vingt ans plus tard, suivant la politique gaullienne qui prônait la propriété privée pour tous, la France commençait son mitage de maisons individuelles. Un mitage répondant à une autre notion de confort et de patrimoine. Être « chez soi » signifiait alors pouvoir faire le tour de sa maison « Sam suffit » ! Donc pas de mitoyenneté pour être seul maître à bord. Le confort de ces maisons secondaires reposait également sur une différenciation marquée des équipements par rapport à ceux des HLM ! Pas de « plastique » au sol mais du robuste carrelage, pas de poignées de portes branlantes, pas de sièges de toilettes « mous » et un minimum construit de 64 m2. Pour le reste, calquée sur la séparation Haussmannienne propre/sale, l’organisation de l’espace se segmentait en deux mondes étanches : les pièces de nuit/les pièces de jour ! En 2005, ce modèle perdure.

Thermique : oublier les variations climatiques

La crise énergétique de 1973 allait mettre l’isolation et le chauffage en première ligne des éléments de confort. Isolation aidant, tout un chacun s’est trouvé confronté à une augmentation souvent critique du bruit perçu à l’intérieur des appartements. Nouveau déplacement du problème qui allait prendre progressivement une tournure plus sécuritaire. Sécurité contre le vol mais aussi sécurité contre la maladie à l’intérieur d’un espace qui s’avérait receler, au fil des découvertes du public, un potentiel de dangerosité incroyable : émissions de solvants, radon, amiante, plomb, brûlures, légionelles… Pour la première fois de l’histoire de la construction, l’intérieur devient source de dangers. La course à l’élimination de ces périls latents marque aujourd’hui le confort de l’usager. Passant de ce fait au second plan une vraie nécessité que le législateur a eu la sagesse de formaliser : l’accessibilité.

Pour tenter de survoler trois décennies d’évolution de la notion de confort, revenons sur quelques-une de ces étapes marquantes. Thermiquement, les années d’abondance nous on fait oublier que l’énergie avait un coût. Dès 1974, la crise de l’énergie provoque une multiplication par deux du prix du pétrole brut : cela pousse la France dans une course à l’indépendance, via le programme nucléaire civil. À l’autre bout de la chaîne, c’est l’époque à laquelle le chauffage par le sol (nappe de câbles électriques chauffant la dalle) entraîne des problèmes de santé. Pour parer à ces désagréments, le décret de 1979 détermine un nouveau procédé de plancher chauffant basé sur des températures plus basses et réglables individuellement.

Dans une paroi à isolation renforcée, le simple vitrage reste très déperditif. On lui substitue progressivement le double vitrage qui, non content d’être beaucoup plus isolant, élimine en partie la notion de « paroi froide », source d’inconfort.

Avec ces deux éléments de confort, le nid devient plus douillet. Mais le besoin s’affine et l’on commence à trouver que le chauffage électrique est beaucoup trop sec et provoque des phénomènes de toux voire des crises d’asthme ! En parallèle, la multiplication des fortes chaleurs et l’habitude prise par l’usager de travailler dans une ambiance climatisée poussent au développement des systèmes chauffants rafraîchissants et à la climatisation des appartements. Si la première solution s’avère fort intelligente, elle nécessite toutefois la mise en œuvre d’un réseau d’eau ou d’air intégré dans les dalles. La seconde est plus problématique, du fait de la propension des climatiseurs à aggraver l’effet de serre planétaire. Sans parler des gaz employés qui sont loin d’être inoffensifs. Avec cette approche, on touche là une limite perverse de la notion de confort. À savoir la volonté sous-jacente de s’affranchir une bonne fois pour toute des variations climatiques, de les lisser dans l’espoir de pouvoir en toute saison se promener chez soi en chemise. Cette idée saugrenue a une triple conséquence :

– une surconsommation inutile d’énergie et son corollaire environnemental,

– la croyance que nous pouvons impunément nous passer de notre environnement,

– la croyance que le bonheur vient de l’uniformité (en l’occurrence du climat intérieur) !

Lutte contre les bruits ambiants

L’amélioration de l’isolation des appartements va provoquer un effet que personne n’avait prévu : celui de rendre plus présents les bruits de nos voisin.

En effet, l’isolation de la peau est à la fois thermique et phonique. Les bruits de l’environnement perdant quelques décibels renforcent la perception des bruits venant de l’intérieur par les murs, les dalles et les canalisations. D’autant que les structures en béton armé se transforment en véritable cage de résonance en l’absence de chape rapportée. À grand renfort de réglementations, qui ne poussent pas le mauvais goût jusqu’à imposer la chape flottante, les industriels sont chargés d’améliorer les performances de leurs produits. Ils multiplient les sous-couches acoustiques (revêtements), désolidarisent les appareillages vibrants par des amortisseurs (chauffage), renforcent l’isolation de leur produits (volets roulants, bouches de ventilation…).Quant aux parties communes (couloirs, coursives et cages d’escalier), elles font l’objet d’un traitement acoustique obligatoire, dès les années 1995, par la mise en place d’absorbants destinés à baisser la durée de réverbération de ces espaces. Les trois dernières décennies ont vu le confort lié à la salle de bains évoluer vers des produits de plus en plus ludiques. Dans les années 1975, la salle d’eau est installée systématiquement, au sein de chaque logement, en correspondance avec un souci accru d’hygiène.

De l’hygiène à la détente

Les sanitaires intègrent une baignoire qui, plurifonctionnelle, offre de réelles vertus de détente. L’intérêt croissant porté à cette pièce de la maison, lieu de détente et de repliement sur soi, entraîne une meilleure qualité des appareils. En 1980, apparaissent les premières baignoires en acrylique renforcé ou en polyester. Dix ans plus tard, le design et l’ergonomie de la robinetterie changent (voir le chapitre Design), avec la création de formes arrondies et l’inflation de matières et de couleurs. L’offre s’élargit à cinq matériaux : ­céramique, acier et fonte émaillés, matériau de synthèse et béton de résine. De plus, l’arrivée de l’électronique dans la commande des robinets permet de prendre en charge la régulation et le contrôle des fonctions, à l’aide de touches digitales de réglage de la température de l’eau et de contrôle du remplissage de la ­baignoire.

Répondant aux besoins propres de la réhabilitation, la cabine de douche prend le relais de la baignoire à partir de 1997. Elle va progressivement se doter d’une multitude d’accessoires et de systèmes qui transforment la simple douche en hammam, hydrothérapie, massage… à grands renforts de musique ou d’ambiance lumière.

Ergonomiques, de formes et de coloris multiples, les baignoires se sont équipées de systèmes d’hydromassage programmables. Pourvues de multiples accessoires de détente, programmables, certaines diffusent même de la lumière, de la musique et des senteurs. Reste que le coût élevé de ces produits restreint le nombre d’usagers ­capables d’en ­bénéficier.

Le confort, c’est aussi une simplification des tâches d’entretien et de maintenance de ­l’habitat. Cela explique l’irrésistible ­ascension du PVC qui a progressivement détrôné le bois dans les huisseries. Pas d’entretien, un rêve devenu réalité avec l’apparition des matériaux devenus autonettoyants à grand renfort d’oxyde de titane. Gageons que ces procédés, qui ont cinq ans au mieux, deviendront très vite une règle pour tout produit soumis aux aléas climatiques et aux pollutions (bétons, vitrages, carrelages …).

Enfin, le développement de l’électronique dans le bâtiment participe à l’amélioration du confort d’usage. Le récent programme « In One » de Legrand nous donne l’axe de recherche actuel de certains industriels qui ne désespèrent pas de faire entrer la domotique dans l’habitat.

Ce programme permet ainsi de créer des ambiances, de faire communiquer les objets entre eux (ordinateur et téléviseur, par exemple), mais aussi de piloter à distance sa maison, via ce même ordinateur. Piloter, c’est-à-dire agir sur l’alarme, les volets et déclencher l’arrosage automatique. Tout cela de son bureau !

En savoir plus

Syndicat de l'éclairage 01 45 05072 72 - www.syndicat-eclairage.com

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