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Confort et maîtrise de l’énergie orientent l’installation

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Confort et maîtrise de l’énergie orientent l’installation

Devant répondre à des exigences visuelles variant selon l’utilisateur : piéton, automobiliste ou gestionnaire, l’éclairage de parking doit, en outre, satisfaire chacun en termes de confort, sécurité et d’économies d’énergie.

Dans les parcs de stationnement, l’automobiliste doit pouvoir repérer facilement les espaces disponibles, sortir du véhicule sans appréhension, et ensuite le reconnaître rapidement. Devenu piéton, il a besoin de se déplacer rassuré et en toute sécurité. Aussi, l’éclairage doit procurer une bonne uniformité, afin d’éliminer les zones d’ombre.

Les parkings se sont humanisés au fil des années : les parois et les revêtements de sol se sont éclaircis, voire colorés, les différentes zones sont bien identifiées et la lumière artificielle traitée de façon spécifique pour chacune d’entre elles. Ainsi dès l’entrée, de jour, la zone de transition, située juste après la trémie, bénéficie d’un éclairage renforcé afin d’éviter l’effet « trou noir ». Tandis que, de nuit, la trémie doit procurer un niveau sensiblement supérieur à celui de l’éclairage extérieur environnant. Plus loin, les parois des rampes d’accès doivent aussi bénéficier d’un éclairage adapté.
Les circulations piétons sont la plupart du temps indiquées par un balisage au sol et si la norme EN 12464 (voir tableau) n’indique pas de valeurs spécifiques, dans la pratique, ces passages bénéficient souvent de niveaux d’éclairement plus élevés que ceux des zones de circulation des véhicules.
Autres zones à forts niveaux d’éclairement : les espaces de paiement, qu’ils soient utilisés par les piétons ou les véhicules, doivent procurer un éclairage rassurant et qui assure une bonne lisibilité du ticket et des informations données par les machines. La norme EN 12464 préconise 300 lux au niveau du sol.

Couleur et lumière pour mieux se repérer

La couleur, intégrée à l’architecture ou à l’éclairage, ou même les deux, peut être utilisée comme élément de repérage dans les parcs de stationnement.
Par exemple, l’Atelier 9, chargé de la maîtrise d’œuvre de l’extension du parking La Rotonde, à Aix-en-Provence (13), avait opté pour une signalisation colorée inspirée d’œuvres de Paul Cézanne associée à l’éclairage (réalisé par Philips Lighting). Ainsi, on trouve, à l’entrée de chaque niveau, un panneau comprenant un détail d’un tableau du peintre aixois et à côté, le numéro du niveau en blanc sur fond de la couleur dominante du tableau. La lumière diffusée par les luminaires installés en fond de box est colorée de la même teinte, procurant un moyen mnémotechnique supplémentaire pour s’orienter dans le parking.
À Poitiers (86), le parking du pôle multimodal de 800 places, sur cinq niveaux, présente une couleur par étage. Roger Narboni, concepteur lumière, a joué sur la transparence du bâtiment (architecte Antoine Grumbach) pour mettre en valeur la façade, tout en laissant apparaître les espaces intérieurs. Les allées de circulations sont éclairées à l’aide de quatre lignes d’appareils linéaires équipés de deux tubes fluorescents T8 36 W, en 3 000 K, avec un Indice de rendu des couleurs (IRC) de 80, implantés transversalement au bâtiment, selon un calepinage régulier et symétrique par rapport aux escaliers de secours verticaux. À l’approche des rampes hélicoïdales d’accès, la trame orthogonale des luminaires s’interrompt, afin de laisser percevoir et annoncer de loin l’éclairage des rampes, réalisé avec des appareils identiques, mais opales et disposés de manière circulaire, au plafond côté intérieur. La rampe extérieure est équipée en plus, en fonction du rythme des poteaux, d’un appareil linéaire plus petit fixé verticalement. Ces éclairages diffusants sont complétés par quatre projecteurs semi-extensifs équipés de lampes aux iodures métalliques 400 W soulignant, ainsi, la rampe hélicoïdale qui signe au nord l’architecture du parc de stationnement.

Des sources efficaces et des appareils étanches

Comme les parcs de stationnement restent allumés longtemps, le choix des lampes se porte naturellement sur des sources à haute efficacité lumineuse. Il s’agit la plupart du temps de tubes fluorescents, souvent des T5 (efficacité lumineuse de plus de 100 lm/W) qui affichent une durée de vie de 18 000 à 20 000 heures. Aujourd’hui, les leds de forte puissance commencent à rivaliser avec les tubes fluorescents, d’autant que leurs performances s’améliorent rapidement. De plus, elles offrent la possibilité de jouer sur les couleurs et elles présentent une durée de vie en moyenne de 50 000 heures, ce qui en fait une source intéressante, en particulier pour limiter les opérations de maintenance.
Les luminaires sont très vulnérables à l’encrassement, à la corrosion et au vandalisme. Par conséquent, il est recommandé de mettre en œuvre des appareils dotés d’un degré de protection d’au moins IP55, voire même IP65. Le premier chiffre caractérise le niveau de protection contre la pénétration de corps solides étrangers : « 5 » indique qu’il est protégé contre la poussière, « 6 » qu’il est « totalement » protégé contre la poussière.
Quant au second chiffre, il caractérise le niveau de protection contre la pénétration de l’eau : « 5 » indique qu’il est protégé contre les jets d’eau.

Une gestion automatique pour maîtriser les consommations

Le temps des systèmes de minuterie est bien révolu : pour réduire les consommations dans les parcs de stationnement où l’éclairage est le plus souvent allumé 24 H/24, outre des lampes basse consommation, les gestionnaires choisissent des systèmes de gestion automatiques. À l’instar du parking de 200 places à Colomiers (31), ne disposant d’aucun apport de lumière naturelle et dont la rénovation a permis de passer de luminaires 2 x 70 W (T8) à des luminaires 2 x 55 W (T5) équipés de détecteurs de présence.
Ainsi, les espaces sont le plus souvent découpés en plusieurs secteurs, permettant aux capteurs de présence (voir Focus Millénaire, Aubervilliers) de déclencher la montée en puissance instantanée de l’éclairage jusqu’à 100 %, qui redescend ensuite progressivement, selon une temporisation (généralement une quinzaine de minutes) jusqu’à 30 ou 10 %, selon la programmation.
À Eindhoven (Pays-Bas), Philips a réalisé une opération test en équipant un parking, qui fonctionne tous les jours de l’année et 24 H/24, entièrement à leds, tant pour l’éclairage général que pour la signalisation. En effet, des voyants lumineux - vert pour emplacement libre, rouge pour emplacement occupé - permettent de voir d’un seul coup d’œil où se trouvent les places disponibles.
De plus, des cellules de détection régulièrement réparties dans tout le parking et à chaque accès véhicule et piéton, font passer le niveau d’éclairage de 10 à 100 %. L’avantage est double : pour le gestionnaire, les économies réalisées sont importantes sans compromis sur la qualité de l’éclairage ; pour l’usager, le confort et la sécurité sont préservés.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°314

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