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CONCEPTION Modernisation d’un procédé industriel standard de maison

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CONCEPTION Modernisation d’un procédé industriel standard de maison

5 & 6. La verrière se compose d’une charpente métallique servant de support de fixation à la véranda. Connectée entre le module central et le volume annexe, cette structure de finition est composée de profilés aluminium insérant des doubles vitrages légèrement teintés, « A Thermique » et anti-effraction (Saint-Gobain). Mis au point avec un « vérandaliste », ce dispositif très résistant a permis de minorer la section des profils d’étanchéité de couverture (pas de joints debout), de dessiner une verrière assez pure, vue de l’extérieur, et de créer un volume intérieur totalement dégagé, sans tirants.

Esthétisme, modularité de l’espace, lumière et qualité environnementale… le Concept House de l’architecte Jacques Ferrier utilise la technologie constructive de Phénix pour offrir un nouveau type d’habitat individuel.

Née en 1946, l’entreprise Maisons Phénix (1) a toujours misé sur ­l’innovation pour répondre aux évolutions des modes de vie à des prix accessibles. Dès le départ, cette volonté se concrétise par l’application des méthodes industrielles à la construction de maisons individuelles. En opposition avec le système constructif traditionnel à base de parpaings, son procédé exclusif associe un plancher en béton avec poutrelles précontraintes et hourdis PSE sur vide sanitaire ou sous-sol, et une charpente métallique sur laquelle viennent se fixer des dalles béton enduites d’environ 1 m2, assurant la peau extérieure. Ce dispositif par modules rigides – qui confère à l’ensemble du système son auto­stabilité – favorise une liberté de positionnement des ouvertures et un calepinage optimal.

Des espaces qui gagnent en fluidité et en lumière

Le défi de l’architecte a consisté à concevoir un autre type d’habitat, sans modifier le procédé constructif d’origine ni la trame utilisée, afin de conserver les qualités de fabrication en série, la facilité de transport et la rapidité d’assemblage sur chantier. Après une étude des potentialités de la charpente métallique, la recherche sur l’espace intérieur s’est traduite par des pièces décloisonnées et un volume double hauteur avec mezzanine, dans lesquels s’organisent des espaces dédiés à l’intimité (3 chambres), à la convivialité (séjour, coin TV, salle à manger), au confort (cuisine, salles d’eau, rangements), et au ­travail. Les surfaces vitrées des portes-fenêtres et des baies ont été multipliées par trois pour laisser pénétrer la ­lumière et ouvrir davantage sur le jardin. Des puits de lumière dans la toiture accentuent cette sensation d’ouverture et de clarté. Et pour renforcer la proximité avec la nature, la maison prototype (type loft) d’une surface habitable de 107 m2, est prolongée par une verrière (25 m2) donnant accès à un ­« espace plus » de 52 m2. Greffée à la structure principale en acier, cette annexe indépendante aménageable permet d’accompagner l’évolution de la famille selon les besoins (garage, aire de jeux, studio, ­bureau, etc).

Une structure quasi-standard

Depuis 50 ans, seul le dimensionnement des plaques a évolué, passant de 1 x 0,80 m de hauteur à 1,20 x 0,80 m pour élargir les ouvertures. Trempés dans du brai de pétrole (pâte bitumineuse), les éléments d’ossature métallique sont ­depuis longtemps traités contre la corrosion. Autre évolution technique en 2005, des copeaux de bois d’épicéa – préalablement traités et fossilisés pour les rendre inertes – remplacent les agrégats du béton. Résultat ? Un allègement de 40 % du poids des dalles qui facilite la pose et améliore l’adaptabilité, ainsi qu’un cœfficient thermique accru au niveau des parois.

« D’un point de vue purement structurel, il n’y a pas franchement d’innovation liée à ce projet. Il s’agit essentiellement d’une adaptation intelligente du procédé de base, aujourd’hui étendue à l’ensemble de la gamme ! », affirme Hervé Brault, responsable R&D chez ­Phénix. Ainsi, pour créer la façade ­monobloc du loft, les linteaux ont été renforcés. La modification a consisté à réaliser des éléments particuliers de 4,80 m à partir de deux linteaux existants de 2,40 m. De même, un chaînage en acier a été préfabriqué et breveté pour ceinturer ­l’ensemble du plancher bas.

Avantages : une cohésion ­mécanique renforcée et une précision de montage améliorée. Scellés dans la dalle, les éléments de 3 m de longueur ­servent en effet de point d’ancrage aux tiges de fixation des pieds de poteaux de la charpente métallique, normalement noyées dans la dalle, qui sont ici parfaitement alignées par un système d’éclisses. La forme particulière du chaînage ­permet aussi de s’affranchir des contraintes de ­ferraillage à placer en rive de plancher en zone sismique. Enfin, il facilite la mise en œuvre d’une dalle flottante avec plancher rayonnant sur sous-sol pour satisfaire à la RT 2005.

Une enveloppe d’inspiration nordique

« Ce sont davantage les échappées visuelles horizontales et verticales des façades extérieures associées au traitement créatif de la couleur et des contrastes de texture qui créent l’innovation », souligne Hervé Brault. L’amalgame béton et copeaux de bois confère une capacité de vissage direct et donc, d’accroche de n’importe quel type de matériau sur la peau extérieure de l’enveloppe : clins bois, zinc, ardoise, tôle, panneaux composites, mur végétal, etc. D’où la possibilité supplémentaire de régionaliser le projet en fonction de l’environnement, notamment en pignon ! De plus, les couleurs des tuiles béton, des enduits et des volets coulissants se déclinent dans des dégradés de même ­tonalité. Autre caractéristique de modernité inspirée de l’habitat scandinave, l’entrée baptisée « Invitation » est ­positionnée telle une verrue, sur la façade ou en pignon, selon la configuration du terrain. ­

Habillée d’un plaquage ­métallique, cette extension de la charpente standard permet de placer à l’extérieur une ­penderie et le local technique (coffret électrique, chauffe-eau) – donc de dégager aussi le volume intérieur – et si elle est fermée, de créer un sas thermiquement intéressant en hiver. La Concept House prend également en compte la dimension environnementale : chauffe-eau solaire qui subvient à 60 % des besoins en ECS d’une famille de 4 personnes, récupérateur d’eau de pluie avec système de filtration, plancher rayonnant électrique (PER)   chaudière gaz, aspiration centralisée, précâblage et facilités d’accès pour les personnes à mobilité réduite.

En particulier, les dalles sont légèrement remontées, de manière à affleurer les seuils des portes qui peuvent être plus larges. Quant aux capteurs ­solaires en toiture (4 m2), ils ont fait l’objet d’un développement sans équivalent en France (Avis technique), pour se fondre sans débordement par rapport au matériau de couverture. D’ores et déjà, deux nouvelles lignes Phénix issues de ce prototype viennent d’être commercialisées avec succès : Tri-Logis et Idées Loft.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°266

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